Archives de l’auteur : François

L’incroyable ascension de Criteo

Critéo, c’était une petite startup de 30 personnes il y a 3/4 ans.

C’est aujourd’hui une boite de plusieurs centaines de personnes, qui prévoit encore 200 recrutements, présent dans 30 pays, qui fait un chiffre d’affaires en centaine de millions d’euros.

Wouaou ! C’est incontestablement la plus belle startup Française !

Bravo à l’équipe, aux équipes R&D, Marketing, opérationnelles, Commerciales.

C’est un vrai challenge de gérer une telle croissance.

J’étais invité ce soir pour l’inauguration de leurs nouveaux locaux.

J’ai pu ainsi croiser Fleur Pellerin, venu saluer le fleuron de notre technologie.

Bon, j’ai appris le même jour qu’on avait un retour de la taxe google et d’une taxe spéciale e-commerce… L’envie de financer les boites en difficultés par les boites de la nouvelle économie n’est pas éteinte, il va falloir se battre !

On a déjà parlé à ce propos de l’inepsie de vouloir renflouer la marine à voile par une taxe sur la marine à vapeur. L’image est bonne.

J’ai pu échanger avec différentes personnes de chez Critéo.

Pour eux, leur force, c’est la focalisation sur ce métier.

Mais c’est quoi leur métier ?

Et bien, d’après ce que j’ai compris, leur coeur de valeur, c’est ce métier d’intermédiaire, entre les boites qui proposent des espaces publicitaires et les annonceurs.

Une autre façon de le dire, c’est de dire que le coeur de valeur est de transformer le CPM en CPC.

Cela va donc bien au  delà du retargetting.

Criteo pense par exemple proposer des publicités pour des clients qui ne sont jamais venu sur le site.

Comment ? Et bien en achetant des données, permettant de cibler les internautes.

Sur la focalisation donc, les équipes de Critéo sont bien plus nombreuses que les équipes de Facebook sur le même sujet.

Et oui, Facebook a beau être très gros, ils ratissent très large, et ne peuvent pas mettre les mêmes moyens que ce que fait Critéo sur son métier.

Il s’agit donc bien d’une course. Critéo doit continuer à se développer très vite et très bien, pour garder son avance.

Le retargetting à la sauce Facebook

Le retargetting, vous connaissez :

  • Vous allez sur un site e-commerce, vous naviguez sur le site
  • Vous allez ensuite sur d’autres sites, en particulier des sites de contenus (journaux en ligne…)
  • Là, oh surprise : on vous propose des publicités avec une sélection de produits particulièrement pertinent par rapport à la visite du site e-commerce

La star mondiale du sujet, c’est Critéo, une des plus belle startup Française (soirée Critéo ce soir d’ailleurs…)

Bon, ça, c’est le retargetting tel qu’on le connait aujourd’hui.

Facebook s’intéresse de près au sujet, et devrait annoncer Facebook Exchange : une solution solution de retargetting spécifique pour facebook.

Intéressant à suivre, parce que Facebook cherche a augmenter ses revenus publicitaires, et qu’ils disposent de données très riches sur les utilisateurs de Facebook, ce qui pourrait permettre un retargetting plus précis, voir viral ?

A voir aussi sur quelles support Facebook Exchange communiquera : sur les pages Facebook ou plus largement sur tout sites acceptant des publicités ?

J’espère pouvoir en discuter ce soir avec Critéo 😉

(via techcrunch)

 

Architecture du système d’information e-commerce – 2

Voici donc la suite de ce billet, ou l’on parle donc de l’architecture du système d’information.

Vous avez donc un moteur e-commerce en place.

Vous avez créé un lien vers une solution de comptabilité, qui permet d’automatiser la descente des commandes dans la compta.

La question intéressante, c’est la gestion des clients :

La moteur e-commerce propose bien sûr une base client.

