Archives par mot-clé : stratégie

La fin des marques et des marchés de masses ?

Pour certains, Internet, c’est la fin des marques et des marchés de masse.

Grâce au Web, le petit producteur peut vendre directement à ses clients, aux quatre coins du monde.

Cette analyse est en parti portée par des gars comme Jeff Jarvis, auteur en particulier d’un bouquin sur Google.

La théorie est sans doute intéressante !

Intéressant surtout, je pense, de remettre ça en perspective, sur une période de temps un peu plus longue.

C’est en effet le développement des médias de masse (journaux, télévisions) qui ont poussés au développement de marques mondiales, globales.

Alors, au moment ou ces médias vacillent, il est tentant de se dire que le développement des marques peut être complètement remis en question avec l’avènement d’un média réellement différent.

Certe, mais d’un autre côté, d’autres acteurs ont une théorie presque opposée :

Jacques-Antoine Granjon, patron de Ventes privées par exemple (et bien d’autres) ne jurent que par les marques, et pensent qu’Internet de laissera émerger, en fin de compte, que quelques leaders, qui écraseront le marché

Alors, de quoi sera fait l’avenir ?

Le e-commerce réservé aux gros et aux tout petits ?

L’avis de certains acteurs du e-commerce, c’est que ce marché va se simplifier : il y aura les très gros, qui joueront un peu le rôle des supermarchés du monde physique actuel, et les tout petits, qui seront là pour « ramasser les miettes ».

J’ai entendu ça à plusieurs reprises, par différentes sources (hyper secrètes bien sûr 😉 ).

C’est un scénario possible… Mais pas inéluctable.

Pour permettre à tous les acteurs de vendre en direct, il va faloir qu’ils aient des outils aussi puissant que ceux des gros.

Pour moi, c’est pas beaucoup plus compliqué que ça : pour que le e-commerce se développe avec harmonie, avec une vrai offre large, il est fondamental que l’offre de service, de conseil, et logicielle monte en professionnalisme. Et là pour le coup, je pense qu’il va falloir un peu de concentration, pour éviter le morcellement de l’offre, ce qui la fragilise.

C’est pas gagné, mais c’est tout à fait faisable !

D’autant plus qu’en France, beaucoup de grands sites ne sont pas si clean que ça au niveau de leur système e-commerce…

Quelle verticalité ?

Vous qui devez définir votre positionnement sur Internet, vous le savez (ou vous devriez en tout cas) : il faut définir un positionnement clair. Un axe « vertical ».

Oui, ok, mais quel axe ?

C’est là que c’est « fun », puisque les axes se croisent dans tous les sens.

Exemple : Vous pouvez choisir…

  • De tout miser sur une marque (surtout si c’est la votre 😉 ) ;
  • Un type de produit (les appareils photos numérique… Zut, c’est déjà un peu occupé) ;
  • Un accessoire de produits (les batteries, ça marche bien) ;
  • Un usage, une situation, une activité (le yoga, le golf, …) ;

On peut imaginer tous les axes que l’on veut :

  • Une couleur ;
  • Une matière ;

On n’arrive pas à 60 000 sites avec un seul type de positionnement !

Allez, bonne chasse à tous !

Et une petite devise Shadok pour le WE :

La valeur créée par la finance

Histoire entendue sur France Inter, lors de l’émission : Rue des entrepreneurs.

L’invité qui parle est Yvon Gattaz.

Je dois avouer que je ne connaissais pas, mais que j’étais parfaitement en phase avec son discours : l’importance d’un capitalisme « contrôlé » (il en parle en prenant le foot comme analogie), le plaidoyé pour des entreprises à capital humain…

Voici l’histoire qu’il a raconté (de mémoire…), pour illustrer l’activité des financiers, et la valeur créée :

Un gars trouve un diamant.

Tout heureux de sa découverte, il va voir son voisin, qui lui propose de l’acheter. L’affaire est conclue sur le champs.

Mais cette histoire trotte dans la tête du gars, qui se dit que si son voisin a acheté aussi vite le diamant, c’est qu’il a du le vendre pas assez cher.

Le lendemain, notre amis s’en va revoir son voisin, et lui propose de racheter le diamant, 10% plus cher que le prix de la veille.

