Archives de l’auteur : François

« Moi, je le fais en un jour »

Titre énigmatique…

Je m’explique :

Vous travaillez sur un projet, en assistance à maîtrise d’ouvrage.

Vous avez identifié un point un peu complexe, soit pour des raisons techniques, soit pour des raisons fonctionnelles, soit… pour plein de raisons combinées.

Lors d’un point projet, quand on parle du point en question, vous faites état de sa complexité, et des conséquences, en terme de coût, de risque et de délais.

Il arrive qu’un gars prenne le contre pied de ce que vous expliquez, pour dire que lui, il ferait ça en un jour (ou une heure, … l’idée est la même).

L’effet d’une telle intervention est toujours fort… Et la réaction est nécessairement délicate.

Si vous entrez dans le débat, pour expliquer la complexité, vous entrez invariablement dans un concours d’experts, qui va lasser tout le monde et surtout, ne convaincre personne.

De plus, comme vous connaissez votre sujet, si vous avez dit que c’était compliqué, c’est que ça l’est probablement. Notre compère, celui qui dit qu’il ferait ça très rapidement, est donc soit en train de se tromper, soit… de déformer la vérité (c’est dit gentiment, hein ?).

Attention, je ne dis pas que je ne me trompe jamais ! Mais bon, avec de l’expérience…

La question que je me pose toujours est : « mais pourquoi fait il ça ? »

Plusieurs réponses possibles :

  • C’est une façon de se mettre en valeur. Du moins le croit-il. Si un « expert » dit qu’un point est complexe, et que le gars peut le résoudre très rapidement, c’est que c’est un crack.
  • Par incompétence. Toujours possible… Ou plus simplement par manque d’expérience… On apprend, avec le temps, qu’entre le petit programme qui fait le truc et la solution complète, fiable, testée, qui résiste aux aléas du monde extérieur, …, il y a bien souvent un rapport de 1 à 10, voir bien plus !
  • Par calcul. Le gars à une idée derrière la tête, et son intervention à comme objectif de faire avancer son idée. Plusieurs cas possible :
    • Il veut vous déstabiliser, pour travailler en direct, sans « ce consultant externe qui vient nous apprendre à travailler »
    • Le développement du dit composant l’intéresse.
    • …

Dans la réalité, c’est souvent un mix de ces raisons qui pousse à faire ce genre d’intervention.

Quelle est la meilleure réponse ?

Je n’ai pas de solution miracle, et ce genre d’évènement fait perdre du temps…

J’ai tendance à penser que la solution, qui consisterait à dire : « vas-y, fais-le » est une fausse bonne idée. Il y aura toujours plein de bonnes raisons « externes » pour excuser le temps passé, et puis, le rôle d’un consultant n’est surement pas de prouver quoi que ce soit, mais de faire avancer le projet.

Ce que je fais en général :

  • Pas de discussion technique, d’expert, en réunion.
  • Essayer d’avoir une discussion sur le sujet avec le gars, en face à face, et d’échanger sur un plan purement « métier » (fonctionnel, technique, …).
  • Si « rien ne bouge », il faut des avis externes. J’avance donc sur le projet, et je consolide mon avis avec celui d’autres boites.

Et vous, vous feriez quoi ?

Oracle rachète Sun !

La news est tombée aujourd’hui !

A l’origine, Sun devait être racheté par IBM…

Donc ça serait Oracle qui ferait l’acquisition de Sun.

Marrant, quand on pense que Sun vient de racheter MySQL. Qui aurait imaginer MySQL et Oracle dans la même boite ?

Ce qui est moins marrant, je trouve, c’est l’incroyable concentration du logiciel, avec quelques très grosses sociétés « gloutonnes » qui mangent tout ce qui passe à proximité…

Quelle est la valeur pour Oracle ?

Je vois plusieurs synergies :

  • Sun fabrique du Hard. Cela permettra de mieux concurrencer IBM, qui sur certains gros deal, peut venir avec une réponse complète, du Hard au service…
  • Java : Sun est le berceau de ce langage, qui c’est plutôt bien déployé sur les projets typiques d’Oracle.
  • MySQL : Pas mal pour Oracle d’avoirla main sur cette solution si largement utilisée sur des projets ou Oracle n’est pas naturellement présent.

