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iPhone 4 : quelle stratégie pour Apple ?

Apple vient de nous annoncer, comme prévu, la sortie de l’iPhone 4.

Steve Jobs et ses équipes présentent ça comme une révolution.

Une révolution ? Hum. A voir.

Quelles sont les nouveautés pour cette version ?

  • Un capteur photo plus performant (5 Mp) avec un flash, plus un nouveau capteur en facade
  • Une forme légèrement ajustée
  • Une plus grande autonomie
  • Un écran avec quatre fois plus de pixels
  • Un processeur plus performant

Les autres améliorations sont au niveau de l’OS : multi tâche, …

Bon, alors, est-ce une vrai révolution ?

Non, ce n’est pas mon avis.

On a, à mon sens, une (bien belle) évolution somme toute assez classique : plus de puissance un peu partout.

Là ou c’est étonnant, c’est l’écran :

On se retrouve avec un écran ayant une qualité proche d’une photo.

Je trouve cette évolution très singulière, parce que l’écran actuel de l’iphone est déjà excellent.

J’ai beau regarder mon écran de très près, je ne vois pas les pixels de l’écran de mon iphone.

J’avais une hypothèse, mais qui ne marche pas en fait :

Je pensais que la nouvelle résolution de l’iPhone 4 serait la même que celle de l’iPad.

En fait, non :

  • 1024 x 768 pour l’iPad
  • 960 x 640 pour l’iPhone

Le ration Longueur / Largeur n’est même pas le même : 1,33 contre 1,5.

Bon, il faudra voir avec un iphone 4 dans les mains pour voir la différence entre les écrans.

Autre réflexion sur la deuxième camera :

Cela fait longtemps que beaucoup de monde c’est frotté à la visio-conf.

Ca me fait pensé à une blague qui m’avait bien fait rire à la sortie d’une offre visio sur un Nokia :

Allo ? Tu vois mon oreille ?

Donc, à suivre de près : Apple va-t-il réussir à lancer un usage sur cette fonction, là ou tant d’autres se sont plantés ?

Google, Apple et Facebook, ex-entreprises les plus cools ?

Cet article est écrit par Christophe Davy, dirigeant de Brand Online Commerce, qui intervient ponctuellement sur ce blog. Son contenu n’engage pas François Ziserman, qui d’ailleurs de manière générale réprouve le plus souvent ce que dit et écrit Christophe. A se demander pourquoi il l’a invité sur son blog…

En 2008, on pouvait encore écrire ceci :

– A ma gauche, Google, Apple et Facebook, les entreprises coolissimes par excellence, celles dont on ne peut absolument pas dire de mal sans s’attirer les foudres de ses adeptes, celles dont les produits et services sont encensés avant même d’avoir été testés, celles qui sont en train de changer le monde en bien,

– A ma droite, Microsoft et IBM, les entreprises d’un autre âge, spécialistes de l’entrave à la concurrence (à la concurrence des entreprises coolissimes notamment) et des technologies qui ne font pas rêver.

Et bien il est frappant de constater comment les choses ont bougé en deux ans.

Google s’est transformé progressivement en une sorte de big brother qui fait très peur. Avant, il n’y avait pas une semaine sans qu’un nouveau produit ou service de Google ne sorte, dans une frénésie créative et innovante totale, et sous les applaudissements ébahis de tous ; souvenez-vous de la sortie de Google Earth, quelle claque on a tous pris ! Aujourd’hui, il n’y a pas une semaine sans que n’éclate une polémique sur ce que Google se permet de faire en s’asseyant sur des règles élémentaires de droit des pays (la dernière en date, c’est la polémique sur la collecte de données wifi réalisée par les Google cars, qui n’étaient censées faire que des photos).

Apple, de son côté, a réussi à imposer avec iPod/iTunes/iPhone/iPad des standards fermés et propriétaires à des consommateurs qui rejettent pourtant régulièrement le payant et se tournent sans cesse vers le gratuit et l’open-source. Sacré tour de force, fondé sur une qualité et une ergonomie sans faille des produits et des services. Mais les procédures de contrôle de l’Apple Store, obscures (je n’ai pas écrit obscurantistes) et anti-concurrentielles (une parmi d’autres : le navigateur Opera n’a été validé qu’une fois la base d’iPhone bien développée avec Safari), ressemblent à s’y méprendre au comportement quasi-monopolistique des grandes années de Microsoft avec Windows. Tout de suite, ça fait moins cool.