Vous imaginez la suite, le diamant est ainsi échangé, tous les jours, en prenant 10% par jours.

A un moment, l’un des deux compère se dit que le prix est peut être trop élevé, il décide de ne pas racheter le diamant.

L’autre lui dit : « Hey, tu ne peux pas arrêter, cette histoire nous fais bien vivre ! »

Belle métaphore, non ?

Votre business est il pérenne ?

Vous avez du flair.

Les jeunes achètent des quantités de jeux vidéo.

Ils les payent assez cher et s’en lassent vite.

Vous observez le comportement de cette « tribue » : les échanges vont bon train.

C’est comme ça que vous avez eu l’idée de monter une chaîne de magasin de vente et d’échanges de jeux vidéo.

Votre business s’est bien développé. Vous avez pas mal de magasins, un peu partout.

Mais le monde change, tellement vite !

Quelques années seulement après avoir monté cette belle boite, tout votre édifice se fissure : les jeux vidéos se dématérialisent !

Plus de support, les consoles sont connectées directement sur Internet.

votre business s’écroule !

Cette petite histoire pour planter le décors : le monde évolue.

Une offre est hyper innovante un jour, elle se développe, puis… meure.

Pour vivre, l’entreprise doit se réinventer, se repositionner.

Finalement, bien des entreprises restent sur le carreaux au moment ou une rupture fondamentale leur tombe dessus.

Pourquoi ?

Hey, parce que c’est pas simple ni facile de se réinventer !

Et puis, dans ce cas là, de jeunes entreprises se construisent directement sur le nouveau modèle. Vous vous croyez fort, vous vous dites que vous avez des avantages clés : une équipe, du cash, …

Oui, c’est vrai. Mais d’un autre côté, vous avez des contraintes, vous ne pouvez pas basculer si simplement que ça d’un monde vers l’autre…

C’est la vie, la roue qui tourne.

Certains s’adaptent, passent de belles ruptures (IBM est un exemple extraordinaire…), d’autres restent sur le carreau.

Pour beaucoup, le e-commerce est une rupture…

Pour bien franchir l’obstacle, il faut en premier bien identifier qu’il y a un obstacle (et donc ne pas dire : « le e-commerce, rien de nouveau »…), puis il faut s’organiser pour y aller, à fond, tout en maintenant les autres activités…

Besoin d’un coup de main ?

Endless : la stratégie de l’essai en grandeur réelle

Vous connaissez Endless ?

C’est un site, qui vend différents types de produits, chaussures, sacs à main, …

Ce site a été lancé par Amazon.

Je ne pense pas qu’il s’agisse, pour Amazon, de vendre.

Enfin si, le site permet de vendre bien sûr, mais l’enjeu n’est pas là.

Je pense qu’il s’agit d’une stratégie très intelligente de la part d’Amazon.

Je crois en effet que ce site est en fait un laboratoire, qui permet de tester des nouvelles façons de construire le site :

  • Nouveaux systèmes de filtres dynamiques pour choisir les produits
  • Processus achat géré différemment

Une fois que ces idées ont été validées, Amazon peut les incorporées sur son site.

Je n’ai pas de preuve, mais un exemple particulièrement frappant : Le processus achat, extrêmement dépouillé, utilisé actuellement sur Amazon, a d’abord été en ligne sur Endless.

Je trouve cette stratégie particulièrement percutante !

Quand on a un site qui vous fait vivre, ce n’est pas si facile que ça de la modifier.

Bien sur, on peut (doit !) utiliser l’AB Testing, ou son cousin plus malin MVT pour être certain que les modifications sont positives, mais c’est surement une excellente façon de gérer la R&D : tester sur un cas réel.

Donc, à mon sens, il n’y a pas concurrence entre Endless et Zappos ;).

Discounteo racheté ?

D’après le JDN, Daniel aurait vendu Discounteo à GPDis !

Beau parcours pour Daniel, qui a monté de toute pièce ce site, et a donc créé une marque, une entreprise avec une vrai image de qualité.

Dis, Daniel, tu nous en diras plus ?

En tout cas, ce n’est pas sur la page d’actualité de GPDis qu’on en saura plus : la page est vide !

Cela montre au passage qu’il ne suffit pas de créer des entrées dans un site pour que ça marche : il faut également penser à les alimenter !

