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le e-commerce en chine – mythe et réalité

Le e-commerce est en croissance forte en France et dans le monde.

La chine est globalement en croissance forte.

Alors, le e-commerce en chine, ça doit « exploser tous les compteurs » ?

Peut être. J’ai vu différents chiffres circuler. Je vais essayer d’y voir plus clair.

Le Journal du net

Article ici.

Les chiffres sont les suivant :

  • 260 Milliard € sur un le premier semestre 2010.
  • Croissance de 60% par rapport à 2009
  • 410 Milliard € sur 2009
  • 420 Millions d’Internautes

Bon, ça semble intéressant comme marché.

Si on extrapole un brin, ça fait 650 Milliard € sur 2010 (croissance de 60% de 410 Milliard).

Hum.

On n’a pas, dans ces chiffres, d’estimation sur le nombre d’acheteurs. Mais si on prend l’hypothèse que 60% des chinois achètent en ligne, ça fait :

(260 Milliard * 2) / (420 Millions * 0,6) = 2000 €

Soyons clair : je n’y crois pas. Les chinois ne dépensent pas 2000 €, et il n’y a probablement pas 250 millions d’acheteurs en ligne.

Le bug vient, au moins en partie, du fait que le chiffre d’affaires représente l’intégralité des transactions, B2B et B2C.

Poursuivons la visite.

Business Immo

Article ici

L’article parle d’un rapport, avec les chiffres suivants :

  • Chiffre d’affaires total (B2B, B2C, C2C) 2010 : 510 Milliard €
  • 58 Milliard € sur le marché grand public (B2C etC2C)
  • 158 millions d’acheteurs en ligne
  • 450 Millions d’Internautes
  • 25 000 sites de vente en ligne
  • 22% de croissance par rapport à 2009

Cela fait donc, en moyenne :

58 Milliard / 158 Millions = 370 € par acheteur.

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je trouve ça très très élevé.

Cela fait, si le panier est de 50 €, 7 achats par acheteur en moyenne. Cela me semble encore trop élevé, surtout quand on voit le nombre de site, qui est, en proportion, très très faible (à comparer par exemple avec les 80 000 sites français).

Autre point que j’ai du mal à m’expliquer : c’est quoi les 450 milliard € de chiffre d’affaires B2B ?

Cela correspond à quel business ?

AFP / Yahoo News

Article ici

Troisième et dernier article analysé.

Cet article cite plus clairement sa source : un communiqué venant des autorités chinoises.

On retrouve a peu près les chiffres proposés par Business Immo

Mon grain de sel

Je pense que les chiffres sont probablement gonflés, mais cela ne change pas un élément fort : la chine représente une très grosse opportunité sur le domaine du e-commerce.

Maintenant, il serait intéressant d’en savoir plus sur des sujets bien opérationnels :

  • Quid de la livraison ?
  • Et le paiement en ligne ?
  • Quels sont les contraintes pour avoir le droit de vendre en chine ? Il faut probablement créer une structure chinoise.

Autre point : j’ai eu la chance de travailler pendant un an avec la chine.

Ce que j’ai vu, c’est qu’il y a deux chines : une classe aisée, et une classe (très) pauvre.

Savez vous qu’ils se dit que  la chine est le plus gros client pour les BMW série 7 (les plus chères) ?

Ce que je veux dire, c’est que la classe aisée est très aisée, et qu’elle achète les mêmes produits que nous, les mêmes marques.

Cette classe représente un faible pourcentage de la population chinoise, mais comme la population chinoise se mesure en milliard, ça fait un très gros réservoirs de clients « riches ».

Je ne suis pas sûr que le chinois qui travaille loin des villes soit réellement intéressé, aujourd’hui, par le e-commerce.

Après, ça peut changer vite !

Le prix du logiciel : par rapport à ce que ça coute ou par rapport à ce que ça fait gagner ?

Encore un billet sur le prix du logiciel 😉

Il faut dire que c’est un vrai sujet !

Du point de vue de l’éditeur, a la base, la réflexion est simple : il faut vendre le logiciel le plus cher possible.

C’est bien le but de toute boite, de maximiser ses revenus, pas d’état d’âme là dessus.