Facebook est devenu un web à lui tout seul, offrant un véritable lieu de vie pour ses membres. C’est ludique, drôle (ah, les « points cools », c’est juste trop bien), on y trouve tout le monde (400.000.000 de membres ; sauf moi). Facebook réunit en un seul site l’email, un MSN-like, un Twitter-like, un Linkedin-like, des plateformes de jeu, du e-commerce, des forums, du stockage de photos et de vidéos,… Et en plus, cela a été créé par un petit gars qui a l’air ahuri de celui qui se demande encore pourquoi son site a pris une telle ampleur. Trop cool ! Du coup, excités par tant de coolitude, les membres se lâchent, et publient progressivement des éléments de plus en plus intimes de leur vie privée. Et c’est là justement que cela a fini par se gâter récemment. Car Facebook (et son créateur) s’assoit sur la notion de vie privée, jugée obsolète, et le dit haut et fort, alors que les membres pensaient naturellement disposer de ce droit. En cette année 2010, Facebook inquiète les parents, inquiète les entreprises, inquiète en fait tout le monde. Et inquiétude et coolitude ne font pas bon ménage.

Et Microsoft ? Et bien cette entreprise a perdu beaucoup de sa superbe au niveau business, mais elle a aussi quitté la ligne de tir des développeurs. Qui aujourd’hui passe du temps à casser du sucre sur le dos de .Net, Windows ou Office ? En devenant moins hégémonique, Microsoft est en train de se racheter une virginité, et s’y emploie d’ailleurs activement en donnant énormément de moyens aux développeurs et… en soutenant l’open-source ! D’ici qu’on entende que Microsoft est une entreprise cool…

IBM est aussi un cas intéressant, dans le sens où ce n’est pas une entreprise cool, et qu’elle ne l’a jamais été. Mais IBM est toujours là, et renaît en permanence de ses cendres. Les publicités IBM sont souvent pathétiques, il n’y a jamais de buzz sur IBM (d’ailleurs les mots buzz et IBM ont l’air d’appartenir à deux siècles différents), mais finalement on connaît tous quelqu’un qui bosse chez IBM ou dans une de ses filiales comme on connaît tous quelqu’un qui bosse dans la fonction publique. IBM n’est pas cool, mais IBM fait partie du paysage.

Maintenant, qui peut dire quelle sera l’évolution à court-terme du positionnement de ces entreprises dans l’opinion ? Attendons, observons, et nous constaterons comment les cartes vont éventuellement se redistribuer.

L’iPad, on the road

A l’annonce de l’iPad, je dois dire que j’ai été un peu sceptique.

Je pense aujourd’hui que l’iPad devrait très bien se vendre, pour une raison simple :

Ce n’est pas un ordinateur, c’est une tablette pour tout un tas d’usages grand public : lire, écouter de la musique, voir des photos ou des films, jouer, surfer sur internet, …

Bref, l’iPad permet de faire beaucoup de choses, sans avoir a s’embêter avec des problèmes techniques, ce que n’a jamais permis l’ordinateur (tous ceux qui doivent aider leurs parents ou grands parents à utiliser leurs ordinateurs voient de quoi je veux parler…).

Ce ne sont donc pas les réflexions techniques qui m’on conduit à réviser mon point de vue, mais plutôt les commentaires des uns ou des autres, expliquant qu’une personne, jusqu’ici plutôt réflactaire à l’ordinateur, était tenté par l’iPad.

L’autre moteur qui va très probablement booster ce terminal, c’est l’industrie du livre et de l’audio-visuel, mis à mal par la révolution numérique, et qui voie (ou va voir), avec l’iPad, un excellent moyen de se réinventer.

Et c’est vrai que quand on voit les plus belles démos de livres interactifs, ou les objets sortent du livre, pour s’animer, on sens bien qu’il y a vraiment quelque chose, là.

Ego Flash

A la lecture d’un article expliquant la position de Steve Jobs pour le Flash, je me suis dit qu’une raison sans doute importante dans cette décision était de l’ordre de … l’égo !

Steve Jobs aurait finalement mal vécu qu’Adobe, initialement très en avance sur les Mac, ait finalement suivi le marché en développant ses outils avant tout sur PC…

C’est comme si Adobe l’avait trahi en somme, et il se venge.

En tout cas, c’est le sentiment que ça donne.

