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Le bêtisier e-commerce de l’été !

Cet article est écrit par Christophe Davy, dirigeant de Brand Online Commerce, qui est “l’invité permanent” de François sur ce blog.

présentatrice bêtisier tf1

Ce qui est top quand le taulier du blog est en congés et qu’il l’a annoncé, c’est qu’on peut rédiger des billets un peu plus légers et futiles. D’habitude, il les censure dès que ce n’est pas structuré, documenté et validé à 200% (il est très dur, François…), mais là, sur son bateau, il est piégé !

Voici donc l’occasion pour moi de vous faire un post collant parfaitement à l’ambiance estivale : le bêtisier e-commerce de l’été !

Et on commence par le plagiat invraisemblable découvert sur un blog d’une grosse entreprise du e-commerce, Arvato, qui a repompé sans vergogne des publications de nombreux blogs e-commerce, dont le nôtre (nous avons trouvé deux articles repris avec de très légères modifications). Bien sûr, c’est la faute à un rédacteur externe…

On continue avec ce magnifique lien commercial sur Google, en réponse à la requête “Very Irresistible” (un des parfums best-seller de Givenchy) :

lien google very irresistibleIl vante la personnalisation (gravure) des flacons de parfum. Oui mais voilà, pas de trace d’une telle offre sur la boutique en ligne en question…

J’aime aussi beaucoup la page d’attente actuelle du site Le Tanneur, qui est en cours de rénovation. Comme il est de coutume, il est possible de laisser son adresse email pour être prévenu de la sortie du nouveau site :

saisie email le tanneur

Mais là, ça ne fonctionne pas ! On obtient ce message d’erreur dans une page toute blanche (et on se demande quel stagiaire qui a fait la recette de cette page d’attente…) :saisie email le tanneur - message erreur

[ MàJ du 03/08 à 12h40 : la vie, c’est simple comme un post sur un blog… La saisie de l’email sur la page d’attente du site Le Tanneur fonctionne ! ]

Enfin, en ce 3 août 2011, soit 1 semaine (déjà) après la fin de la période officielle des soldes, il est intéressant de constater, sur la requête “soldes” dans Google, à quel point certains sites de e-commerce ont une notion très extensive dans le temps du système (pourtant très légal et très réglementé) des soldes. A moins que les responsables SEM de ces sites soient partis en vacances sans les codes d’accès Adwords…

Et vous, une petite coquille sur le net à nous faire partager ?

NB : Tout ça juste pour pouvoir mettre la photo d’une blonde dans un article… François, revient !

Référencement payant : ça devient hors de prix !

Cet article est écrit par Christophe Davy, dirigeant de Brand Online Commerce, qui est “l’invité permanent” de François sur ce blog.

Google requête Mutuelle Santé

Cela n’a échappé à personne dans le milieu du référencement payant : l’afflux régulier de nouveaux acteurs dans le e-commerce donne lieu à une surenchère permanente pour l’achat des mots-clés sur Google.

A tel point, que la notion même de ROI (retour sur investissement) positif est en danger, et que certains grands comptes finiraient par alléger leurs budgets d’achats de mots-clés, faute de tenir leur niveau de ROI à périmètre constant…

Dernier exemple en date que je viens de glâner à l’occasion d’un déjeuner : la requête “mutuelle santé”, qui coûtait entre 4 et 5 euros le clic en septembre 2009, coûte aujourd’hui 11 euros ! Et encore, sans garantie d’être en première position sur certains horaires clés !

Du coup, il est de plus en plus difficile aujourd’hui pour un nouveau e-commerçant d’aller chercher des clients par le biais du référencement payant, et surtout de manière rentable.

D’ailleurs, reste-t-il des mots-clés génériques rentables, en dehors de super niches ?

Compatibilité entre navigateurs, le retour de la galère ?

Cet article est écrit par Christophe Davy, dirigeant de Brand Online Commerce, qui est “l’invité permanent” de François sur ce blog.

Il fut un temps pas si éloigné où les concepteurs de sites, e-commerce ou pas, avaient le sourire : le marché des navigateurs évoluait vers plus de compatibilité et le travail consistant à valider l’affichage et l’utilisation d’un site internet sur tous les navigateurs (la recette cross-navigateurs) devenait une formalité.

