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Le retour du Minitel via Google

Finalement, si on y réfléchi bien, l’annonce du Netbook Chrome de Google est l’annonce d’un super minitel.

Fini les données et applications locales.

Le terminal Chrome de Google n’a pratiquement plus rien en local : pas de stockage, ni pour ses données ni pour les applications.

Tout est centralisé, chez Google bien sûr.

Hugo Lunardelli explique dans son article tous les dangers que cela représente, avec des gouvernements un brin totalitaires.

Marrant comment les choses changent. Microsoft, en défenseur des libertés individuelles ? Je n’aurais pas imaginé ça ;).

En tout cas, je partage l’avis de l’auteur de cet article intéressant : il est important de ne pas tomber dans un tel modèle, bien trop centralisé.

7 768 466 415 157 250

7 768 466 415 157 250,

Cela fait :

  • 250 octets
  • 157 kilos octets
  • 415 mega octets
  • 466 giga octets
  • 768 tera octets
  • 7 peta octets

C’est quoi ce monstre ?

La capacité de stockage de GMail, tout simplement.

Cette information est affichée, en page d’accueil de GMail, quand on n’est pas connecté.

Comme chaque compte permet de stocker près de 6 Go, cela ne représente « que » 1,3 millions de comptes…

Hum, en fait, comme GMail compte plus de 100 millions de comptes (au fait, quelqu’un sait il combien il y a de compte GMail ?), cela représente un espace de stockage moyen de 74 mega octets par compte, ce qui me semble assez réaliste.

8 peta octets donc (en arrondissant un peu), cela ne fait « que » 16 000 disques durs de 1 tera, si on sécurise un minimum (RAID 1).

Quand la puissance devient un frein – La fin de google ?

Le titre est un brin provocateur, c’est sûr !

Google développe des tas d’applications, bien au delà du moteur de recherche : Map, Mail, News, OS, Navigateur, … La liste est bien longue !

Google a naturellement intérêt à faire des liens croisés entre ses applications maison :

  • Privilégier Google Maps sur le moteur de recherche ;
  • Privilégier les vidéos de Youtube sur les autre services ;

Tout ça se passe plutôt bien les services sont réellement les meilleurs.

Ce n’est plus la même musique si d’autres services sont meilleurs : c’est une sorte de « prise d’otage de l’internaute », un peu comme si un éditeur d’OS voulait imposer son navigateur Web, vous voyez ? 😉

A pousser ses propres vidéos (Youtube), ses propres services de géolocalisation (map), ses services de comparaison de produits, … Google tombe, petit à petit, vers le travers de Yahoo : à savoir avoir une page remplie de liens vers ses propres services.

logogoogle

Tout ces liens qui peuvent être vu comme « polluant », à ajouter aux liens sans valeur qui encombrent les pages de recherche (comme le disait Eric sur commentcamarche)… C’est le cœur de la valeur de Google qui est attaqué, c’est à dire : la capacité de Google d’afficher des réponses pertinentes.

A là là, pas simple d’être un leader mondial !

Refaire le monde ou s’y adapter ?

J’essaye d’y voir clair sur les dernières évolutions du Web… Pas si facile : ça bouge vite, et pas dans des directions toujours très cohérentes…

Il me semble qu’on peut classer les comportements des boites en deux catégories :

  • Celles qui veulent refaire complètement le monde ;
  • Celles qui s’y adaptent.

Le très bon exemple en ce moment, c’est Facebook.

Facebook refait complètement le monde !

Facebook, c’est :

  • Un blog ;
  • Un flickr ;
  • Un twitter ;
  • Une messagerie ;
  • Une messagerie instantanée ;
  • Une plateforme pour développer des applications ;
  • Une régie de publicité.

J’en oublie probablement…

Et tout ça en interne, sans réutiliser les services tiers.

A l’opposé, je viens, comme tant d’autres, de créer un lien entre Twitter et mon compte Likedin. Linkedin a donc ajouter la possibilité de faire vivre son compte, à partir de twitter.

Ils auraient pu réinventer « l’eau chaude », mais non, leur logique, c’est de s’appuyer sur le service existant et de plutôt focaliser l’énergie sur ce qui fait leur différence.