Donc, vous avez une solution différente de ce qui se fait sur le marché, vous répondez à un vrai problème chez vos clients, vous pouvez faire payer un prix, à l’échelle du problème traité chez le client.

C’est logique, ça se tient.

Cela peut même créer un « prix de marché » si vous êtes avant les autres, et les autres utiliseront votre référence pour s’aligner, se comparer.

C’est comme ça que l’industrie du logiciel a un « pricing » basé sur des critères plus ou moins rationnels…

Ce prix n’est pas lié aux coûts de productions, de R&D en par exemple.

Le problème, car il y a un problème, c’est que vous créez, mécaniquement, une opportunité.

Vous créez une opportunité car, si il y a un grand décalage entre le prix de vente du logiciel, comparé aux coûts de de productions, un autre acteur peut rentrer sur le marché, et « faucher plus raz ».

A l’extrême, c’est ce que font les éditeurs de logiciels « open source », qui proposent une solution non pas gratuite, mais bien moins cher que les autres solutions du marché (je pense à des Talend, Sugar CRM, …).

C’est une extrême, je trouve, car on se retrouve avec une autre distortion : on vend le logiciel à un prix très très faible, et on espère vivre sur le conseil, le service à haute valeur ajoutée.

Ca peut marcher (talend ou sugar crm…) mais c’est un peu « tordu ».

Je préfère, si j’ai le choix, un modèle plus « franc du collier », avec un prix en lien avec la R&D donc.

Là, on entre dans une autre discussion : comment répercuter le prix de la R&D sur du logiciel, puisque la vente de ce logiciel ne va pratiquement pas engendrer de coûts de production (ce qui n’est pas le cas, par exemple, pour une voiture 😉 ).

La réponse est simple :

On sait a qui on doit vendre son logiciel, la cible donc.

On estime la part du marché accessible, bref, on estime le nombre de licence qu’on va vendre.

A partir de là, on peut calculer le prix de vente du produit (R&D + coûts opérationnels + coûts marketing + marge).

Cela veut dire qu’il y a un lien entre la cible et le prix.

Et c’est logique : un logiciel distribué à des milliers de clients n’a pas le même prix que s’il est vendu à 3 exemplaires.

La flexibilité des prix, je trouve que c’est un sujet passionnant.

Regardez ce qui se passe sur les jeux pour iPhone :

Le prix des jeux était, en moyenne, pour les consoles, autour de 30 / 45 €.

Ce prix a complètement été revu, sur l’iPhone.

Les meilleurs jeux sont à moins de 10 € !

Mais les volumes ne sont pas les mêmes, la cible n’est pas la même, les circuits de distribution non plus.

Cette souplesse, cette réactivité, n’a pas été copié sur d’autres secteurs, qui devraient pourtant en prendre de la graine !

Grandes tendances 2010 – 2011

Fin d’année : c’est le bon moment pour faire un petit coup de rétro viseur sur l’année écoulée, et sur les évènements à venir.

Au niveau de l’internet (et de son environnement), voici de mon point de vue les grandes tendances, démarrées en 2010 :

  • L’explosion des tablets, avec bien sûr l’iPad en tête. C’est un mouvement important, parce que, de mon point de vue, c’est un mouvement qui renforce la sortie de l’internet du PC… D’ici quelques années, les PC, appareils à « tout faire », auront été remplacé par des appareils orientés usages… Bon, on n’y est pas, mais c’est bien la direction qui est prise.
  • Le déclin des GPS : quels sont les appareils qui sont « mangés » par le mobile ? autant je ne crois pas du tout à la disparition des appareils photos, autant je pense que le GPS ne résistera plus très longtemps…
  • L’explosion du marché des téléphones Androïd : A voir si cette évolution se confirme… J’aurais plutôt tendance à y croire, même si la séparation entre l’OS (Google) et les fabricants rend les choses moins simple que chez Apple.
  • L’évolution des formats du Web avec le développement rapide et anticipé du HTML 5, et la baisse du format Flash, boudé par les terminaux d’Apple. La vitesse de cette évolution m’impressionne… Cela montre, une fois de plus, la jeunesse du marché Internet, et la vitesse d’évolution. Pas le temps de s’endormir 😉
  • La généralisation du web temps réel : Tweeter est passé par là. Le web est de plus en plus temps réel… et google s’adapte.
  • L’arrivée à maturité des solutions d’hébergement en cloud computing. Exemple : Amazon EC2. Cela permet de déployer très rapidement de très belles plateformes… Hein Laurent ?
  • Les grandes manœuvres sur la 3D… Avec la sortie de la DS 3d, de tout un tas de capteurs 3d (caméras et appareils photos) et d’écrans en tout genre (téléphone portable, pc portable, tv…). Il ne manque plus que le contenu ;). ça démarre logiquement avec des jeux…