En fait, on gère plusieurs choses très différentes associées aux clients :

  • Le compte utilisateur, utilisé pour se connecté sur le site et pour effectuer des achats
  • L’abonnement à (aux) news letters
  • La liste des commandes passées par le client
  • L’historique associé au site : liste des visites, produits et catégories visitées, liste des paniers, des recherches…
  • Les emails envoyés, liés au traitement des commandes (ce qu’on appelle souvent les emails transactionnels)
  • Les emails marketing envoyés (newsletter, relance suite à abandon de panier, …)
  • Les échanges avec le client, suite à un appel de sa part ou suite à un problème. Cela peut être en avant vente, ou en après vente. Ces échanges peuvent se faire sur différents suport : téléphone, chat, mail. Un échange peut mixer différents support (le client appelle, on lui répond par mail, …)
  • Les éléments liés à la fidélité : carte, points accumulés, …
  • Les éléments liés à des opérations commerciales : bons de réductions, …

Et pour les entreprises multi canal, on doit gérer des informations liés à chaque canaux.

Comme je le disais, la brique e-commerce gère une partie de ces informations, mais pas toutes, et la brique e-commerce ne couvre pas tous ces besoins.

Si on « laisse aller les choses », on va avancer par petites touches sur tous ces sujets, sans avoir un référentiel client : un endroit ou stocker toutes les informations associées au client.

On va donc rapidement se retrouver avec un système composé de briques hétérogènes, sans cohérences les unes avec les autres.

Une première solution peut consister à enrichir la solution e-commerce avec des éléments CRM.

Malheureusement, cette solution n’est pas très réaliste, dès que les enjeux deviennent un peu important.

On doit donc aller rapidement vers une architecture ou on a au moins deux briques : une brique e-commerce et une brique CRM.

Déjà, si on arrive à tout couvrir avec seulement deux composants, c’est très bien.

Ce n’est pas si facile parce qu’il n’y a pas, aujourd’hui, de solution CRM qui couvre bien tous les sujets.

On doit donc partir de solutions existantes, et les adaptés au contexte du e-commerce.

Dans cette configuration, on aura toujours 2 bases clients : celle de la solution e-commerce et celle de la solution CRM.

Il faut donc bien définir les flux d’échanges entre ces solutions, de manière a garder la plus grande cohérence entre ces système.

Il faut éviter, en particulier, de dupliquer toutes les données. Pourquoi ? Parce que si on duplique toutes les données, il faudra constamment tout synchroniser, pour que les données restent à jour.

On doit donc chercher un juste milieu, certaines données sont copiées, et d’autres non.

Niveau métier, il faudra travailler avec plusieurs back offices. Si on a les moyens, on peut également développer des passerelles « profondes » entre les solutions : je suis sur une commande, sur la solution e-commerce, et d’un clic, j’arrive sur la fiche du client qui a passé cette commande, dans le système CRM.

 

Site e-commerce cherche désespérément une charte graphique web

Une charte, c’est un ensemble de règles, qu’on va appliquer sur l’ensemble du site.

Cela doit définir la façon de présenter les différents éléments du site : les boutons, les liens, les images, les menus, …

Une charte doit en même temps permettre aux créatifs de s’exprimer, et… aux clients d’acheter !

Finalement, peu de sites sont réellement construits à partir d’une vrai charte.

C’est vraiment dommage, parce que le gain apporté par une charte est énorme :

  • Gain pour le développement, puisqu’on pourra réutiliser des composants standards, développés pour correspondre à la charte
  • Gain en temps de réponse, puisqu’on pourra factoriser pleins d’éléments : Javascript, CSS, images. Ces éléments ne seront chargés qu’une fois pour l’ensemble du site
  • Gain en performance commerciale, parce que l’internaute « apprend » inconsciemment et s’y retrouve mieux… pour peu qu’on ai respecté quelques règles standard du web

Amusez vous a regarder les sites : quels sont ceux qui proposent une interface cohérente ?

Et vous, que proposez vous à vos clients

Vous faites entrer combien de variables dans un graphique ?