Si je devais parier sur l’avenir, je parierais plus volontier sur une boite qui utilise intelligemment des services tiers plutôt que sur une boite qui réinvente tout…

Google Wave – Mes convictions

Suite au déjeuner-débat de la semaine dernière, j’ai maintenant les idées très claires par rapport à Google Wave.

A mon sens, Google Wave représente potentiellement une révolution dans nos outils de communications.

« Potentiellement », parce qu’objectivement, on ne peut jamais être certain qu’un tel service prenne.

On en a parlé lors de notre débat. Une techno peut être bien meilleure que les technos en places et ne pas prendre.

On pourrait prendre l’exemple des bases de données objets ou, sur un autre domaine, du moteur rotatif NSU Wankel. Le moteur est théoriquement mieux que le moteur classique, à piston, mais le gain n’est sans doute pas suffisant par rapport aux investissements industriels réalisés sur le moteur traditionnel…

Donc, Google Wave, c’est un outil de communication, inventé à partir de tout ce qu’on sait faire aujourd’hui.

On peut s’en passer (la preuve, on s’en passe), de même qu’on pourrait se passer de mobile, … Mais bon, une fois qu’on y a gouté…

Là ou c’est d’ailleurs fun, c’est que Google, en réalisant une intégration très fine entre GMail et son Instant Messager maison, réduit la fracture entre cette solution « bricolée » et Google Wave.

Je pense que la question du scénario (a quoi va servir Google Wave) n’est pas une bonne question… Parce que Le scénario, c’est n’importe quel échange entre un groupe de personne. C’est un peu comme si on devait faire un scénario pour décrire l’intérêt du mail, à un fana du Fax. On peut tout faire avec un fax : envoyer une lettre à un groupe de personnes, … Mais le confort d’utilisation est plus grand avec le mail.

Comme bien souvent en informatique, on est en face d’un nouveau système, mais la différence ne se fait pas vraiment au niveau du « quoi » mais plutôt au niveau du « comment ».

Après, j’ai lu des critiques « débiles » sur Google Wave, par des gens qui me semblent tout mélanger.

Google Wave, c’est plusieurs choses en même temps :

  • Une nouvelle norme pour communiquer (donc un nouveau protocole pour remplacer le Mail) ;
  • Une implémentation open source, proposée par Google ;
  • Un service, proposé par Google, pour tester le bazar.

Tout le monde peut donc se recréer son serveur Google Wave, sans rien devoir à Google.

De même, tout le monde peut récupérer l’implémentation open source, pour se créer son propre système Google Wave à moindre coût.

Le service n’est donc là que pour montrer un exemple de mise en oeuvre.

Bon, maintenant, il reste une question pas très claire pour moi :

Existe-t-il dans Google Wave des passerelles « In » et « Out » par rapport au Mail et à l’instant messaging ?

C’est une question clé : pour s’imposer, Google Wave devra composer avec le mail, et pendant pas mal de temps.

Il doit donc être possible d’associer à une discussion une personne qui a juste une adresse mail.

De même, une personne qui a une adresse mail doit pouvoir envoyer un message à quelqu’un utilisant Google Wave.

J’ai pas vu d’info sur ces questions, mais je ne peux pas croire que les gars de ce projet n’aient pas penser à ça…

La fin des marques et des marchés de masses ?

Pour certains, Internet, c’est la fin des marques et des marchés de masse.

Grâce au Web, le petit producteur peut vendre directement à ses clients, aux quatre coins du monde.

Cette analyse est en parti portée par des gars comme Jeff Jarvis, auteur en particulier d’un bouquin sur Google.

La théorie est sans doute intéressante !

Intéressant surtout, je pense, de remettre ça en perspective, sur une période de temps un peu plus longue.

C’est en effet le développement des médias de masse (journaux, télévisions) qui ont poussés au développement de marques mondiales, globales.

Alors, au moment ou ces médias vacillent, il est tentant de se dire que le développement des marques peut être complètement remis en question avec l’avènement d’un média réellement différent.