Au niveau de notre petit monde e-commerce :

  • Les grandes manœuvres des éditeurs, avec, par exemple, le rachat de ATG par Oracle… On ne peut pas rester neutre face au rachat de Sun par… Oracle (encore 😉 ). Sun, c’est Java, MySQL, … Que vont devenir Et c’est pas fini ! Qui va racheter Magento en 2011 😉 ?
  • Le développement du e-commerce sur les réseaux sociaux. Vu le temps que passent les internautes sur Facebook, il est raisonnable d’aller y faire un tour pour assurer sa présence sur ce média.
  • Le développement de nouvelles solutions e-commerce. Exemple, en France, 2010 est marqué par l’arrivée de deux acteurs qui me semblent particulièrement important : Hybris et Demandware.
  • Les grandes manœuvres des leaders du e-commerce : Avec Amazon qui continue à acheter à tour de bras, mais aussi Rakuten, et son rachat de Price Minister… En France, les leaders e-commerce sont dans une double situation : manger et être mangé. Il y a eu pas mal de rumeurs cette année sur le rachat de Vente Privée… Que va-t-il se passer en 2011 ?

Quels sont les évènements majeurs, qui peuvent impacter notre activité préférée, en 2011 ?

  • La domination actuelle de Google. Google est LE fournisseur d’Internautes, tant « naturels » (référencement naturel) que payant (adwords). Cette absolue domination est elle pérenne ? Pas sûr… Google a bien sûr mis en place des barrières à l’entrée très élevées : qui a les moyens de déployer des milliers de serveurs dans le monde entier ? N’empêche, le conflit d’intérêt évident entre les deux activités (SEO et SEM) est tellement évident… Ajoutons à celà que le modèle de Google est basé sur l’indexation de pages HTML… Modèle qui évolue rapidement, avec l’évènement du HTML 5, pour aller vers des applications interactives… dont l’indexation est nécessairement très différente. La notion de lien est au fond une notion qui évolue.
  • La sortie de Chrome OS : Google (encore !) est très crédible sur cette offre… Cette sortie peut annoncer une évolution forte des PC, plus « net » que jamais. A voir l’impact, pour le e-commerce. Je pense en particulier aux « applications » : un peu comme sur l’App Store d’Apple, Chrome OS permettra d’installer des applications. Si ce terminal prend, il deviendra donc nécessaire d’avoir une application… Encore une de plus !
  • La montée en puissance, de leaders Internet, sur la fourniture de solutions orienté e-commerce. Amazon ? Google ? Ces acteurs ont bien pris cette direction là, et depuis longtemps… 2011 sera-t-elle l’année de l’émergence de solutions matures, pour aider les e-marchands à monter leur plateforme ?
  • L’émergence d’un nouveau « stack » : ce point est un peu plus technique… Mais bon, monter un système e-commerce, c’est un peu technique, non 😉 ? Donc, j’ai la conviction que les piles actuelles, LAMP ou Java, ont montrées leurs limites. Je crois qu’il y a la place pour une nouvelle solution, a la hauteur des enjeux : rapide, fiable, « vert » et adapté au contexte actuel du web : applicatif, multi-canal. Il y a pas mal de pistes en cours qui peuvent émerger. Suivre par exemple ce qui se passe sous la bannière « No SQL » pour se faire une idée…

Justement, c’est peut être la tendance la plus lourde au fond : l’explosion des cibles pour un site e-commerce : Web, iPhone, Androïd, iPad, … Combien d’application va-t-il faloir développer ?

