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Après-demain, ça sera comment ?

Celà fait longtemps en fait que ce billet « traîne » dans ma liste des « billets à finir ». 

Je vous le livre « en l’état »…  

D’abord, je voulais vous raconter une petite anecdote : j’étais à un repas avec une responsable e-commerce d’un grand groupe. On discute, tout est très sympa. Après quelques échanges, elle me demande quelles sont les innovations à venir. Je lui parle de connexion permanente, d’écrans ‘photo réaliste’ et en relief, d’ultra haut débit, à la maison et en mobilité, la prochaine grande dématérialisation des livres… Elle n’est pas convaincue : « ok, ok, tout ça va arriver, mais quelle va être la prochaine grande révolution, d’une échelle comparable à celle de l’invasion des PC, avec pour tout le monde, un clavier, une souris et un écran. Qu’est-ce qui va arriver après ça ? »

Déjà, j’ai trouvé ça marrant d’être à ce point challengé ! Et je me suis dit qu’elle avait raison d’une certaine manière : la révolution actuelle est une telle « grosse vague » qu’on a du mal à voir après. Comme si, en 1900, en pleine explosion industrielle, on voulait essayer de voir après, maintenant quoi (vous me suivez ?).

Et de temps en temps, je me demande effectivement : c’est quoi, après ?

Je pense qu’on a déjà des pistes de réflexion :

Les écrans « multi-touch »

L’interaction avec nos ordinateurs est en pleine évolution avec l’arrivée d’écrans « multi touch » :

Ecran multi touch en action Autre exemple d'écran multi touch

Le petit film sur le site mérite d’être vu (ici). Il illustre bien les possibilités avec ces nouvelles interfaces. D’ailleurs, comme à son habitude, Steve Jobs ne s’y est pas trompé en intégrant cette technologie dans l’iPhone et dans le dernier iPod Touch.

A mon sens, et comme le fait remarquer avec humour Jérémie, le principal problème de ces interfaces, c’est qu’on passe notre temps à toucher les écrans, et donc à les salir…

D’ou l’intérêt d’une autre innovation, proposée (encore !) par Apple : utiliser le dos de l’écran.

Au coeur des ordinateurs : les disques durs SSD et les processeurs multi-coeur

Ces révolutions là sont également bien engagées.

Surtout le multi-coeur : les portables ont 2 coeurs, les gros ordinateurs de bureau en ont 4, et les puces 8 coeurs vont sortir en 2008. Et après ? 16, 32, 64…. Je vous laisse écrire la suite ;).
En parallèle, l’arrivée sur le marché des disques SSD va vraiment booster nos ordinateurs, avec des performances qui s’envolent.

Les robots

On en parle depuis des dizaines d’années, avec des promesses non tenues… Tout cela fait qu’on peut finir par se dire que ça n’arrivera jamais.

Pourtant, aujourd’hui, il commence à y avoir des choses intéressantes qui sortent.

Le robot d’expérimentation de Honda, Asimo, est un bon représentant de ce qu’on peut faire aujourd’hui :

Image du robot Asimo de chez Honda

Ce qui va booster ce marché, c’est la disponibilité de pièces (moteurs par exemple) de meilleure qualité, pour des coûts aujourd’hui raisonnables, plus des programmes qui commencent à marcher.

Justement à propos des programmes : les programmes sur l’intelligence artificielle ne donnent pas les résultats attendus. La programmation de ces robots reste excessivement compliquée, chère, très longue et pas très souple. On a longtemps rêvé qu’on pourrait avoir des robots (ou des programmes) qui « apprennent », mais on en est très très loin.

On va donc avoir, dans les années qui viennent, des robots qui vont prendre en charge de plus en plus de tâches (amuser les enfants, passer l’aspirateur, surveiller une personne agée), mais sans réelle intelligence derrière, et donc sans vrai adaptabilité.

Des équipements plus intelligents, plus connectés, et moins « ordinateurs »

Au delà des robots, c’est tous nos équipements électroniques qui sont de plus en plus connectés et qui intégrent des fonctions de type ordinateur. Concrètement, ce que j’essaye de dire, c’est que demain, on aura peut être moins d’ordinateur de type clavier/souris/écran mais en fait plein d’équipements, avec chacun leurs interfaces, qui incluent des fonctions de type ordinateur.