Maintenant, la question clé, c’est la capacité d’Oracle de créer de vraies synergies entre les boites, et de pas « tuer » la boite achetée.

Objectif et road-map

Il est bien normal, quand on monte un projet e-commerce, de « vouloir tout, tout de suite », et surtout, d’essayer de prévoir les évolutions les plus larges possibles.

Par exemple, même si ce n’est pas un besoin court terme, on veut essayer de prévoir un déploiement international, prévoir différents sites de ventes privées, prévoir toutes sortes de mécanismes de promotions…

Le danger, c’est que comme ces fonctions ne correspondent pas vraiment à un réel besoin, court terme, et donc qu’on « imagine », le cahier des charges devient rapidement très très large, flou, et probablement incompatible avec le budget.

Et je vais vous dire : même si le budget suit, le danger existe quand même : plus on demande « d’un coup » une plateforme complexe, et plus les risques augmentes (non respect des délais, du budget, du cahier des charges).

Maintenant, pour les responsables d’un projet e-commerce, il est effectivement important de « voir loin », de se projeter.

A mon sens, une solution e-commerce bien conçue doit pouvoir vivre entre 4 et 7 ans.

La durée de vie dépend de beaucoup de facteurs : l’évolution du projet, du catalogue, …

Et certains responsables ont le sentiment que si une fonction n’est pas présente au démarrage, il faudra payer très cher plus tard pour l’avoir… Et encore : si c’est possible de la rajouter…

Et c’est vrai que si la solution e-commerce déployée est « conçue avec les pieds », il sera sans doute très difficile de faire évoluer la plateforme… A chaque demande d’évolution, les responsables auront le sentiment d’avoir été floué, d’avoir payé cher pour pas grand chose… et de devoir payer et repayer en permanence…

Bon, vous me voyez venir ;).

A mon avis, la bonne méthode c’est :

  • Faire appel à un professionnel pour concevoir le système e-commerce dans sa globalité ;
  • Bien identifier dès le début les objectifs clés, et effectivement se projeter à 3, 5 ans (c’est loin…) ;
  • Bien différencier les demandes court termes, et les besoins plus long terme ;

Après, il faut travailler sur plusieurs axes :

  • Travailler sur une road map, ou l’on planifie le projet dans la durée, comme un éditeur de logiciel ;
  • Faire les choix technologiques judicieux et monter une architecture compatible avec les objectifs clés.

Moitessier – Tabarly

L’une de mes passions, c’est la voile.

Et J’ai de l’admiration pour quelques marins…

Quand j’ai démarré la voile, je devais avoir 12 ans, j’avais pas mal rêvé en lisant un excellent bouquin sur la voile, écrit par Tabarly. J’ai appris la théorie comme ça (il y a de plus mauvaises lectures 😉 ).

Récemment, j’ai vu (entre autre 😉 ) deux vidéos, sur deux marins d’exceptions :  Tabarly donc (dans le film documentaire qui est sorti il y a quelques mois) et Moitessier.

Deux très grands marins, passionnés, passionnants !

Mais ce qui m’épate, c’est à quel point ils sont différents !

Tabarly, c’est avant tout une « machine à gagner les courses ». C’est son moteur. C’est aussi un passionné de bateau, plus que de la mer. Le film montre bien les deux facettes : la course, avec des « machines à voler sur l’eau » et la passion pour le beau bateau, celui de son enfance.

Moitessier, lui n’a pas du tout le sens de la course. Il est ailleur, dans la recherche intérieure, l’aventure… Pour Moitessier, le bateau est un donc également un moyen, mais surement pas pour gagner… Mais plutôt pour s’évader. Moitessier met donc beaucoup moins d’affectif dans le bateau,

Deux caractères forts, deux destinées d’exceptions… sur un terrain de jeu commun : la mer et les bateaux.

Différence entre valeur et business model !

J’entends très souvent dire que pour une startup, il est essentiel d’avoir un business model.

En clair, une boite doit savoir comment elle gagne de l’argent.

Cela sonne comme une évidence…

Et pourtant, et pourtant…

Google, eBay, Skype, et bien d’autres n’avaient aucune idée du business model lors de leur création !

Fallait il les jeter, d’un revers de main rapide et négligeant ?

A mon sens, il y a une différence fondamental entre la valeur que crée une entreprise, et son business model.