Et pour l’instant, pas de vrai solution de développement cross plateforme. Une opportunité pour un éditeur malin ? en tant cas, tant qu’il n’y a pas de vrai solution de publication multicanal, cette situation favorise les gros acteurs, qui ont les moyens de développer une application sur chaque terminal… Chose impossible pour les autres, qui font « au mieux ».

Au delà de ces différentes tendances, orienté « tech », ma conviction est que le multi canal, c’est à dire la vente via différents canaux : web, catalogue, magasin, représente encore pour beaucoup un beau challenge.

Beau challenge parce que c’est déjà complexe en soi, et c’est rendu un peu plus difficile par les freins au niveau des « hommes », des processus et des systèmes d’informations, qui ne sont pas, en général, à la hauteur de tels enjeux.

Je pense donc qu’on va voir de beaux projets sur ce thème, en 2011, dans la suite logique de ce qui se passe en 2010 ! C’est un énorme chantier pour encore pas mal d’années !

Bon, difficile de tout couvrir 😉 Il peut se passer des choses également au niveau des moyens de paiement, avec l’arrivée, enfin, du paiement par mobile…

Et vous, que voyez vous venir pour 2011 ?

sur ce, je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année 🙂

Tout savoir sur le e-commerce, en Espagne

On le sait bien, vendre en europe, ça n’est pas une réalité simple.

Chaque pays a ses règles : langues, culture, parfois monnaie différente, législation sur les droits des consommateurs, TVA (!), moyens de paiement, logisticiens et transporteurs…

Bref, se développer en europe, cela veut dire ouvrir, un par un, les différents pays.

Après, tous les pays européens ne sont pas à égalité, au niveau du développement e-commerce.

Deux pays leaders : l’Allemagne et l’Angleterre.

Après, la France,

Ensuite, des pays se développent très vite : l’espagne et l’italie.

L’espagne, justement, représente un beau potentiel.

L’espagne en quesques chiffres :

1,7 Milliard € au premier trimestre 2010, on peut estimer le CA annuel à 6 Millard € ?

Cela représente une croissance de plus de 30% par rapport à 2009 !

Le nombre de transaction mesuré est de 23 Millions (toujours sur le premier trimestre .

Cela nous fait donc un panier moyen à 73 €

Vous pouvez aller « tater le terrain », en allant sur un salon e-commerce : le EcommRetail Show.

Ce salon se tient les 2 et 3 mars prochains, à Barcelone.

Ce salon aura aussi lieu à Madrid du 26 au 27 octobre.

Pour les e-marchands, c’est un bon moyen pour aller voir ce qui s’y passe.

Pour les fournisseurs, c’est un bon moyen pour … la même chose, voir pour prendre un stand et lancer l’activité !

Microsoft Office 365 – L’offre SAAS de Microsoft, où comment réussir en se tirant une balle dans le pied ?

Quel titre, ça faisait longtemps que j’avais pas écrit un titre fleuve 😉

Bon, Microsoft se prépare donc à sortir son offre Office « on the cloud » : Office 365.

On se dit, c’est pas compliqué, les services en lignes se développent, ils ont bien raison d’y aller.

Oui bien sûr, sauf que… sauf que, Office représente une bonne partie des revenus de Microsoft.

Donc, pour Microsoft, il s’agit ni plus ni moins que de tuer une partie de ses revenus.

Il s’agit d’une rupture majeure pour microsoft.

Ils n’avaient pas le choix, mais comme cela doit être douloureux…

Et puis, la question n’est pas (plus) d’y aller ou non, la question, c’est réussir, ou pas !

Et pour réussir, il faut proposer un service meilleur que ses concurrents.

C’est là que ça va pas être facile… Parce que, dans ce type de situation, il y a toujours un gars pour dire :

On va pas mettre cette fonction dans cette offre, de manière à ce que les utilisateurs aient plutôt intérêt à acheter la version classique d’Office

C’est ce genre de posture qui tue la réussite de ce genre d’aventure. L’avenir dira si Microsoft va réussir ce challenge. A suivre de très près bien sûr !

C’est une problèmétique qui me passionne : la stratégie des entreprises, et leur capacité à franchir des étapes clés, des ruptures fortes.

Et c’est bien en lien avec le e-commerce : pour pas mal de boite, le e-commerce, c’est une rupture, un virage à savoir négocier.