Tout le monde le sait, historiquement, c’est Internet Explorer qui est le vilain petit canard : de version en version, ce navigateur a connu de multiples refontes, pas toujours en accord avec les standards. Sa popularité chez les développeurs de sites web est inversement proportionnelle à celle des hormones de croissance dans le peloton cycliste…

La perte progressive de parts de marché d’Internet Explorer au profit de navigateurs plus respectueux des standards (Firefox, Safari, Opera,…) laissait présager de jours meilleurs et provoqué un regain de confiance chez les développeurs. Mais malheureusement, il semblerait que Chrome vienne (déjà) tout gâcher !

Le navigateur de Google, qui communique sur sa simplicité, sa rapidité et sur sa dimension je-suis-cool-parce-que-j’utilise-un-produit-Google, réinvente les soucis de compatibilité que l’on croyait réservés à Internet Explorer !

Chez Brand Online Commerce, à l’occasion de la mise en ligne du site e-commerce de la marque Helena Rubinstein, qui incorpore une plateforme Magento couplée à pas mal de flash, de vidéos et autres barres flottantes, nous avons découvert dans la douleur que Chrome était plus que difficile à dompter.

Nous qui pensions surtout à vérifier la compatibilité du site sur les différentes versions d’Internet Explorer, nous avons été surpris de devoir batailler sur certains points d’intégration avec Chrome. Et depuis, à chaque fois que nous partageons cette surprise avec d’autres personnes, nous faisons le constat que Chrome pose des problèmes à pas mal de concepteurs de sites.

Bon, ne soyons pas dupes : pour que Chrome soit le navigateur le plus rapide du marché, c’est bien que Google a dû faire quelques impasses sur les normes, non ?

Mais où s’arrêtera Vente-privée.com ?

Cet article est écrit par Christophe Davy, dirigeant de Brand Online Commerce, qui est “l’invité permanent” de François sur ce blog.

Vente privée contre Carrefour

Ma voisine de bureau, l’excellentissime Directrice du Développement de Brand Online Commerce, me montrait à l’instant les dernières offres de Vente-privée.com. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils attaquent désormais en frontal la grande distribution !

Exemple avec l’indispensable “Fleur de tendresse” de Soupline en bidon de 1,5 litres. Vous me direz qu’on est loin des marques haut de gamme sur lesquelles j’ai l’habitude de faire des billets, mais quand vous allez voir la différence de prix ci-dessous, vous constaterez qu’il y a aussi de la marge dans la grande distribution…

Donc voici l’offre relevée aujourd’hui chez Vente-privée.com :

Offre Soupline chez Vente-privée
Le bidon est donc à 2,10 euros contre 3,59 euros normalement (“prix généralement constaté”).

Et voici l’offre de Carrefour (sur Ooshop.com) :

Offre Soupline chez Ooshop
Alors quand on compare les 2,10 euros aux 4,23 euros, on constate que le site marchand de Carrefour est juste au double du prix proposé par Vente-Privée.com !

Et il est même plus cher que le prix barré de Vente-privée.com… qui représente le prix généralement constaté dans la distribution. Dans la distribution physique peut-être, dans la distribution en ligne certainement pas…

Alors, à quand les courses du samedi chez Vente-privée.com ?

Rythme des newsletters : le gouffre entre les USA et la France !

Cet article est écrit par Christophe Davy, dirigeant de Brand Online Commerce, qui est “l’invité permanent” de François sur ce blog.

David et Goliath(Photo leadpile.com)

Cela faisait longtemps que je voulais prendre le temps d’effectuer un comparatif de la pression des campagnes emailing des belles marques entre la France et les USA, et je m’y colle enfin !

Brand Online Commerce ayant une activité répartie entre l’Europe et les US, nous scrutons en permanence le e-commerce des belles marques des deux côtés de l’Atlantique. Nous sommes donc abonnés à de nombreuses newsletters, et il est étonnant de constater l’écart séparant aujourd’hui la pression publicitaire tolérée aux USA de celle pratiquée en France.