Et ça me semble réaliste : si on savait, a quel point l’égo est un moteur puissant !

iPhone 4

Annonce ce soir de la nouvelle version de l’OS pour l’iPhone, la version 4 donc.

En fait, la sortie de l’iPad agrandie la famille de produits qui tourne sur cet OS, et comme l’iPad est plus grand, plus puissant, cela tire l’OS vers le haut.

Donc, les annonces, c’est du « plus, plus, plus ».

L’annonce majeure, c’est l’arrivée du multi-tâche.

Aujourd’hui, Apple triche un peu, en permettant à ces propres applications de tourner en tâche de fond, et ne permet pas aux autres applications de bénéficier de cette caractéristique.

Les utilisateurs de spotify en savent quelque-chose : impossible d’écouter Spotify en tâche de fond, à la différence de l’application iPod fournis par Apple.

Bon, ça devrait donc être corrigé dans la prochaine version.

Apple est très prudent sur ce sujet, pour une bonne raison :

Une des grandes différences, entre l’iPhone et les autres mobiles, c’est la qualité de l’expérience utilisateur, et en particulier la vitesse de réaction : quand on fait défiler l’écran, quand on lance une application, … tout apparait presque instantanément.

C’est très difficile d’apporter cette vitesse, et de permettre à toutes les applications de travailler en tâche de fond… Regardez nos pauvres PC, incapable de suivre quand on tape un texte alors qu’on a des quadri-processeurs avec 4 Go de Ram !!!

Utiliser un « device » dans quelle position ?

La première fois que j’ai lu quelque chose sur ce sujet, c’était un billet de Jean Louis Gassée, je pense que c’était un billet paru sur Libé.

Jean Louis parlait de la position qu’on a, en face d’un appareil « avec un écran ».

Pour un ordinateur classique, on est assis, le dos droit (normalement), avec un bureau devant soi.

Les mains tombent naturellement sur le clavier et la souris.

Pour la télé, on est « vautré » dans un canapé, sans rien pour poser ni clavier ni souris.

Cette position conditionne l’usage du terminal. Tout ceux qui ont essayés d’ajouter un clavier à une télé se sont plantés.

Il faut complètement repenser l’ergonomie du service en prenant en compte ce contexte d’utilisation du terminal.

On peut aujourd’hui ajouter les mobiles, qu’on utilise… en mobilité (phrase profonde, je sais) : on peut être debout, assis dans un bus ou un train, … Là encore, les conditions d’utilisations impactent l’ergonomie. C’est ce qu’à incroyablement bien réussi l’iPhone, avec une ergonomie sensuelle et adaptée à la mobilité.

A partir de cette analyse, il apparait clairement que l’iPad est fait pour être utilisé dans un canapé, comme la télé. C’est bien dans cette position que Steve Jobs nous l’a présenté.

Et c’est bien l’enjeu de l’iPad : ce n’est pas un terminal mobile, c’est un terminal fait pour conquérir notre salon.

(Merci Benjamin pour cette discussion passionnante !)

Stratégie d’Apple pour les films et la musique

A la base de cette réflexion, on discutait, avec Christophe, sur les usages de l’iPad.

Certaines activités sont bien autonomes :

  • Surfer sur Internet
  • Lire et écrire les mails
  • Choisir une application, l’installer et l’utiliser

Par contre, c’est moins évident pour d’autres activités :

  • Ecouter de la musique : Bien sûr, on peut écouter de la musique depuis l’iPad, mais comment peut on copier les morceaux de musiques ? Il faut passer par iTunes, et un autre ordinateur donc.
  • Voir des photos : Bon, on peut voir les photos, mais comment les transférer depuis l’appareil photo vers l’iPad ? Impossible sans passer par l’ordinateur, et ça me semble une limitation très forte.
  • Voir des films : Là encore, même punition : on peut voir des films sur l’iPad, mais il faut soit acheter les contenus, soit passer par iTunes. Et si on a une bibliothèque de films sur un disque dur ? Non seulement il faut passer par iTunes, et donc un autre ordinateur, mais en plus il faut convertir les films au format MP4. Cela freine sérieusement cet usage…
  • Lire des livres : ça sera très probablement le même scénario que pour les films ou la musique. ça ira bien pour les livres achetés sur la boutique en ligne, mais ça sera pas si simple pour récupérer des livres venant d’autres sources.

Alors, pourquoi Apple met en place de tels limitations ?