Beaucoup d’exemples déjà présents sur le marché : les appareils photos numériques, les lecteurs mp3, les cadres photos, les GPS, les téléphones portables, les voitures, …

And so what ?

Mais je sens que tout ça, c’est pas encore la prochaine révolution !
Pour moi, la prochaine révolution, elle doit venir avec un changement dans le fonctionnement intime des ordinateurs !

Aujourd’hui, les ordinateurs sont tous basés sur un modèle qui vise à séparer données et traitements (la machine de turing pour ceux qui connaissent).

Ce modèle à fait ses preuves pour pas mal de sujets (automatiser des tâches, calculs mathématiques, stocker…) mais c’est ce modèle qui fondamentalement ne permet pas de faire des tâches « intelligentes ».

Avec des machines intelligentes, on franchira une nouvelle étape très importante, qui permettra de complètement révolutionner la façon avec laquelle on travaillera avec les machines.

Cette évolution n’est pas pour 2008, ni probablement pour 2018… Mais pour 2028 ? Allez, on prend les paris ?

Dernier billet 2007… Bonnes fêtes à tous !

Je fais un « blog-break » jusqu’au 4.

Mes souhaits pour 2008 dans le désordre…

D’abord, quelques gadgets :

  • Un iPhone avant juin  avec la 3G, et aller, pendant qu’on y est, 32 Go et un module GPS ;
  • Dans la lignée des idée cadeau, un nouveau mac portable, très petit, très léger, très beau. Pour moi, le top serait un mac avec 2 écrans (comme la DS). L’écran en haut est « normal ». L’écran du bas est tactile, et peut afficher par exemple un clavier, ou tout autre chose… Il a un disque SSD et a donc une très grande autonomie.

Plus sérieusement :

  • La « libaration » du business mobile, et la sortie du « joug » des opérateurs mobiles, avec à la clé le développement du m-commerce ! ça arrivera un jour, mais est-ce en 2008 ? Hum ?
  • En parlant de joug, la sortie du « dictat » du navigateur : Non au bouton « Back » ! Blague a part, on est en plein bouillonnement, et entre Flex, Air et Sylverlight, on voit bien que l’avenir est riche. Là aussi, la question est plus sur le « quand »…
  • L’industrialisation de solutions pour faciliter le développement du e-commerce : des solutions de livraison plus fiable (je n’aurais pas le foie gras commandé, qui devait être livré avant Noël…), des composants logiciels facile à installer, facile à adapter, fiable…

Pour Araok!, je dois vous dire que je suis très confiant : l’année 2008 se présente très bien, quand un positionnement est juste, le marché répond !

Mon enjeu est un enjeu « humain » : monter la bonne équipe.

Joyeux Noël à tous, bonnes fêtes de fin d’année, et à l’année prochaine !

Alors, viser une valorisation élevée ou pas (partie 2) ?

Ce billet fait suite à ce premier billet, sur le premier tour de table pour une startup.

La question est donc de savoir s’il faut viser la plus grande valorisation possible.

A priori, la réponse semble être « oui » : une très grande valorisation, c’est garder plus de part au capital, avoir donc plus de pouvoir en tant qu’actionnaire, et avoir un potentiel de gain plus important, au moment de la « sortie » (revente, introduction en bourse).

Mais en fait, une valorisation trop élevée peut être un piège :

  • Le premier tour de table est dans la plupart des cas le premier d’une série. Cette valorisation sera corrigée aux tours suivant. La valorisation du premier tour n’auré donc été qu’un leure ;
  • Si le premier tour est accompagné de clauses ‘anti dilution’, alors une baisse de la valorisation dans les futurs tours sera-t-elle encore plus violente ;
  • Valorisation très élevée = promesse très élevée. Si jamais le business plan n’est pas tenu, gare au retour de manivel !

Mais tout le monde ne pense pas ça : j’étais mardi soir à une réunion, ou on parlai de cette question, et l’un des gars ne jurait que ‘valorisation’.

Qui a raison ?