Je mets bien sûr de côté les business du type vente-privée.com, qui  fonctionnent principalement sur l’emailing, et dont la nature même du modèle économique (telle vente commence à telle heure) justifie un envoi massif d’emails aux abonnés.

Un bon petit indicateur valant mieux qu’un long discours, j’ai compté le nombre d’emails reçus durant l’année 2010 de la part d’un certain nombre de marques ayant un site e-commerce. Attention aux yeux…

Campagnes emailing USA - FranceLa campagne US pour laquelle j’ai reçu le plus d’emails en 2010 est celle de la marque de mode haut de gamme BCBG : 278 emails ! Presque un tous les jours ouvrés ! La belle marque Chanel est, elle, à plus d’un mail tous les trois jours !

On constate aisément avec ce petit panel que la pression des campagnes emailing aux USA est tout simplement énorme. On comprend mieux pourquoi de plus en plus d’internautes préfèrent les mécanismes des réseaux sociaux type Facebook (être fan d’une page marque) à l’abonnement à une newsletter…

Côté France, il est intéressant de constater que les belles marques plafonnent (pour le moment…) à une grosse trentaines d’emails par an, soit entre deux et trois par mois. Mais de nombreuses marques envoient beaucoup moins de newsletters, parfois presqu’aucune, laissant dormir une base de données d’emails pourtant très intéressante, car récoltée directement sur le site. Je n’ai ainsi reçu que 3 newsletters des Parfums Givenchy en 2010 !

Lacoste m’ayant envoyé 34 newsletters en seulement 7 mois d’activité (le site a ouvert début juin 2010), on peut imaginer qu’en 2011 cette marque délivrera un niveau de pression comparable à ce qu’elle propose aux USA (60 à 70 emails), ouvrant la voie vers un peu plus de pression marketing sur les abonnées français aux newsletters.

Alors à votre avis, la France va-t-elle coller au modèle américain d’ici quelques années, ou restera-t-il toujours un gouffre entre les pratiques des deux pays ?

Fraude en ligne : quelques exemples…

Cet article est écrit par Christophe Davy, dirigeant de Brand Online Commerce, qui est “l’invité permanent” de François sur ce blog.

Fraude billetsComme toute société gérant des sites de e-commerce, chez Brand Online Commerce nous devons lutter quotidiennement contre les tentatives d’achat frauduleuses. Cela passe par la mise en place de matrices d’évaluation du risque, par des blocages automatisés des commandes jugées douteuses, mais aussi (et malheureusement) par pas mal d’huile de coude (i.e. du temps) pour évaluer le potentiel frauduleux d’une commande douteuse.

Mais quelles sont les types de fraudes les plus courants en 2011 sur les sites de e-commerce ? Je vous propose des exemples concrets de fraudes que nous constatons dans notre activité quotidienne (sites de ventes de produits de beauté et de maroquinerie), et je vous invite à ajouter vos propres expériences en commentaires.

NB : je limite le périmètre de ce billet à l’Europe ; les USA, c’est encore autre chose…

NB2 : J’ai fait un billet sur la fraude familiale l’été dernier, je ne reviendrai pas dessus. Je rappellerai juste que c’est plus fréquent qu’on ne le croit, puisque c’est la version moderne du fait de piquer des sous dans le porte-monnaie de ses parents…

NB3 : je ne reviens pas non plus sur la “solution” 3D Secure, on en a déjà parlé ici et , et ce n’est pas le sujet du présent billet (mais on reviendra dessus, car il y a peut-être enfin des choses intéressantes qui arrivent).

Pirate UKA tout seigneur, tout honneur : la Perfide Albion nous cause le plus de misères !

Au UK, la fraude en ligne a tout l’air d’être une deuxième nature… Le vol de numéros de cartes bancaires semble aisé, tant nous constatons de tentatives en provenance de ce pays.

C’est de loin la fraude la plus professionnelle, la plus organisée, avec des rituels bien huilés : c’est heureusement aussi ce qui la rend détectable !