Quand on y pense, la raison est assez évidente : Apple caresse dans le sens du poil les acteurs clés des différents médias : majors, producteurs, …

Objectif : signer des accords avec eux, pour amener du contenu sur ces terminaux.

Pas question donc que ces équipements apparaissent comme des outils pour pirates.

Steve Jobs met donc des barrières pour limiter l’usage de contenus « libres ».

C’est un choix, très structurant. Pour l’usager, c’est une sorte de deal qui est proposé :

Tu as un terminal beau, agréable à utiliser, … Mais tu ne pourras pas y faire ce que tu veux, la vie ne sera pas si simple pour certains usages.

Ce pari est un succès sans appel pour l’iPhone. En sera-t-il de même pour l’iPad ? J’en doute pour ma part, le contexte de l’iPad est sans rapport avec celui de l’iPhone.

Pourquoi Apple ne veut pas du Flash sur ses terminaux ?

C’est un des points saillant de l’annonce de l’iPad d’Apple : lors de la démo, par Steve Jobs, quand il surf sur les sites, on voit un grand blanc à la place des espaces Flash.

Pourquoi Apple bloque-t-il le flash ?

En fait, le moteur d’interface, présent dans les iPhone, iPod et iPad, est concurrent du Flash.

Ce moteur permet de réaliser des applications, y compris multimédia, avec tout un tas d’effets graphiques, qui rendent l’utilisation de l’iPhone (et autres terminaux apple) si agréable.

Laisser le Flash entrer, c’est donc pour Apple prendre le risque de permettre le développement « parallèle » d’applications multimédia, sans passer par l’appstore, et donc sans passer par la grille de validation d’Apple.

Mais bloquer le Flash, c’est bien sûr prendre le risque de baisser la richesse de l’offre, la valeur du terminal finalement (il a moins de valeur parce que je ne peux pas surfer sur les sites Flash).

Alors ?

Tout d’abord, diriger, c’est naviguer entre plusieurs risques et faire des choix.

Ensuite, les choses peuvent évoluer dans deux directions simples :

Soit Flash perd la bataille, et disparait au fur et à mesure des sites Web. Flash est d’ailleurs également challengé par le HTML 5.

Soit Apple baisse la garde, et fini par laisser entrer le Flash dans l’iPhone.

Maintenant, il y a tellement de sites qui utilisent le Flash aujourd’hui que je suis près à parier que d’ici quelques mois, Apple baissera la garde et laissera rentrer le Flash dans son navigateur. Mais c’est un pari risqué, car Steve Jobs est têtu ;).

On en parle également ici :

Alors, l’iPad, future grand succès ou pas ?

Bon, l’iPad correspond plus ou moins à ce qui se disait.

C’est une tablette, avec un environnement intégré pour faire tout un tas de choses :

  • Ecouter de la musique ;
  • Voir des films ;
  • Voir des photos ;
  • Lire et écrire des emails ;
  • Editer des documents « office like » ;
  • Surfer sur Internet ;
  • Jouer avec des applications (iphones ou spécifiques) ;
  • Lire des revues ou des livres ;

Tout ça pour un prix raisonnable, de 500 à 850 $, suivant les options (mémoire et option 3G), et pendant 10h (donc probablement 7h, ce qui est déjà pas mal).

tout ça avec une expérience utilisateur qui ressemble à ce qu’on connait avec l’iPhone, sur un écran plus grand.

Au niveau des déceptions :

  • Pas de caméra, en particulier sur la face avant (dommage pour Skype) ;
  • L’écran ne couvre pas toute la surface ;
  • Pas de port USB ;
  • Pas « dual screen » 😉

Bon, tout ça, ça fait un succès ou pas ?

Hum… Allez voir la vidéo sur le site Apple, ils savent vraiment mettre en valeur leurs produits !

Bon, je continue de penser que le format n’est pas parfait, parce qu’il ne permet pas un transport facile.

Maintenant, d’après ce que j’ai vu, les équipes d’Apple ont su adapter les applications pour exploiter la taille de l’écran, et donner un effet « wouahou », comme on a eu avec l’iPhone.

Si les contenus et les applications suivent, ça peut se développer…

On verra maintenant, il faudra attendre plusieurs mois pour avoir une vrai tendance, parce que pour les premiers mois, les fans vont se ruer dessus.

Et pour le e-commerce ?

ça peut faire un terminal sympa pour faire ses achats, depuis le canapé du salon… A suivre de près donc.