Archives de catégorie : e-marketing

Amazon ou Amazon ?

Bon, en premier, une copie d’écran du site Amazon :

Page d'accueil du site d'Amazon France

Et maintenant, la même page d’accueil d’Amazon :

Page d'accueil du site d'Amazon Us

Bon, bien sur, la première image, c’est le site français, et la deuxième, c’est la version US du site.

Vous aviez remarqué, vous, à quel point les sites Français et US sont différents ?

D’abord, dans la version US, les boutons, les onglets ont un joli effet 3D.

La barre du haut de page a été considérablement aplatie, ce qui permet de gagner beaucoup de place… pour présenter plus d’informations dynamique à l’utilisateur : la barre française fait 220 pixels de haut, contre 118 pour la barre US : plus de 100 pixels économisés !

La colonne de gauche a également été fortement réduite : on est passé de 156 pixels à 109 pixels, soit une cure amincissante de 30% !

Qui en profite :  la zone centrale évidemment, qui a donc beaucoup plus de place pour afficher des promotions bien centrées, et les produits mieux mis en valeurs.

Ensuite, les catégories ont disparues dans la version US, et quand on passe la souris sur la zone Onglet : Voir toutes les catégories, une fenêtre popup s’affiche automatiquement (Merci Javascript) :

Poup des catégories sur le site Amazon US

Depuis ce popup,  on peut directement sélectionner la catégorie (parmi 40), alors qu’avec l’ancienne ergonomie (la version française), il faut d’abord sélectionner le premier niveau de catégorie puis le deuxième. On gagne donc un clic avec cette nouvelle interface !

Bon, il y a pleins d’autres petites différences …

Ce qui me marque, c’est l’introduction très subtile de ces nouvelles interfaces :

  • Un utilisateur peu habitué à ces nouvelles interfaces ne sera pas dérouté : il y a des boutons bien identifiés, sur lesquels on clique comme sur les bons vieux sites « 1.0 ».
  • Si un utilisateur à un navigateur trop ancien pour interpréter les scripts, pas de problème, l’ergonomie du site reste très acceptable.

Google achète DoubleClick !

L’affiliation, vous connaissez (je l’ai présenté dans ce billet, et j’en parle régulièrement).

Il y avait des rumeurs de rachat de DoubleClick, j’en avais parlé dans ce billet

Le racheteur favori semblait être Microsoft… Mais c’est Google qui achète finalement DoubleClick, pour 3,1 Milliard de $ en cash !

C’est une somme considérable (près du double du montant payé pour YouTube, et pour YouTube, Google a payé en actions).

Cette acquisition est parfaitement logique pour Google : un business de publicité sur Internet, utilisant une plate-forme technique comme plaque tourante entre les différents acteurs, c’est cohérent et complémentaire des solutions de publicités de Google.

Maintenant, l’affiliation en est à ses débuts, et les solutions pourraient être beaucoup plus puissantes : il suffit pour s’en convaincre de comparer l’offre d’affiliation d’Amazon et des autres plates-formes du marché : Amazon est loin devant ! On verra ce que Google fera de Doubleclick, et s’ils mettent le paquet pour distancer la concurrence.

Jérémie en parle également.

La nécessaire hiérarchisation des utilisateurs

C’est l’un des pilier du Web 2.0 : tout le monde s’exprime.

Maintenant, dans certains contexte ou l’on recherche la qualité, l’expression libre et sans règle ne fonctionne pas. Il y a des dérives, des « crottes de trolls » et autres dérapages.

J’en ai la conviction : au dela de la simple modération, la solution, c’est la hiérarchisation des utilisateurs.

Cela veut dire que tous les utilisateurs n’ont pas les mêmes droits, les mêmes pouvoirs. Certains utilisateurs deviennent des « power users ».

Je vais explorer les différents sites qui ont travaillé sur ces aspects, dans différents domaines, et je ferais probablement plusieurs billets sur ce thème dans les jours à venir (vous voila prévenu !)

Ce qui me fait écrire ce billet, c’est ce que j’ai lu sur Citizendium, qui fonctionne avec deux classes d’utilisateurs : les utilisateurs de base et les experts.

Logo Citizendium

Ce site a été créé par l’un des fondateur de wikipedia : Larry Sanger en septembre 2006.