Les éléments clés d’une fraude UK sont :
– un panier moyen de l’ordre de £200 – £250,
– un email créé sur yahoo.co.uk ou une autre plateforme gratuite, qui ne reprend ni le nom, ni le prénom du client avant le signe @,
– des textes toujours écrits en minuscules (les fraudeurs n’aiment pas perdre du temps à taper des majuscules).

Habituellement, l’adresse postale est un quartier lambda d’une ville quelconque (voire Londres), parfois un magasin (merci Google Street View…), et plus récemment nous avons été confronté à une fraude organisée à l’adresse d’une personne ayant déménagé récemment (très facile pour récupérer les colis, ils restent dans l’entrée de l’immeuble).

Les adresses IP de ces fraudes sont à 99% londoniennes.

pirate souris

En comparaison au UK, la fraude en provenance de France fait très amateur !

Je ne parle pas du vol de données qui, lui, doit être tout aussi organisé qu’ailleurs, mais des pratiques d’achat. Grosso modo, le fraudeur professionnel français veut tirer le maximum de la carte volée, et pourquoi pas en une fois. Les paniers moyens sont donc parmi les plus importants, il n’est pas rare de voir des commandes à plus de 500 €.

Les fraudeurs français sont moins fâchés que leurs homologues anglais avec les majuscules, mais ils partagent les mêmes emails Yahoo ou Hotmail (plateformes d’emails gratuits).

Et comme les anglais, ils ne répondent pas aux mails qu’on leur envoie ; ce qui, in fine, nous prouve bien qu’on a affaire à un fraudeur si on en doute encore…

pirate souris

Nos amis d’Afrique francophone se rappellent également régulièrement à notre bon souvenir !

Là, la fraude est très professionnelle dans la collecte (le vol) des coordonnées de cartes bancaires à utiliser, sur le territoire français.

En revanche, la fraude elle-même (les achats sur les sites), réalisée depuis un pays francophone (récemment, gros afflux d’adresses IP d’Abidjan en Côte d’Ivoire), laisse à désirer :
– plusieurs commandes avec le même compte client dans la même journée, avec différentes cartes (pas très discret…),
– des adresses postales en France avec des noms de rues qui n’existent parfois même pas (mais peut-être y a-t-il des complicités dans certains centres de tri…).

Pour ce type de fraudes, nous ne constatons pas de panier moyen régulier, ça va de 30 € à 400 €.

En black-listant régulièrement les adresses IP relevées, on réduit la pression, ou tout du moins on perturbe l’organisation de ceux chargés d’acheter en ligne. Provisoirement du moins…

pirate souris

Enfin, nos amis transalpins arrivent sur le terrain de la fraude…

Les commandes sont plus difficiles à détecter au premier abord, car les adresses sont souvent des adresses avec un nom de société, ce qui aurait tendance à abaisser notre niveau de méfiance.

Comme pour les fraudes UK, les montants sont de l’ordre de 200 à 400 €, et les emails proviennent de plateformes gratuites ; en outre, les fraudeurs italiens n’aiment pas plus que leurs confrères anglais les majuscules…

La fraude venant d’Italie est pour nous une tendance très récente, que nous suivons attentivement.

pirate souris

Au final, comme tout e-commerçant, nous subissons une pression permanente avec pour objectif absolu d’éviter de laisser partir un colis dans la nature : car à ce jeu du chat et de la souris, une fois que la livraison est enclenchée, nous avons perdu la partie…

Et vous, quels sont vos exemples de fraudes, subies ou déjouées ?

Les 15 ans de l’Annuaire de l’Internet Francophone !

Cet article est écrit par Christophe Davy, dirigeant de Brand Online Commerce, qui est “l’invité permanent” de François sur ce blog.

Annuaire de l'internet francophone - couverture

C’est vrai, l’actualité du jour, c’est le lancement du moteur de recherche Bing en version française.

Mais comme aujourd’hui j’ai l’humeur nostalgique, plutôt que de disserter sur les plus et les moins de la nouvelle version de Bing, je vous propose un petit moment Vintage avec un retour 15 ans en arrière, en mars 1996 !

Bien avant Bing, bien avant Google, en mars 1996 donc, sortait un monument trop injustement oublié de l’internet français de l’époque des modems 14,4 k, une bible totalement improbable, un pensum bien touffu, j’ai nommé l’Annuaire de l’Internet Francophone !