Maintenant, évidement, comme dit Pierre Dac, il vaut mieux être riche, beau et bien portant que pauvre, moche et malade. Autrement dit, il vaut mieux une valorisation élevée avec un investisseur sympa et un pacte d’actionnaire « light » qu’une valorisation faible, avec un investisseur impossible et un pacte d’actionnaire gros comme « la recherche du temps perdu » !

Le monde SAAS selon Amazon

Pour tout le monde, Amazon, c’est un boutique de vente en ligne.

Mais Amazon a également une offre SAAS qui s’enrichie de mois en mois.

Le SAAS, c’est l’idée, à mon avis promise à un très grand avenir, que les systèmes d’informations vont évoluer, et que ces systèmes seront de plus en plus répartis, et géré non pas par les entreprises directement, mais par des tiers.

Le leader du domaine, c’est bien entendu salesforce.com qui propose une solution CRM en mode SAAS donc.

C’est donc une approche « métier », c’est à dire proposer un service, qui cible directement un besoin de l’entreprise (le suivi des contacts commerciaux en l’occurence).

Logo d'Amazon Web ServicesAmazon propose une approche opposée, qui « part du bas ».

Ils ont commencé par S3 (Simple Storage Service), qui consiste à proposer du stockage en mode « service » : un client peut ainsi louer en ligne un espace de stockage.

Le prix est à l’usage, 100% dépendant des volumes :

  • 0,18$ par GB et par mois ;
  • 0,10$ par GB envoyé vers l’espace de stockage ;
  • 0,18$ par GB sortant de l’espace de stockage ;
  • 0,012$ par requête.

On paye donc tout, mais 100% au volume et sans limite basse. Un petit service va donc payer quelques $ par mois. On est à fond sur l’idée des petits ruisseaux qui font les grands fleuves.

Amazon a étendu son offre avec la mise en ligne d’une base de données, sur le même principe : Amazon Simple DB.

Le prix est calqué sur le modèle de S3, on paye au stockage, et aux requêtes.

Enfin, Amazon propose une offre de paiement en ligne, également en mode SAAS.

L’idée est clair : proposer des briques de bases, qui permettent de construire des applications en ligne, le plus simplement possible, et avec un prix complètement dépendant de l’usage : pas cher au début, plus cher ensuite, mais si il y a du trafic, on peut imaginer qu’il y a des revenus (quoi que 😉 ).

Je ne sais pas ce que cette expérience d’Amazon va devenir, mais je suis convaincu par l’approche, que ce soit mis en oeuvre par Amazon ou par d’autres.

Premier tour de table et valorisation

Pour votre entreprise, vous avez besoin d’argent, rapidement : avoir quelques millions d’euros pour conquérir le monde.

La solution : un p’tit tour de table.

Vous allez voir des VC (dire « vici ») : Venture Capitalist, c’est leur métier.

Ils mettent de l’argent dans les entreprises, au capital de l’entreprise pour être plus précis.

Et la valorisation dans tout ça ?

Le plus simple est de prendre un petit exemple.

Vous avez besoin de 2 millions d’euros.

Un investisseur (un VC quoi) met ces deux millions, contre 25% du capital.

Dans ce petit scénario, votre entreprise est valorisé 8 millions d’euros (puisque 2 millions correspondent à 25% : simple règle de trois).

Pour être un petit peu plus précis, on parle de valorisation « pre-money » et « post money ».

Pour rester dans notre exemple, la valorisation pre-money est de 6 millions et la valorisation post money est de 8 millions.

Qui décide de cette valorisation ?

Le marché ! Ce sont bien entendu les investisseurs qui fixent cette valeur.

On vous fera croire qu’il y a du rationnel derrière les chiffres, mais la réalité est bien souvent différente : la valorisation dépend de la compétition entre les VC (si ils se battent pour venir chez vous, ça peut faire flamber les cours), du montant que vous levez..

Maintenant, une question simple : faut il viser une valorisation la plus élevée possible ? On a bien envie de répondre « oui », mais…

Petites réflexions sur le business model du logiciel

Le logiciel est un domaine ou les prix sont bizares : Un même programme peut être vendu sur une échelle de prix pratiquement infinie, de la gratuité à plusieurs millions d’euros.