Il faudra suivre donc de près cette expérimentation encore toute fraîche : ce mécanisme à deux niveaux est-il viable sur le long terme ?

Retirer les articles qui ne sont pas en stock, ou pas ?

Un e-commerçant doit il retirer les articles qui ne sont pas en stock ?

Il y a plusieurs chapelles.

Certains marchands ont une politique très claire : les produits proposés dans le site sont des produits en stock.

Discounteo en fait un argument commercial :

Pub Discounteo : si c'est en vente, c'est en stock

D’autres commerçants laissent dans le catalogue les produits qui ne sont pas disponibles. LDLC par exemple associe un code sur l’état des stocks, à chaque produit :

Code sur l'état du stock chez LDLC

Au client de savoir s’il prend le risque de commander un produit non disponible.

Conclusion ?

Pour tout vous dire, je n’ai pas d’avis tranché sur cette question, et je pense qu’en fait, ça dépend du produit vendu et du positionnement du site marchand.

Dans bien des cas, proposer des produits en rupture, c’est occuper de la place sur l’écran des clients pour des produits qui ne sont plus à vendre : dommage ! C’est encore plus vrai quand on laisse le client avancer dans sa démarche d’achat, et que l’information sur la disponibilité du produit ne vient qu’au moment de commander. Pour le client, c’est une mauvaise expérience !

Par contre, dans certains cas, ça peut être une bonne tactique. Je suivais l’autre jour une vente privée. C’était très « stimulant » de voir les produits devenir les uns après les autres non disponibles. Le message implicite était alors : « dépéchez vous, les produits partent très vite ».

DoubleClick fait monter la pression !

Logo DoubleClickDoubleClick est une plate-forme d’affiliation (allez sur ce billet pour en savoir plus sur l’affiliation ou allez ici pour avoir la liste des billets sur l’affiliation).

Logo MicrosoftDoubleClick est pas mal dans l’actualité en ce moment, car il y a des rumeurs de rachat, initialement par Microsoft.

Logo de GoogleIl semblerait que Google soit également sur les rangs, ce qui serait à mon sens vraiment logique : Google est aujourd’hui LA régie de publicité du Web, et l’affiliation est une forme de publicité, avec un fonctionnement bien compatible avec les métiers de Google.

Dans ce contexte, DoubleClick vient de faire une annonce : ils veulent ouvrir un nouveau service, une place de marché de la publicité. Le principe, si j’ai bien compris, serait de mettre en concurence les annonceurs entre eux, avec un mécanisme d’enchère comme sur eBay. Ils annoncent que ce nouveau business devrait dépasser dans les cinq ans leur business actuel.

Quand on est sur le point de se faire racheter :

  • C’est toujours mieux si on peut avoir plusieurs sociétés intéressées ;
  • C’est le bon moment pour faire de bonnes grosses annonces commerciales.

C‘est bon pour la négociation autour de l’acquisition de DoubleClick : ça doit faire monter les enchères !

Autre remarque : cela montre à quel point le business sur Internet est encore mouvant : il y a des nouveaux modèles à inventer.

(Via ReadWriteWeb)

eBay : quel modèle d’évaluation des utilisateurs ?

Les utilisateurs ont de plus en plus la parole, et c’est tant mieux.

Mais comme on l’a vu (dans ce billet par exemple), la mise en oeuvre n’est pas si simple, surtout quand il y a des enjeux financiers importants.

Logo eBay FranceeBay est depuis le début sur un modèle où nécessairement les utilisateurs ont la parole : ce sont eux qui vendent et qui achètent.

Regardons d’un peu plus près comment cela fonctionne chez ce pionier.

Donc, sur eBay, les utilisateurs s’évaluent mutuellement.

L’idée, simple, et très « 2.0 », c’est de se dire :

  • Un gars bien, qui est honnête, aura des évaluations positives. Ces évaluations lui permettront d’avoir une bonne réputation, qui lui sera profitable pour son business : les autres utilisateurs auront tendance à lui faire confiance ;
  • A contrario, un gars « pas clair » aura des évaluations négatives. Ces évaluations permettront aux autres utilisateurs de se méfier de lui.

C’est donc à priori un système vertueux, auto-géré par la communauté des utilisateurs d’eBay.