C’était un livre, oui. Qui recensait peu ou prou tout ce qui existait en français sur la toile à cette époque-là ! Le contenu de l’Annuaire de l’Internet Francophone provenait du moteur de recherche Lokace, spécialisé dans les contenus en français (et aujourd’hui disparu ; tiens le nom de domaine lokace.fr est à vendre pour 299 €), qui était également une réalisation de l’équipe. Les concurrents de l’époque s’appelaient Altavista, Yahoo! et Nomade…

Sur 300 pages, classées selon un index géant de mots, on pouvait trouver dans l’Annuaire de l’Internet Francophone des milliers d’adresses internet et des centaines de copies d’écran : un état des lieux saisissant de l’internet francophone du début de l’année 1996 !

Annuaire de l'internet francophone - page intérieure

L’annuaire débutait par une petite présentation pédagogique de l’internet ; avec des explications toutes simples, comme il en fallait à l’époque. Morceaux choisis :
– “des documents échangés sur le World Wide Web (on dit aussi “le web” pour aller plus vite)”
-“pour parcourir le web, vous utilisez un logiciel de navigation tel que Netscape Navigator, Microsoft Explorer ou NCSA Mosaic”
– “le navigateur vous affiche un document contenant un certain nombre de termes soulignés : ceux-ci sont ce que l’on appelle des liens”
– “ainsi vous pouvez afficher un document provenant de Chine, et la minute d’après vous retrouver à lire un document d’origine polonaise : surprenant, n’est-ce pas ?”
– “début 1996, on comptait près de 20 millions de documents sur le web”
– “nombreux sont ceux qui rêvent de pouvoir “publier” un jour un de leurs ouvrages : c’est désormais chose possible…”

Il y avait aussi, en fin de livre, le classement des 1er Webs d’or décernés début 1996 par je ne sais plus qui. Dans la catégorie “Culture et Loisirs”, c’est le site du Ministère de la Culture qui avait gagné, avec… 1107 votes !

Au fait, la page d’accueil de la version 1996 du site du Ministère de la Culture, c’était ça :

Homepage culture.fr 1996

L’annuaire (le livre) et Lokace (le moteur de recherche) étaient soutenus à l’époque par la Délégation Générale à la Langue Française. Question chiffres, l’Annuaire de l’Internet Francophone était vendu 149 francs (23 euros), et je me souviens que nous en écoulâmes plus de 3000 en 4 mois !

Bon, ben après ça, il ne me reste plus qu’à vous poser la question qui tue : vous aviez déjà une connexion internet, vous, en mars 1996 ?

NB : Spéciale dédicace aux deux autres auteurs de l’Annuaire de l’Internet Francophone : Thierry Lunati et Stéphane Malochet.

Peut-on vendre cher sur internet ?

Cet article est écrit par Christophe Davy, dirigeant de Brand Online Commerce, qui est “l’invité permanent” de François sur ce blog.


On le sait, internet est l’eldorado des bonnes affaires grâce à des milliers de sites, plus ou moins “border line” (et François montrait du doigt hier une énième pratique discutable de discount), proposant des réductions toujours plus alléchantes sur à peu près tout et n’importe quoi.

Les consommateurs que nous sommes disposent avec internet d’un formidable outil de comparaison des offres, et notamment des prix, pour pouvoir acheter le plus efficacement possible et épargner le plus possible son porte-monnaie.

Alors franchement, dans un tel contexte, comment imaginer qu’un consommateur puisse acheter son parfum à 70€ sur le site officiel de telle marque alors qu’il est disponible en quelques clics à 67€ sur le site d’une enseigne nationale, à 64,50€ sur un petit site moins connu, voire à 50 ou 55€ sur eBay & Co ? A-t-on affaire à des masochistes ? Des demeurés ? Les deux, mon Général ?

Car c’est un fait en Europe, nombre de sites e-commerce de marques proposent leurs produits à des prix supérieurs à ceux des sites multi-marques ! Conséquence logique du respect, par ces marques, des prix qu’elles estiment légitimes pour leurs produits, alors que les distributeurs appliquent, eux, des stratégies prix généralement agressives (via des promotions “anniversaire”, des réductions sur des cartes de fidélité,…).

