Réfléxions sur l’avenir du droit d’auteur

J’ai regardé l’émission suivante :


Steal This Film II – FR from Nicolas Cynober on Vimeo.

En résumé (le documentaire fait quand même 45 minutes !), le message, c’est que :

  • On est en train de vivre la fin du droit d’auteur, tel qu’on l’a connu ;
  • On ne peut pas empêcher les échanges, c’est trop lié à la technologie Internet, et trop lié à nos gènes. « C’est comme chercher à arrêter de l’eau avec les mains » ;
  • « La musique n’a pas commencé avec le phonographe et ne va pas se terminer avec le Peer 2 Peer » ;
  • C’est la fin de la production de masse et l’avènement de la production UGC.

Je suis en phase avec certains éléments. Je pense en effet que les technologies actuelles rendent la copie « sans perte » trop facile. Avec une carte SD de 16 Go…

Je ne suis par contre pas d’accord avec la fin de ce documentaire. Je ne pense pas qu’on soit tous des artistes. C’est pas parce qu’on tient un blog qu’on est Proust, et c’est pas parce qu’on mix des morceaux qu’on a du talent.

Je trouve très bien que chacun puisse s’amuser, créer, échanger, mais cela ne fait pas de nous de grands artistes.

De tous temps, les artistes ont du trouver des moyens pour gagner leur vie, à partir de leurs créations artistiques. Il faudra trouver le business model adapté à l’aire du peer 2 peer.

(via Kelblog)

Enrichir la page produit avec une fonction Q&A ?

(Q&A : Question & Answer)

BazaarVoice propose un module, qu’on insère dans les fiches produits, de questions / réponses.

On comprend bien l’idée, d’enrichir la page produit avec des discussions, alimentées par les consommateurs et internautes de passage.

J’ai cherché des sites marchands, utilisant cette fonction.

J’ai en particulier trouvé CompUSA :

CompUSA

Un petit zoom sur la fonction Q&A :

CompUSA / Q&A

A mon sens, un tel module n’a d’intérêt qu’à partir d’un certain niveau d’audience.

Autre remarque : il est à mon avis important de jouer la transparence de la part du marchand. Si la réponse est écrite par l’équipe interne, il faut le dire, et ne pas « faire semblant d’être un client ».

Un tel module pourrait également avoir de l’intérêt sur d’autres pages que les pages produits (conditions de garantie, …).

Quel pricing pour les offres SAAS ?

Le SAAS est l’avenir de nos systèmes informatiques, en particulier pour le e-commerce.

Pour que cette mutation se fasse, il faut que les offres matures voient le jour, avec des prix adaptés.

Le modèle Salesforce

La star du SAAS, c’est Salesforce.com (solution qui permet de gérer les données liées à la prospection commerciale et au suivi de la relation avec les clients).

Le prix est principalement basé sur le nombre d’utilisateurs. Le prix d’appel est de 20$ par utilisateur et par mois.

Le modèle de prix est excellent : pour une petite boite, avec par exemple 2 ou 3 comptes, le prix est très bas.

Et puis, les revenus d’une boite sont toujours liés aux nombres de commerciaux. Le prix de la solution s’adapte donc très bien aux petites boites et aux gros groupes.

A l’autre bout de la chaîne, l’exemple d’Amazon

Amazon propose également des solutions SAAS, mais en « partant du bas ».

Amazon propose, avec S3, une solution de stockage et d’hébergement de services en lignes.

Voici la grille de prix proposé par Amazon :

Storage
$0.18 per GB-Month of storage used

Data Transfer
$0.10 per GB – all data transfer in

$0.18 per GB – first 10 TB / month data transfer out
$0.16 per GB – next 40 TB / month data transfer out
$0.13 per GB – data transfer out / month over 50 TB

Requests
$0.012 per 1,000 PUT or LIST requests
$0.012 per 10,000 GET and all other requests*

Comme vous pouvez le voir, le prix est 100% basé sur l’usage. On paye le stockage et les flux, entrants et sortants.

L’avantage de ce modèle est qu’il est lié aux coûts d’Amazon (qui doit acheter des disques pour stocker les données, et acheter de la bande passante).

Ce modèle présente à mon avis deux inconvénients :

  • Il n’est pas forcément évident, pour l’utilisateur, d’anticiper le prix de la solution ;
  • Le prix n’est pas dépendant des revenus. Cette solution sera très avantageuse pour certains, et très cher pour d’autres.

Les exemples liés au e-commerce

Plusieurs éditeurs de logiciels proposent dès aujourd’hui des solutions de type SAAS. Je pense en particulier à des solutions de moteur de recherche, à intégrer dans les sites marchands.

A mon sens, les solutions ne sont pas très matures (en tout cas au niveau du « packaging », de l’offre. Un signe qui ne trompe pas : impossible d’avoir une grille de prix. On est en fait sur du « sur mesure ».

Autre point : ces solutions visent plutôt les gros acteurs. On comprend la logique : il vaut mieux vendre une solution chère à un petit nombre d’acteurs que diluer son effort commercial, avec des petits revenus pour chaque vente.