Le dernier article : le monde en mouvement, donne une très bonne vision sur … pleins de choses : l’évolution du monde en 200 ans, les grands évènements historiques, les écarts, à différents moment de l’histoire, entre les continents et les pays…

Et tout ça avec un seul graphique !

Tout l’art ici est de choisir la bonne représentation, pour qu’en regardant le graphique, les choses apparaissent comme évidentes.

Dans cet exemple, on a :

  • Couleur des cercles : continent
  • Cercle : pays
  • Taille du cercle : population du pays
  • Axe Horizontal : Revenus moyens par habitant
  • Axe Vertical : Durée de vie moyenne
  • Temps : Temps. Le graphique est animé, et les déplacements dans le temps montrent les évolutions des autres paramètres dans la durée.

On a donc 6 paramètres dans un seul graphique !

Et tout cela donne du sens : le graphique est un support aux idées de Hans Rosling.

Ce résultat, qui apparait comme évident, ne est le résultat d’un vrai travail.

Bien souvent, quand on fait des graphiques, on ne prend pas le temps de réfléchir à la lisibilité du graphique, et les choses ne sont pas claires : la lecture n’est pas intuitive, et cela ne donne aucun sens particulier.

Bon, bien sûr, le cas de Hans Rosling est extrême, puisque ce gars a quasiment mis sa vie à construire ce graphique.

Mais cela donne un bon « benchmark » pour construire des tableaux de bords : quelle histoire veut on raconter, quelles sont les données essentielles, et comment les mettre en avant ?

 

De l’importance de bien utiliser une solution e-commerce

Vous avez de grandes ambitions, et vous souhaitez refaire votre site e-commerce.

Vous avez fait (ou fait faire) un cahier des charges.

Vous avez choisi une solution open source (prestashop ou magento) et vous avez sélectionné une bonne agence, qui va faire les développements.

Quelques mois plus tard, le nouveau site est en ligne.

Bien sûr, tout n’a pas été facile : certaines fonctions qui étaient dans le cahier des charge n’ont pas été développées. Le planning a dérapé, …

Mais bon, globalement, le nouveau site est là, et vous êtes plutôt content d’avoir un nouvel outil, qui va vous permettre de décrocher la lune.

…

Rapidement, vous déchantez. On vous avait vanté les mérites de la solution open source choisie, la richesse fonctionnelle, les milliers de modules, la communauté.

Votre sentiment est d’être coupé de tout ça !

Pourquoi ?

Parce qu’a chaque fois que vous voulez ajouter une fonction, qui normalement s’active d’un simple clic depuis le back office, votre site est tout cassé.

Ou alors vous installez un module, et le résultat est le même : au mieux, le module ne fonctionne pas. Au pire, il casse le site.

Pourquoi tant de haine ?

La raison est simple : l’agence qui vous a développé votre boutique n’a pas respecté les standards de la solution. Au lieu de faire des développements sous forme de modules, de respecter l’architecture de la solution, ils ont « tapé dans le dur » et modifié directement le code du coeur de la solution.

Le résultat est que la boutique fonctionne… Mais que plus rien n’est évolutif. Vous devez faire développer toute évolution.

Moralité : il est super important de bien valider que la boutique que vous développez respecte les choix d’architecture de la solution retenue.

Une nouvelle rupture dans le web : les écrans ultra haute résolution

Apple a sorti un nouveau portable, le macbook pro retina.

Avec ces 2 880 x 1 800 pixels, on est bien loin des écrans classiques d’ordinateurs.

Ce n’est pas le premier écran ultra haute résolution, puisqu’Apple a sorti, il y a quelques mois, le nouvel iPad, qui a également une très haute résolution (de 2 048 x 1 536 pixels).

C’est une vrai rupture, parce que cela change le contenu à gérer pour un site e-commerce (ou un site en général).

Pour avoir un affichage nickel, sur un tel écran, il faut envoyer des photos adaptées, avec une résolution bien plus élevée.