En fait, dans la pratique, ça ne marche pas si bien que ça. Pourquoi ? C’est simple. La réputation sur eBay a donc une valeur tout à fait fondamentale. Pour un vendeur par exemple, il est très important d’avoir un très faible nombre d’évaluations négatives.

Imaginons par exemple qu’un vendeur ait un problème avec un acheteur. Va-t-il laisser une évaluation négative à l’acheteur ? Non. Non car s’il le fait, il aura certainement en retour une évaluation négative. Pour quelqu’un qui fait vraiment du business sur Internet, et qui passe des mois et des années à avoir une bonne réputation, il vaut mieux ne rien dire, et se garder au maximum des « retours de baton ».

Pour avoir le logo Logo d'un utilisateur eBay ayant plus de 10000 évaluations positives accolé à son identifiant eBay, il faut avoir plus de 10 000 évaluations !

J’en avais discuté avec un gars qui vit de son business sur eBay. Si vous en rencontrez, ils vous diront sans doute la même chose : ils préfèrent perdre de l’argent que d’avoir une évaluation négative. D’autant plus qu’envoyer un « skud » à un autre utilisateur ne permet pas en général de régler le problème de fond.

eBay a bien conscience de ce problème (qui est mentionné dans les pages d’aides sur l’évaluation) mais ne peut pas faire grand chose. En effet, dans la plupart des cas, eBay ne peut pas savoir ce qui c’est vraiment passé, et qui a raison ou tort.


Logo PowerSellerNotons qu’eBay a ajouté une fonction complémentaire importante : les PowerSellers. Un PowerSeller, c’est une caste, constituée de très gros utilisateurs d’eBay, qui, en échange de ce logo, s’engagent à respecter très scrupuleusement la charte de eBay.

Rechercher avec un nuage

Les nuages de mots clés (Tag Clouds en anglais), vous connaissez :

Exemple de nuage de tags

Quintura.com propose un nouveau méta moteur de recherche : c’est à dire un moteur de recherche qui s’appuie sur d’autre moteurs (Google, Yahoo, …).

Quintura permet d’affiner les résultats d’une recherche avec un nuage de mots clés. Exemple, avec « WEB 2.0 » on obtient :

Exemple de nuage de tags avec Quintura

En déplaçant la souris sur les mots clés, on peut afficher d’autres mots clés proches. On peut également cliquer sur un mot, pour l’ajouter à la requête ou le supprimer, et affiner ainsi la recherche.

On peut chercher sur le Web, chercher des images, des vidéos et… on peut également utiliser ce moteur de recherche pour naviguer dans les produits d’Amazon.

Cette nouvelle interface est donc une alternative intéressante pour chercher des articles dans un site marchand.

(Via ReadWriteWeb)

EMailVision : X 10 !

J’étais il y a quelques jours avec Daniel Broche de Discounteo, et on discutait … e-commerce évidement !

Logo de Discounteo

L’un des leviers fort, pour garder le contact avec les clients, c’est bien évidement la « Newsletter » : ça permet d’informer les clients des nouveautés, des promotions, …

Formulaire pour recevoir la newsletter de Discounteo

Daniel me disait qu’en passant par Emailvision, il a multiplié par 10 ses résultats de campagne d’emailing.

Logo EMailVision

Comment ? Le point qui m’a semblé particulièrement intéressant, c’est que dans le cas de Discounteo, Daniel n’a rien changé au niveau de la forme du mail. Le seul changement, ça a donc été le point de routage : qui envoie réellement les mails.

Et c’est sur ce point que Emailvision a creusé l’écart.

Il semblerait en effet que le plus difficile, pour faire des campagnes d’emailing, c’est de passer les filtres anti-spam tout au long de la chaîne, et en particulier au niveau des FAI.

Emailvision travaille ce point, en prenant des engagements très fort sur la nature de ces listes d’email :

  • Ce n’est pas du spam car les utilisateurs de la liste ont tous, obligatoirement, explicitement choisi de recevoir des mails (ce qu’on appel « l’opt-in ») ;
  • L‘option de désabonnement est toujours présente dans chaque mail, et elle est prise en compte dès qu’un utilisateur le demande. Vous savez comme moi que ce n’est pas toujours le cas… J’en connais qui continue à m’envoyer des offres promotionnelles, malgrés mon désabonnement…

Avec ces garanties, Emailvision peut négocier avec les différentes plates-formes des FAI pour ne pas être « black listé » (les mails qui proviennent des serveurs qui sont mis sur ces listes noirs sont systématiquement mis dans la poubelle de spam).