C’est vrai, mais :

  • La concurrence est très rude : tout le monde cible les « gros poissons » ;
  • Le principe même du SAAS, c’est qu’on peut cibler tout le monde, y compris les petits acteurs, et qu’on y gagne de l’argent, avec un modèle du type ‘les petits ruisseaux font les gros fleuves ».

Autre élément : ces solutions sont aujourd’hui assez « technique » à mettre en œuvre. On est loin du « plug & play ».

Quel avenir ?

Les solutions doivent donc s’améliorer, avec une mise en œuvre plus rapide, et donc une interface plus simple, mieux travaillée (marrant, ça fait référence, sans que ce soit prémédité, à mon billet précédent).

On doit trouver un prix acceptable pour les petites boites et dans le même temps un prix qui rapporte suffisamment pour permettre à l’éditeur de vivre, en faisant évoluer la solution (investissement R&D).

Prenons l’exemple d’un moteur de gestion de catalogue, en SAAS donc.

Quels peuvent être les éléments de pricing :

  • Eléments « physiques » :
    • Nombre de produits ;
    • Espace physique occupé (un peu comme S3) ;
    • Nombre de visites ;
  • Autres critères :
    • Nombre de produits vendues par mois ;
    • Chiffre d’affaires ;
    • …

Le chiffre d’affaire est un critère qui peut sembler intéressant pour l’éditeur, mais il est délicat à faire accepter par les clients en général et par le e-commerçant en particulier.

Les critères physiques ont l’avantage de l’objectivité, mais cela ne me semble pas parfait non plus : un commerçant peut démarrer avec beaucoup de produits, sans pour autant avoir des revenus importants… Un peu comme si Salesforce.com nous faisait payer au nombre de contacts.

Vous le voyez, il reste du travail…

Autres articles sur le sujet :

L’art de l’abstraction

bien programmer est un art, où tout au moins un artisanat, un peu comme un ébéniste.

Par programmation, j’entends l’ensemble des activités, permettant de passer de l’expression d’un besoin à un système informatique. Cela regroupe donc ce qu’on appelle l’analyse, la conception, la programmation, les tests, …

Bien sûr, les grosses boites vous parlent de processus industriels.
Ils ne vont pas vous dire le contraire, quand on allonge une facture de plusieurs centaines de milliers d’euros…
Ce sont les mêmes qui réalisent les systèmes informatiques des grosses banques… Vous me suivez ?

Mais la réalité est aujourd’hui plus simple, toute nue : la qualité de votre système informatique, quel qu’il soit, dépend de la qualité des artisans qui le construisent.

Une des qualités fondamentale pour bien programmer, c’est l’art de l’abstraction.

Pourquoi ? (j’aurais pas du regarder Sarkozy l’autre soir moi, j’ai une rechute)

Quand on doit réaliser une application, la base de la programmation, c’est de découper le problème, dans deux sens : verticalement et horizontalement.

Verticalement : on sépare le problème, fonction par fonction (pour un front office, on parlera par exemple du processus achat, du catalogue produit…)

Horizontalement : on sépare le problème en couche (toujours pour notre front, on pourra faire une couche pour les données, une couche pour les objets métiers et enfin une couche présentation).

Ce découpage à pour but de définir des modules, entité informatique ayant d’une part une complexité maîtrisable et d’autre part une certaine homogénéité.

Pourquoi ?

  1. Un module doit être plus simple à programmer parce que le problème qu’on cherche à régler est une partie du problème global.
  2. Le module est plus homogène parce qu’il ne résoud qu’un type de problème (les données pour le processus achat par exemple).

Le programmeur, notre artisan, doit donc être capable de faire abstraction des autres problèmes (voisins de gauche et de droite et du dessous) pour se concentrer sur son « morceau » du problème.

ça encore, c’est pas le plus dur.

Le plus dur, c’est qu’il doit à son tour donner une interface à son module ayant le bon niveau d’abstraction.

Il doit bien faire la différence entre « sa cuisine interne » et la vue qu’il donne sur son module.

Concevoir l’interface d’un module est réellement une partie passionnante. On se retrouve dans la situation de définir le « panneau de contrôle », donnant donc une vision la plus simple et la plus abstraite du problème qu’on doit résoudre.

News du blog

Je viens de mettre à jour ce blog, en passant à la version 2.5.1 de WordPress.

Même si WordPress fait bien les choses, une telle migration est toujours un peu délicate (j’étais resté à la version 2.1).

J’ai publié plus de 400 billets depuis la création de ce blog, j’ai donc pas envie de tout perdre…

Cette mise à jour a eu lieu samedi. Tout semble ok…

Autre news, Feedburner m’annonce que j’ai perdu la moitié des lecteurs utilisant les flux RSS donc.

La rupture apparait depuis jeudi dernier.

En fouillant un peu, je me suis rendu compte que c’est l’ensemble des lecteurs Netvibes qui semblent avoir disparus (et oui, à peu près 50% des lecteurs de ce blog passent par Netvibes).