Comment les banques peuvent aider au financement d’un lancement e-commerce ?

Bonne question, non ?

Que peut on se faire financer, quand on se lance ?

Peut on faire financer le développement du site ? Le matériel ? Les locaux ? Les salaires des équipes ? Les stocks ?

La réponse, pour faire simple, est la suivante :

On peut, à priori, se faire financer le matériel, le développement du site.

On ne peut pas se faire financer le stock, ni les salaires des équipes.

Maintenant, c’est important de bien traiter le sujet « tréso » d’un projet, et la banque est naturellement un interlocuteur clé !

Le dernier buzz – Apple rachèterait Facebook ? Pourquoi je n’y crois pas deux secondes

J’ai vu ce buzz apparaitre sur quelques blogs US (sur TUAW ci par exemple). Le buzz est repris en France, par exemple par Kelblog.

Bien sûr, cela ferait du bruit…

Mais je n’y crois pas une seconde (j’ai perdu encore une seconde depuis que j’ai écris le titre 😉 ).

Mes raisons :

Principalement une question de culture : même si Steve Jobs a évolué, vers le Soft, il reste un homme de Hard.

Je ne crois pas du tout qu’il pourrait mettre tant d’argent pour une boite qui fait « uniquement » un service Internet.

Et puis, je trouve que les spéculations partent trop vite : il me semble normal que Steve Jobs discute avec Facebook, pour négocier les liens entre Ping et Facebook.

De plus, ne croyez vous pas que le patron de Facebook ait le « melon » ? Je pense que Facebook est une telle réussite qu’aucun prix ne sera raisonnable… Il doit plutôt penser à une intro en bourse.

Enfin, je ne crois pas du tout que ce type d’acquisition soit dans le « mainstream » stratégique d’Apple.

Alors, Apple – Facebook, vous en pensez quoi vous ?

Popgom – le témoignage de Christophe Tesseraud

Christophe Tesseraud est le président – fondateur de popgom.

J’ai 46 ans. Ma carrière a été dès le début orientée sur deux axes : nouvelles technologies et pneus.

J’ai en effet rejoint Michelin en 94, où j’ai été responsable nouvelles technologies pendant 4 ans.

Je faisais en particulier de la veille sur Internet, en allant voir dans la Silicon Valley ce qui se passait.

J’ai ensuite été directeur informatique d’Euromasteur, puis DSI Michelin.

J’ai alors décidé de quitter Michelin, pour monter une nouvelle activité de vente en ligne de pneus.

Je pensais qu’il fallait quitter Michelin pour bien monter cette nouvelle activité, car :

  • Il était fondamental d’offrir le choix au client, parmi plusieurs marques (et donc ne pas vendre uniquement du Michelin) ;
  • Je savais que pour réussir la vente en ligne, il faut maîtriser de nouveaux métiers, en particulier pour l’acquisition des clients.

Michelin s’est montré intéressé par le projet, et a donc investi dans la nouvelle société.

J’ai également fait venir MrGoodDeal, ainsi qu’un troisième investisseur.

Pour Michelin, l’intérêt est double :

  • Envoyer un signal au marché, en disant vers ses clients : le e-commerce arrive, autant s’y préparer » ;
  • Valider le modèle de vente de marques sur Internet (et donc ne pas être uniquement dans une logique de recherche du prix le plus bas).

Aujourd’hui, les ventes en ligne représentent 7% des ventes de pneus…

Le positionnement de Pogom repose sur trois règles d’or :

  • Prix : être sur le prix du marché (on n’est donc pas dans une logique de « prix cassés ») ;
  • Rassurance : Popgom permet d’acheter des pneus de marques, montés par des pros. Popgom recrute en effet des pros du montage du pneu (mais popgom vend également des pneus ‘sans marque’) ;
  • Service : Popgom propose un service complet, qui va donc de l’achat du pneu jusqu’au montage.

J’ai donc quitté Michelin en Septembre 2007. Le temps de lever les fonds, popgom a démarré en avril 2008.

On a démarré avec 4 millions d’euros : 2 dès le début, puis 2 après avoir validé le modèle.

On c’est lancé en Espagne, dans une logique de « bac à sable » : ça nous a permis de tester le modèle.

On a lancé l’espagne en Avril 2008, et la France en Octobre 20008.