Cela touche les photos, mais également toutes les images du site : image pour les boutons, les éléments de décoration du site, …

Je ne vais pas entrer dans la technique, mais on peut adapter son site de manière a afficher de très belles photos sur de tels écrans.

Cela pose plusieurs problèmes :

  • Si on met les mêmes photos sur tous les écrans, on charge le poids de toutes les pages, alors que ces images ne sont utiles que pour certains écrans.
  • Un utilisateur peut avoir un écran ultra haute résolution, mais avoir un débit faible. Si on lui met des images trop lourdes, il aura un bel affichage, mais devra attendre trop longtemps.

On est donc en face d’une nouvelle rupture, qui impacte la façon de réaliser les sites web.

 

L’ergonomie incitative : il reste du travail !

Prenons les plus gros sites e-commerce (d’après le classement de la Fevad, et en enlevant les sites étrangers) :

  • CDiscount
  • Priceminister
  • Fnac
  • Voyages Sncf
  • La Redoute
  • VentePrivée
  • Pixmania

Je m’arrête là.

Ces sites mettent ils en place les principes de l’ergonomie incitative ?

Pour rappel, les principes de l’ergonomie incitative sont assez simples.On peut résumer de la façon suivante :

L’idée est de proposer à l’internaute un « chemin unique », balisé par un code graphique sans ambiguïté.

Concrètement, sur les sites marchands, il s’agit bien sûr de baliser le chemin, depuis l’ajout au panier jusqu’à la confirmation de commande.

Donc, le bouton auquel on veut associer l’ergonomie incitative doit avoir la même forme, la même couleur, les mêmes codes graphiques, sur toutes les pages.

De plus, la couleur doit trancher, par rapport à l’ensemble des autres couleurs du site.

Petit plus appréciable : le bouton est encore plus incitatif s’il change au survol et au clic.

La référence dans le domaine, je ne vais pas vous étonner, c’est Amazon bien sûr, avec son code graphique bien connu :

(on verra, sur un autre billet, la différence entre ergonomie et ergonomie incitative)

Allons voir sur les sites en tête du classement ce que ça donne.

Premier candidat : CDiscount

Le bouton d’ajout au panier est bien sur un code couleur qu’on ne retrouve nul part ailleurs.

Sur la page panier, les choses se gâtent :

…

Le bouton qui devrait être incitatif, c’est le bouton « passer commande », tout en bas de la page.

La bande verte au dessus « mon panier » reprend les codes couleurs incitatifs. On n’est donc plus avec de l’ergonomie incitative, le bouton est noyé dans la page (et tout en bas en plus).

Deuxième candidat : Priceminister

On n’a pas d’ergonomie incitative : la couleur du bouton est bien trop proche de la couleur du logo, et de la couleur du bouton Rechercher.

Sur les pages suivantes, le bouton principal devient rouge, puis bleu sur la page d’après…

Donc, on est bien loin d’une ergonomie incitative.

Troisième candidat : Fnac.com

La couleur du bouton est celle du logo, et cette couleur est reprise un peu partout sur le site.

Dommage, car sinon, d’après ce que j’ai vu, ce site a fait un véritable travail de fond pour avoir une vrai cohérence sur les boutons, dans les différentes pages.

 Quatrième candidat : Voyage-Sncf

La aussi, il y a eu un vrai travail d’armonisation des boutons, mais la couleur ne ressort pas du tout : bleu sur bleu…

 

Bon, vous aurez compris l’idée : même les plus grands sites ne mettent pas en place certains principes de base de l’ergonomie incitative.

Vous pourrez me dire : et alors ? Ils ne s’en sortent pas plus mal.

Et bien ça se discute 😉

Bien sûr ces sites font de beaux chiffres. Mais ils pourraient faire mieux… Améliorer le taux de transformation, sur de tels sites, c’est super important, comme sur n’importe quel site en fait.

Mais les sites sont gros, les chemins de décisions pas toujours linéaires… Et les sites s’en ressentent.

Le côté positif, c’est que ça montre qu’on a du chemin à faire, des marges de progression 😉