Certe, mais d’un autre côté, d’autres acteurs ont une théorie presque opposée :

Jacques-Antoine Granjon, patron de Ventes privées par exemple (et bien d’autres) ne jurent que par les marques, et pensent qu’Internet de laissera émerger, en fin de compte, que quelques leaders, qui écraseront le marché

Alors, de quoi sera fait l’avenir ?

Bing ou comment challenger Google ?

Un peu de concrêt pour commencer :

Parts de recherche Bing

ça, c’est la répartition des recherches sur un site avec pas mal d’audience.

Donc, Bing, c’est déjà 3% du trafic.

Maintenant, quels sont les leviers de Microsoft pour monter en puissance ?

Jusqu’ici, Microsoft utilisait bien souvent Windows comme levier, en installant Internet Explorer et le moteur de recherche maison par défaut lors de l’installation de l’OS.

Si j’ai bien suivi, ça ne devrait plus être le cas avec Windows 7.

Il va donc falloir se différentier sur le fond : sur le service.

Bing va donc essayer de se battre de front avec Google, et proposer un meilleur service.

J’étais invité il y a quelques jours à l’évènement qu’organise Ciao pour ces meilleurs clients.

J’ai ainsi pu avoir une présentation « avancée » de Bing, par l’un des responsable de la R&D côté europe : Jordi Ribas.

L’un des axes de recherche de Microsoft, c’est de permettre aux internautes d’aller plus vite vers la bonne page.

Pour faire ça, Bing propose plusieurs axes :

bing : Résultats sur Fedex

Bon, déjà, pour « jouer », il faut configurer Bing en mode « USA », version actuellement bien plus avancée que notre version locale.

L’élément clé, c’est la colonne de gauche, qui permet, comme sur de plus en plus de sites marchands, d’affiner la recherche.

Cette colonne est alimenter de manière semi automatique : avec des programmes et un brin d’intervention humaine.

Autre élément : Microsoft essaye de pousser plus d’infos directement exploitable par l’internaute.

Ici, pour Fedex, on peut directement faire le tracking d’un colis.

Sur d’autres recherches, Bing propose directement les résultats sportifs, …

Autre nouveauté : le mode « preview ».

Avant de cliquer sur un lien, on peut voir un « résumé » de la page cible.

Enfin, quand ce qui est cherché est probablement un produit, Bing propose directement des informations de type « moteur de shopping » :

bing : résultat pour un produit

En synthèse

Est-ce que ces axes permettront à Microsoft de réellement ébranler la suprématie Google ?

Est-ce une tendance de fond, que d’intégrer le moteur de recherche avec le moteur de shopping ?

Google pourrait aussi avancer dans cette direction…

C’est un axe à double tranchant pour ces acteurs : vous imaginez, au bout de quelques temps, quand la page d’accueil de ces moteurs sera entièrement remplie par des liens vers des services maison ?

L’anti-trust ne serait sans doute pas très loin…

Autre point clé : finalement, la domination Google est très intéressante pour le SEO : il « suffit » de travailler son référencement par rapport à un seul acteur.

Vous imaginez si le marché se morcelle ? Vous faite une modification, et hop, vous montez d’un côté et descendez de l’autre… L’enfer !

Acquisition d’omniture par Adobe

Après le rachat d’interwoven par autonomy, c’est au tour d’omniture de ce faire racheter par adobe.

Quelle logique derrière ces acquisitions ?

Une logique toute simple : créer des poids lourds, qui apportent des solutions globales sur Internet.

Et c’est un véritable jeu de pac-man : manger et être mangé.

La force d’adobe, c’est de plutôt bien réussir ces acquisitions.

Exemple : Flash est un actif bien valorisé par Adobe (en tout cas, c’est ma perception).

Alors, quels seront les prochains à être mangé ?

Ibm, Oracle, Google, Microsoft, ou SAP rachètent

  • Adobe ?
  • Autonomy ?

Pour nous, qui travaillons dans ce milieu, cela veut dire qu’il faut s’adapter en permanence, dans un monde en mouvement.

Autre tendance :

De manière générale, de telles concentrations apportent une forme de valeur (force commerciale mondiale, …) mais l’innovation devient plus difficile.

Et cela recrée des espaces, des niches pour innover.