Et pourtant : les sites e-commerce de marques progressent plus vite que le e-commerce global !

Alors comment expliquer cette situation pour le moins étonnante, notamment en temps de crise ?

A vrai dire, c’est assez facile à expliquer une fois que l’on sait que certains consommateurs ont des besoins qui ne se résument pas au prix. Une partie de la clientèle d’une marque va rechercher un achat plaisir, serein et sans souci et se tournera pour cela assez naturellement vers le site officiel de la marque, auprès duquel elle peut s’attendre à bénéficier d’un vrai service.

Ce sont tout autant les mauvaises expériences vécues dans le cadre d’un achat en ligne précédent (difficulté à se faire rembourser un colis égaré, nécessité de faire son enquête soi-même,…) que l’envie de profiter de services exclusifs (emballage cadeau aux couleurs de la marque, personnalisation des produits, multiples échantillons,…) qui poussent une partie de la clientèle à payer sciemment plus cher ses produits sur le site de certaines marques.

Car si le service promis par la marque est réel et bien perçu par le consommateur, il compensera aux yeux de celui-ci la différence de prix.

Sans compter la certitude d’acheter un vrai produit…

Et vous, ça vous arrive d’acheter volontairement plus cher sur le site d’une marque à cause du (grâce au…) service proposé ?

Le Top 5 des sites e-commerce de marques, cru 2010

Cet article est écrit par Christophe Davy, dirigeant de Brand Online Commerce, qui est “l’invité permanent” de François sur ce blog.

Top 5

Il me prend la subite envie de dresser le classement des 5 meilleurs sites de e-commerce ouverts en 2010 par des marques. Et comme une telle envie n’attend pas, voici donc mon classement !

[disclaimer : je n’ai évidemment placé aucun site réalisé par ma société Brand Online Commerce…]

#1 : Zara.com

Zara.com
Ce site lancé à la rentrée de septembre est, pour moi, le best of 2010 des bonnes pratiques du e-commerce ! Tout y est réussi, tout y est simple et efficace. Les innovations sont nombreuses (notamment l’astucieux “ajout au panier” dont j’ai déjà parlé) et c’est, enfin, un des premiers sites d’une grande enseigne-marque à proposer la livraison et les retours dans les magasins physiques, créant ainsi des leads physiques à partir du e-commerce.

#2 : Christofle.com

christofle.com

La vraie bonne surprise de la fin d’année 2010 ! La marque revient de loin (un site full flash décevant en terme de transformation) et a su retravailler en profondeur son e-commerce pour délivrer un site propre, ergonomique et efficace, qui met notamment bien en avant les services additionnels que propose la marque (conseil, gravure personnalisée,…).

#3 : Lacoste.com

lacoste.com

L’autre gros lancement de 2010 avec Zara, l’e-commerce de Lacoste est une vraie réussite ! François en avait parlé dès son ouverture avant l’été, le site est rapide, visuel et propose lui aussi des innovations intéressantes, comme la modification de ses choix de taille ou de couleur directement dans la page panier.

#4 : Nafnaf.com

nafnaf.com

Lancé à l’été 2010, ce site bénéficie d’une ergonomie extrêmement bien pensée,  la dimension graphique venant au service de l’efficacité commerciale. Le one-page checkout est propre, et contribue à donner à l’internaute une sensation de légèreté et de simplicité dans l’acte d’achat.

#5 : Lancome-usa.com

lancome-usa.com
La version 2010 du site US de Lancôme va encore plus loin dans le e-commerce, notamment avec l’apparition des commentaires clients et même des notes (sur 5 étoiles) ! Lancôme est une des premières marques haut-de-gamme à oser donner directement la parole à ses consommateurs sur son site, et suit en cela le sillon tracé par Estée Lauder en 2009.