A-t-on encore besoin d’outils off-line ?

Je lisais sur un blog, parlant d’Apollo d’Adobe, une discussion sur le fait qu’on ai besoin ou non d’outils mixte On-line / Off-line ou pas (on-line exclusivement donc).

On n’aurait pas besoins d’outils intégrant le off-line si on était certain d’être connecté, partout, tout le temps.

Je pense que c’est, pour longtemps encore, une utopie.

Oui, bien sur, la technologie avance à grands pas, et il y a de plus en plus de moyens de se connecter. Mais de là à avoir une couverture tout le temps, partout, il y a un « gap » qui mettra du temps à se combler.

Je pensais à ça en utilisant Windows Live Writer.

C’est un logiciel, que m’a fait découvrir Benoit, et qui permet d’écrire des billets pour le blog, en mode off-line. En un clic, on synchronise Windows Live Writer avec son blog et hop, le billet est publié.

Et bien, j’ai beau avoir du Wifi à la maison et au bureau, une connexion 3G en déplacement, je suis très content de ce petit utilitaire et de son mode off-line.

A mon sens, ce genre de produit illustre bien la richesse pour un utilisateur, d’un mix on-line et off-line. On peut utiliser le service sans connection (ou avec une connection de mauvaise qualité), mais la référence, c’est le web, et on sait qu’on devra de temps à autre se synchroniser.

L’avis des utilisateurs : à consommer avec modération !

L’un des pilier du web 2.0, c’est le côté participatif : les consommateurs ont enfin vraiment la parole !

Foule !

Sur un site marchand, les clients peuvent ajouter des commentaires, noter un produit…

J’avais introduit cette fonction dans ce billet.

Mais de nouveaux services apparaissent, en amont des sites marchands. C’est par exemple le cas de OhMyBuzz, ou de Vozavi. L’idée est simple : permettre aux consommateurs de noter les marchands. Le service a potentiellement beaucoup de valeur pour tout le monde. Pour un consommateur, aller sur un site marchand très bien évalué par beaucoup de clients, c’est très encourageant ! Pour un site marchand bien noté, c’est donc un bras de levier fort pour avoir plus de clients.

Daniel en a parlé récemment dans ce billet, ces fonctions « collaboratives » ont des limites.

C’est simple à imaginer, comme il y a des enjeux financiers très importants, il y a des risques très forts que ces services soient détournés.

Imaginez, vous êtes à la tête d’un site marchand. La tentation est grande « d’acheter » une place dans ces moteurs de shopping.

Sur des sites non collaboratifs, comme Kelkoo, pour le « koo » (comme dirait Pierre Chappaz), le deal est clair : payez plus cher que vos concurrents, vous serez en tête de liste !

Mais pour les sites collaboratifs, il faut faire autrement : on imagine les « batteries d’utilisateurs bidons », qui peuvent être délocalisées (j’ai entendu parler de l’Inde ?), et qui vont avoir comme mission de descendre les concurrents et de mettre des avis positifs sur la boite qui commande la prestation.

Bien entendu, les sites collaboratifs vont se défendre, dire qu’ils ont une riposte, qu’il peuvent identifier les fraudes et les modérer.

La réalité, a mon avis, c’est que :

  • Comme beaucoup des services qui donnent la parole aux utilisateurs sont très jeunes et sous-financés, les systèmes de modération ne sont en fait pas en place, ou en tout cas pas à la hauteur des enjeux.
  • Oui, on peut riposter, identifier des fraudes et les bloquer, sauf que c’est une course, et que les fraudeurs trouveront des moyens de contourner les barrières…

Conclusion ?

Je pense qu’on paye la jeunesse de ces nouveaux services. Quand on est sur des services collaboratifs du type Wikipedia, il n’y a pas de confusion, on est à 100% sur un service collaboratif. Mais quand on fait un service collaboratif lié au e-commerce, on arrive sur un terrain où se mélange les idées collaboratives et les enjeux business.

Comme ces services ont réellement de la valeur pour les consommateurs, je n’ai pas de doute sur leur futur, mais je pense qu‘il va falloir du temps pour que ce marché « sédimente » et fasse émerger des acteurs ayant la taille critique et offrant un service plus équitable.