Aujourd’hui, Popgom vend en :

  • Espagne, depuis Avril 2008
  • France, depuis Octobre 2008
  • Suisse et Autriche, depuis début 2010
  • Hongrie, Tchéquie, Slovaquie et Hollande, depuis mi 2010

Un partenaire allemand nous apporte la logistique. On se concentre donc sur l’acquisition des clients et la mise en place du site par pays, avec en particulier les moyens de paiements spécifiques.

Le site est réalisé en Java, sans utilisation de solution toute faite.

Cette solution a permis de réaliser un site pour pas très cher, et bien adapté à nos besoins.

Cela permet aujourd’hui de tester en permanence, et de faire évoluer cette plateforme facilement.

Les développements ont été confiés au début à une SSII, mais aujourd’hui, la maîtrise technique a été internalisée.

Popgom, c’est 30 personnes :

  • 8 pour l’informatique
  • 8 pour le e-marketing
  • 8 pour les opérations (s’assurer que la promesse est tenue)

On vend 15 000 références.

Depuis le début de l’année, on a engrangé 38 000 commandes.

Le chiffre de 2009 était de 7,3 Millions €. On espère doubler en 2010.

2011 sera orienté « consolidation » : on ne devrait donc pas ouvrir de nouveaux pays, mais plutôt bien développer les pays ouverts.

Rentabiliser un pays, cela prend de 12 à 18 mois, sans « payer » les frais de structures.

La rentabilité complète, c’est donc plutôt 3 ans.

Le périmètre des solutions logiciels

Quand on crée un logiciel, au début, on a une idée claire (enfin, on devrait 😉 ).

Exemple : on crée une solution de e-commerce.

On se dit, c’est pas compliqué, on va faire une solution de e-commerce (je suis inspiré, c’est vendredi 😉 ).

Donc, on y met : un catalogue, un compte client, un processus achat, une gestion de commande.

ça, c’est au début.

Ensuite, les clients « tirent » pour avoir plus de choses.

Ils veulent :

Des fonctions toujours plus riches, pour faire de l’emailing ;

Le catalogue, au début ça semble simple… sauf que si on creuse, c’est un sujet à lui tout seul ;

Les besoins de merchandising, qui au début, là aussi, semblaient simples, s’enrichissent tous les jours ;

Et je ne parle pas du CMS…

Quand on est éditeur et qu’on est face à ces problèmes, c’est une bonne et une mauvaise nouvelle.

Hum, ça me fait penser à Madagascar 2 :

Bon, un peu de sérieux…

Donc, Pour l’éditeur, une bonne et une mauvaise nouvelle :

La bonne nouvelle, c’est que si l’éditeur est ainsi « tiré » par pleins de demandes, c’est qu’il a pleins de clients

La mauvaise nouvelle, c’est que toutes ses demandes sont difficiles à traiter : comment arbitrer ? Comment décider ce qu’on doit mettre dans le logiciel et ce qu’on doit pas y mettre ?

Mon avis est « keep it simple » 😉 : il n’est pas raisonnable d’enrichir un produit sur tous les sujets.

Pourquoi me direz vous ?

Simplement parce que c’est le meilleur moyen de devenir, assez vite « moyen » sur tous les sujets.

Oui, parce que chaque sujet est … riche, vous n’aurez pas les moyens de développer la meilleure solution, item par item.

Donc, la solution passe par deux choses :

  • Bien définir, si c’est pas fait, son coeur de valeur. Et sur ce coeur, il faut être le meilleur.
  • Pour le reste, travailler sous forme d’API, d’extensibilité.

Ainsi, votre solution est la meilleure sur son coeur de valeur, et pour le reste, elle peut proposer un début de solution, mais si le client veut aller plus loin, il peut, en utilisant des briques spécifiques.

Enorme avantage sur cette stratégie : vous vous faites naturellement pleins d’amis : tous les éditeurs partenaires qui enrichissent votre solution.

Un exemple ?

Salesforce bien sûr, avec sa marketplace d’applications.

Mais il y a bien d’autres exemples, plus ou moins avancés, heureusement.

Et pour finir, cette publicité, que j’ai sous les yeux, exemple d’une « machine à tout faire » :