Top 5

Au final, vous noterez que mon choix s’est porté sur des boutiques en ligne ayant de nombreux points communs, parmi lesquels :
– la simplicité graphique : “la simplicité, c’est l’habit de la perfection” (Wladimir Gozin)…
– la mise en avant des produits, avec de multiples vues et des zooms faciles d’emploi (au survol de la souris)
– l’efficacité du tunnel de paiement, privilégiant la sobriété et la conversion de la vente.

D’un certain point de vue, on peut aussi reconnaître que ces boutiques se ressemblent visuellement, et on pourrait trouver cela dommage. Mais le e-commerce a des règles (les “bonnes pratiques”) qui ne font pas forcément les beaux jours des Directeurs Artistiques, et qui sont incontournables si l’on ne veut pas dégrader son taux de transformation.

Chaque marque est unique et chaque marque a un ADN qui lui est propre. Il est donc bien entendu possible d’adapter les bonnes pratiques pour mieux mettre en avant les codes graphiques de la marque, mais il n’est pas recommandé de trop sortir des sentiers battus au risque de gêner le business. Quelques écarts, oui. Une franche originalité, non.

Et vous, quel est le site e-commerce lancé en 2010 qui vous a le plus impressionné ?

Lacoste.fr invente l’offre exclusive temporaire illimitée !

Cet article est écrit par Christophe Davy, dirigeant de Brand Online Commerce, qui est “l’invité permanent” de François sur ce blog.

crocodiles colorés
En septembre 2010, j’avais eu l’occasion de me moquer gentillement du faible niveau de français d’une newsletter Lacoste : beaucoup de fautes d’orthographe et de grammaire en un seul email ! Et même si le niveau de français s’est nettement amélioré dans les newsletters suivantes, Google Traduction a encore sévit, comme par exemple ce 18 janvier 2011 où la marque nous fait le coup de l’erreur de contrôle dans La vérité si je mens 2 en s’attaquant, dans l’objet du mail, à la taille de ses produits plutôt qu’à leur prix :

Lacoste - polos réduits

Plus intéressant, Lacoste a inventé depuis quelques mois un concept commercial révolutionnaire : l’offre exclusive temporaire illimitée !

Ca commence dans la newsletter du 10 octobre 2010, en bas de l’email :

Lacoste exclu

Les frais de livraison offerts sur une période de 3 semaines, en plein mois d’octobre, voilà une mécanique promotionnelle classique pour favoriser des achats d’impulsion avant la période des fêtes de fin d’année. L’email datant du 10 octobre, le consommateur que je suis comprend qu’il a jusqu’à la fin du mois pour bénéficier de l’offre.

Jusque là, du pur e-commerce récité dans le texte, si ce n’est que j’aurais plutôt communiqué sur la date de fin de l’offre (en l’occurrence le 31 octobre) plutôt que sur une durée (3 semaines après réception de cet email).

Là où cela devient beaucoup moins “exclusif”, c’est quand on s’aperçoit que les 3 semaines sont glissantes et que l’offre n’a en fait jamais de fin !

En effet, le17 octobre, on nous ressert le même bloc en fin d’email ! Et là, les 3 semaines nous mènent jusqu’au 7 novembre…

Et le 16 novembre, après deux newsletters muettes sur le sujet, l’offre est de retour, parée d’une nouvelle couleur (ça doit être ça le côté exclusif…) :

Lacoste exclu

Et ça continue d’emails en emails (avec juste au moment de Noël une offre différente, portant sur les frais de port express), avec toujours plus de nouvelles couleurs :

Lacoste exclu

Lacoste exclu

Lacoste exclu

Et un dernier présent dans l’email reçu ce 1er février 2011 :

Lacoste exclu

Au final, une collection de blocs promotionnels presque aussi large qu’une collection de polos de la marque !

Et le même code promotionnel depuis maintenant 4 mois (NEWSLETTER) : cela tue définitivement le côté exclusif de l’offre, vous ne trouvez pas ?

D’un point de vue commercial, on peut se demander si, quitte à offrir les frais de livraison de manière récurrente à à peu près tout le monde, la marque ne ferait pas mieux d’en faire un véritable argument commercial “à la Zappos” en affichant partout sur son site cet avantage permanent, plutôt que de le reconduire bêtement pour “3 semaines” de mail en mail…