Cela me semble étonnant :

  • Les logs sur le serveur ne confirment pas cette rupture ;
  • Mon propre client Netvibes marche très bien, y compris avec ce blog.

Alors, vrai problème ou erreur de Feedburner ? Je penche pour la deuxième option.

Orange aurait il roulé Apple dans la farine ?

C’est la question que je me pose en ce moment.

Logos Apple & Orange

Reprenons :

Apple cherche des opérateurs pour distribuer son iPhone.

Orange est la cible privilégiée en France, c’est le plus gros opérateur.

Comme l’iPhone fait « un buzz d’enfer », Orange ne veut pas le laisser passer, et accepte, pour la première fois, de signer un contrat avec partage des revenus sur les services.

Mais Orange a-t-il signé pour vendre l’iPhone ou pour bloquer le marché ?

Pour bloquer le marché ? Oui, signer avec Apple, uniquement pour ne pas que ce soit les concurrents qui signent, mais sans vraiment mettre en oeuvre les actions marketing permettant réellement aux ventes de décoller.

On peut se poser la question, quand on voit à quel point Orange n’a pas poussé les ventes sur l’iPhone.

Modèles alternatifs de ventes privées : l’exemple MyFab

Vente Privée : vous connaissez bien.

Le principe est finalement assez simple : acheter les stocks des marques, proposer une « vente privée », via de l’envoie d’emails aux membres du « club ».

Evidement, la vente n’a de privée que le nom. Tout le monde peut s’inscrire. Vente Privée a ainsi des millions de membres.

Le modèle marche incroyablement bien, pour vente privée, mais également pour les « folowers ».

Ce qui est étonnant de mon point de vue, c’est que ce modèle soit une innovation, qu’elle soit si récente.

A partir de ce « moule », certains acteurs cherchent d’autres modèles, dérivés.

C’est en particulier le cas de MyFab.

Logo MyFab

MyFab propose de vendre des produits, qui ont la particularité de ne pas être fabriqués.

MyFab : explication de texte

Le principe est le suivant :

  • MyFab propose une sélection de produits, et organise des ventes de type « Vente privées », avec campagne d’emailing donc ;
  • Les clients passent leurs commandes ;
  • Le processus « produit » entre alors en action, avec lancement de la fabrication, en chine, expédition en France, et livraison.

MyFab permet donc de raccourcir le lien, entre les producteurs et les consommateurs.

La promesse, c’est d’avoir des prix très bas (70% de discount).

Le challenge, c’est de rendre les clients patients, puisqu’il faut plus de 2 mois pour recevoir sa commande (remarque, sur les sites de vente privée, les délais ne sont pas toujours plus courts 😉 ).

Pour faire attendre les clients, MyFab propose de suivre les commandes :

Suivi de la commande

Maintenant, comment MyFab sélectionne les produits à fabriquer ?

Réponse : en demandant aux clients de choisir :

Voter pour les produits préférés

E-commerce et réseaux sociaux : activité rentable ou « exploration » ?

J’ai eu une discussion intéressante avec un responsable d’un site marchand, a qui je demandais quel était son intérêt par rapport aux réseaux sociaux.

Sa réponse a été la suivante :

« Bien sûr, c’est intéressant. On peut faire des essais, jouer dans ce nouvel espace.

Mais est-ce que ces actions sont bien rentables ? Combien de produits vais-je vendre suite à ces actions emarketing ? »

Est-ce plus rentable qu’une campagne Adwords bien menée ?

Vous ne trouvez pas qu’il se pose les bonnes questions ?

Je trouve qu’effectivement, se poser la question de la rentabilité de tel ou tel action est très sain.

Un petit commerçant ne peut pas tout faire, et doit se focaliser sur quelques actions, qui pourront ainsi être parfaitement maîtrisées.

Maintenant, peut on « exploser » son business via les réseaux sociaux ?

La réponse est oui. Notre ami Patrice Cassard de La Fraise en a fait la démonstration.

Mais la réponse n’est pas la même pour tout le monde. Et certains produits sont mieux adaptés que d’autres à ce type de ventes.

Pour les grands marchands, je pense que la réponse est un petit peu différente. Ils ont plus de moyens, et peuvent se permettre d’expérimenter.

Mister Franck Perrier

Fransk PerrierCela fait maintenant un petit bout de temps qu’on se connait avec Franck.

Franck est un vrai entrepreneur. Après avoir dirigé Corbis, Franck a monté Eyeka.

Aujourd’hui, Franck prépare la suite…

Franck vient du monde des médias, et connait par cœur les deux mondes : celui des médias dit traditionnels et Internet.

Discussions passionnante, forcément, sur les projets, la vision du future de l’Internet, l’entrepreneuriat…

On partage en particulier avec Franck une certaine vision du management, faite d’écoute, de respect des personnes, mais également de leadership.

UPDATE 22 04 – 8h30

Franck est au Web 2.0 Expo et nous promets un compte rendu détaillé sur son blog.