Qu’est-ce qui permet de fixer un prix ? Est-ce le coût de fabrication, plus le coût de maintenance, plus une marge raisonnable ?

Pas du tout, pour le logiciel, comme pour tratiquement tout en fait, le prix n’est fixé que par un seul critère : le prix que les acheteurs sont prêts à mettre.

Cette réflexion est vrai dans d’autres domaines.

Ainsi, on peut trouver une montre pour 100 €, 1 000 €, 10 000 €, 100 000 € …

Toutes ces montres donnent l’heure ! Bien sur, on pourra dire que les matières premières ne sont pas les mêmes. Mais pour une montre à 10 000 €, les matières premières représentent quelle part réelle du prix de vente ? 20% ? Le reste, c’est la part du rêve…

Comme le logiciel est par définition « sans matière première », l’élasticité du prix est totale.

Logiciel et bâtiment

C’est une analogie intéressante, que je vous propose de creuser (c’est le cas de le dire).

Comme je l’ai souvent dit, le e-commerce est mis en œuvre via du logiciel : Front office, back office, suivi des commandes, emailing, … Tous ces composants sont mis en musique via des lignes de code…

Le logiciel est un artisanat neuf, et c’est sain de chercher des repères par rapport à des industries plus anciennes.

Donc le bâtiment.

Pour construire une maison, il faut faire d’abord un plan.

En fait, avant de faire le plan, il vaut mieux creuser le besoin : nombre d’enfants, souhaits (avoir le soleil le matin, …), budget, délais, …

Ensuite, un architecte va faire le plan donc, et il va y avoir plusieurs aller-retours entre l’architecte et le client.

Après, il faut de la patience, tout le monde le sait : on rentre dans la partie réalisation. Un architecte ou un maître d’œuvre va diriger les opérations, et coordonner les activités de plusieurs corps de métier : terrassier, maçon, platrier, électricien, plombier, menuisier…. Pendant cette phase là, on ne peut plus tout changer, et plus le projet avance, et moins on peut changer de choses.

La réussite du projet final tient sur plusieurs critères :

  • L’intelligence de l’architecte, pour réellement comprendre les besoins et envies des clients, qu’ils n’expriment parfois pas clairement ;
  • Le savoir faire de l’architecte, pour trouver les artisans bien adaptés au projet, et les faire travailler au bon moment ;
  • Le savoir faire individuel de chaque artisan : même si le maçon fait un très bon boulot, si le peintre « salope tout », le résultat final sera décevant ;

Par contre, plus les « couches basses » font du bon boulot, et plus on peut rattraper les erreurs : si c’est le maçon qui fait du mauvais boulot, il n’y a pas grand chose à faire…

On peut dire tout ça pour le logiciel :

  • Comme pour le bâtiment, un logiciel doit être conçu, il faut faire des plans ;
  • Il faut faire ces plans en discutant avec le « client » (équipe e-commerce de la grosse entreprise, patron pour la petite entreprise, …) ;
  • Il faut avoir un bon architecte (vous avez mes coordonnées 😉 ) ;
  • Il faut ensuite être très patient, parce que pour monter tout ça, ça prend du temps ;
  • Enfin, le résultat final est dépendant de la qualité des artisans, individuellement.

Mais voilà, le logiciel, ça s’appelle également du soft : on croit que c’est mou.

De plus, le marketing de certains acteurs du logiciel nous laissent croire qu’on peut tout faire, tout demander, n’importe quand, et que le logiciel s’adaptera.

On le sait tous : le nombre de projets ne respectant aucun de ces « fondamentaux » est effarant : on démarre sans plan, on change de plan tout au long du développement, on recrute les équipes sans vraiment « challenger » les compétences par rapport aux objectifs, le tout se faisant sans architecte !

On rentre ensuite dans une spirale infernale, qui creuse l’écart entre les équipes marketing ou management et les équipes techniques. Pour les « marketeurs », la technique coûte cher, ne produit rien de bon, avec des délais incroyables ;
Pour les tecky, les marketeurs changent d’avis tous les jours, imposent des délais irréalistes, et ne reconnaissent pas la valeur du travail fait.

Il y a du pain sur la planche !