La souveraineté numérique ?

J’écoutais l’émission “Le Téléphone Sonne“, en vacances, pendant que je préparais à  diner 😉

Il faut dire que le sujet de l’émission était important : La souveraineté numérique.

Mais c’est quoi la souveraineté numérique ?

L’idée générale est que la France, ou plus largement l’Europe, devraient avoir une dépendance limitée, contrôlée, dans le domaine du numérique.

J’ai découvert au passage qu’il y a même un institut et un site web sur le sujet (mais sans domaine HTTPS 😉 ).

Le problème, c’est que c’est très large comme sujet !

Je propose de découper le sujet avec les trois catégories suivantes : 

  • Services Grand Public ;
  • Plateformes de services B2B ;
  • Infrastructures.
Services Grands publics

Les principaux services sont Google, Facebook, Whatsapp, GMail, Youtube, Twitter… Ces services ont comme points communs d’être gratuits, de contenir des données personnelles et d’être massivement utilisés.

On peut étendre cette catégorie, en ajoutant des services payants, et très largement utilisés, comme Amazon ou Netflix.

Plateformes de services B2B

On peut citer Amazon Web Services, Microsoft Azure, Google Cloud Platform.

Ces plateformes sont largement utilisés par nos administrations ou entreprises, petites ou grandes. Le Téléphone Sonne a lancé le débat parce que l’administration vient de confirmer le choix de Microsoft Azure pour héberger les services liées aux dossiers de santé.

Infrastructure

Il s’agit d’acteurs qui fournissent des solutions d’infrastructure, réseau ou télécom. 

Citons pèle mêle Nokia, Ericsson, Cisco, Samsung, Huawei, …

L’arrivée de la 5G est au coeur des débats, avec des fournisseurs de solutions d’infrastructure chinois comme Huawei.

Ce découpage en trois catégories permet de mettre en avant que : 

  • Il s’agit clairement de sujets stratégiques, qu’on n’aimerai bien maîtriser ;
  • On est globalement très en retard sur ces différents domaines. Enfin on peut dire que c’est trié en ordre décroissant 😉 : 
    • L’Europe est pratiquement inexistante, au niveau des services Grands Publics ;
    • On a des acteurs qui savent faire des choses au niveau des services B2B, comme OVH, Scaleway, mais on est objectivement très loin d’un acteur comme Amazon ;
    • Des acteurs européens sont bien présents pour fournir des solutions d’infrastructure. Je dois avouer que c’est la partie que je connais le moins : je ne sais pas si un Ericsson est compétitif par rapport à Huawei.

Pour revenir à l’émission que j’ai écouté, j’ai trouvé ça dommage finalement de traiter les choses de manière aussi large. En mélangeant ces différents sujets, le débat est resté à un niveau très superficiel, et donc sans grand intérêt.

Chaque domaine doit être analysé indépendamment des autres.

Prenons les services grands publics :

Personne n’est obligé d’utiliser ces solutions ! Elles sont utilisés car elles sont très bien faites, et l’usage se développe de manière virale. Il est difficile, probablement impossible d’imposer une solution.

On peut imaginer que l’état légifère, et interdise certaines solutions ? J’y crois pas trop… Mais Trump n’a pas hésité lui… On peut également imaginer que l’Europe pousse à la construction de solutions locales, comme ce qui a été fait avec Qwant, et avec le succès très très limité que l’on connait.

Contrairement à ce que j’entends ou lis, il est extrêmement difficile de créer des services avec ce niveau de qualité. Ce n’est pas impossible pour autant : l’exemple de Whatsapp est intéressant… Même s’ils ont été ensuite racheté par Facebook : c’est un exemple concret d’une toute petite boite qui réussi a s’imposer au niveau mondial, avec des centaines de millions d’usagers (au moment de la revente).

Pour les autres sujets, plus B2B, on pourrait plus facilement imaginer une politique encourageant l’usage de solutions Européennes.

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