Amazon rachète Zappos !

La news est tombé hier soir : Amazon rachète donc Zappos, pour quelques 847 M$ !

Logique de la part d’Amazon, qui reconnait par là même la qualité du travail réalisé par Zappos sur son marché : a l’origine, la vente de chaussures en ligne, bien diversifié aujourd’hui : vêtements, bagages, montres, lunettes de soleil…

Maintenant, quel va être la suite pour Zappos ?

A en croire la note sur le blog du CEO de Zappos, Amazon devrait « respecter » Zappos : sa culture, ses équipes, ses méthodes.

C’est tout l’enjeu pour Amazon : faire que le maximum de valeur soit créé de cette fusion, en respectant l’esprit de Zappos.

(via 2803)

Update

Je me pose deux questions :

1) Pourquoi Zappos s’est il laissé racheté ?

2) Quelle est la logique derrière la valorisation de Zappos ?

Pour la question 2, j’ai trouvé sur Wikipedia des infos sur le chiffre d’affaires de Zappos : 840 M$ en 2007.

Voici les autres chiffres récoltés :

2000 $1.6M, 2001 $8.6M, 2002 $32M, 2003 $70M, 2004 $184M, and 2005 $370M (ici)

Si on prend l’hypothèse que Zappos a réussi a poursuivre sa croissance, même ralantie, on arrive donc à une acquisition dont l’ordre de grandeur est inférieure au chiffre d’affaires.

Il ne s’agit donc pas d’une valorisation très élevée.

A titre de comparaison, Amazon réalise un chiffre d’affaires en 2008 de 13 milliard $, et est valorisé autour de 38 milliard $.

J’en déduit que Zappos devait avoir un problème…

Quel problème ?

Peut être au niveau de la plateforme technique, puisque dans son blog, le patron dit qu’il souhaite un coup de main d’Amazon sur ce sujet ?

B2B – Chasser le mamouth ou le lapin ?

Imaginez… il y a 200 000 ans.

Vous sortez de votre caverne, et votre mission est d’amener à manger à vos proches.

Qu’allez vous chasser ?

Vous êtes le roi de l’organisation. Vous avez de l’ambition.

Vous aller partir à la chasse au Mamouth.

C’est bon le mamouth.

Et surtout, ça en jete. Revenir avec un bon gros mamouth, ça calme.

Et puis, on a à manger pour pas mal de temps.

Donc, c’est parti. Vous avez repéré des traces, et vous partez, avec votre petite équipe, à la chasse au mamouth, avec tout l’équipement nécessaire (gros gourdins, pieux, …).

Mais c’est que c’est gros un mamouth. Et il faut se méfier. C’est dangereux. Qui va chasser l’autre en fait ?

Vous êtes tout à votre chasse, depuis plusieurs jours…

Pendant ce temps, quelques individus de la tribu ont fait un autre choix. Ils sont parti, légers, à la chasse au lapin.

Juste avec un arc, quelques flêches, cette bande là ne perd pas de temps à élaborer une stratégie : hop un lapin, hop une flèche, et zou, un lapin de plus attaché à la ceinture.

Le soir, la première équipe n’est pas revenue… Et elle ne reviendra pas avant quelques jours. Peut être avec un mamouth, peut être sans.

Mais la deuxième équipe est là, et bien là, bien avant le coucher du soleil.

Qui nourrit la tribu au final ?

(je n’ai pas inventé cette histoire… Le « copyright » est de Pierre Haren, Mr Ilog)

Le silence par le bruit ?

Vous seriez Apple, vous feriez comment pour garder des secrets ?

Difficile, avec la vitesse de diffusion de l’information sur Internet !

Difficile, quand n’importe quel sous traitant peut diffuser n’importe quelle photo, qui sera reprise sur des milliers de sites…

Je me disais que, si j’étais en charge de ce dossier (garder le secret donc), je monterais une petite équipe chargé de distiller des « fakes », des pistes bidons quoi.

Oui, ma solution, ça serait de garder le secret en donnant tellement de pistes aux internautes qu’à la fin, personne ne pourrait plus savoir ce qui est vrai de ce qui ne l’est pas.

Et vous, vous feriez comment ?