Et si j’étais investisseur, je me concentrerais plus sur la valeur créée que sur le business model.

Je m’explique :

Sur Internet, on peut tout à fait avoir une idée en rupture, idée qui va, si elle marche, créer beaucoup de valeur.

On peut prendre l’un des exemples ci-dessus… Google par exemple.

La rupture est clair : apporter un résultat de recherche plus rapide et plus pertinent.

La valeur est évidente : elle est la conjonction de la connaissance du web et des internautes.

Le business model n’existait pas à la création de Google. Les fondateurs avaient plutôt dans l’idée de vendre leur techno aux entreprises pour indexer les intranets (ce qui existe d’ailleur, c’est l’offre GSA).

« On ne peut pas rendre payant un service gratuit »

J’ai bien souvent entendu cette phrase, qui tombe comme un couperet !

Cela semble évident, indiscutable.

En plus, c’est un des patrons d’un grand groupe média qui dit ça, on est forcément d’accord.

Ben, non en fait !

Rien ne justifie cette assertion. Elle est simplement fausse.

Le meilleur moyen de le prouver est de prendre des contres exemples.

eBay est un bon candidat !

Le service à démarré gratuitement.

Cela a permis de mettre au point le modèle, et « d’éduquer » les premiers utilisateurs, qui n’auraient sans doute pas payés pour un service en « beta ».

Puis, quand le truc à été au point, eBay est devenu payant.

Bien sûr, à l’époque, quelques utilisateurs ont exprimés leur mécontentement… Puis tout le monde s’y est fait.

Je pense pour ma part que dans certains cas, ça peut être une très bonne stratégie de lancement. On essaye son offre en mode gratuit. Les premiers utilisateurs essuient les plâtres, et en contre partie ne payent rien.

Puis, quand l’offre est mature, il est tant d’y injecter un business model raisonnable !

Magento sort une version « pro »

J’étais invité ce soir à une présentation (réservée aux « happy few » 😉 ) sur les nouveautés Magento.

La grosse news, c’est la sortie d’une version pro (ils appellent ça Enterprise Edition).

Concrètement, Varien va poursuivre le développement du coeur Magento, qui va rester gratuit, et ils vont également développer et commercialiser une version pro, basée sur le coeur, avec des fonctions complémentaires.

Les principaux ajouts sont :

  • Ventes privées
  • Amélioration du contrôle des rôles et des droits d’accès au back office
  • Solution pour gérer deux serveurs : un serveur de « préparation » et un serveur en production
  • e-Gifts
  • Et quelques autres petites fonctions

Le tout est vendu, 8900 $ par an et par serveur en production et 2225 $ pour les autres serveurs.

Donc, si pour des besoins de puissance je réparti mon service sur plusieurs frontaux, je paye plusieurs licences…

Dans le pacquage, il y a également une offre de support « haut de gamme », plus un traitement « privilégié (bug release en avance, …).

Ventes privées

Ce module permet de gérer des ventes, réservées à une cible particulière, sur une plage de temps donnée.

Contrôle des rôles et des droits d’accès

La bonne idée, c’est de permettre la spécialisation des rôles pour chaque boutique. On arrive à un très bon niveau de contrôle, adapté aux configurations un peu « trapues ».

Solution pour gérer deux serveurs

Là, c’est carrément top.

L’idée est simple (c’est marrant, c’était le sujet de ma présentation lors du barcamp 😉 ) :

On crée deux instances de Magento : une en production, et une pour préparer la production.

ça, c’est très simple.

Là ou ça devient plus compliqué, c’est pour synchroniser les données, d’un système à l’autre.

Et bien voilà, c’est ça que propose ce module : la synchronisation et l’historisation des données entre les deux serveurs.

Pour conclure

Tout cela semble vraiment très bon, pour les acteurs ayant des boutiques qui réalisent un chiffre d’affaires suffisant.

De mon point de vue, Magento a toujours été plutôt positionné pour « motoriser » les gros sites. Roy a par exemple parlé de prendre des parts de marché à ATG, IBM, … Après, certains choisissent Magento pour des petites boutiques… Chacun fait comme il veut, mais je pense que ce n’est pas toujours une bonne idée… même si au début, ça parait simple de juste changer l’apparence… C’est un autre débat (un autre billet sûrement).

Si j’ai bien compris, cette nouvelle version doit sortir très très vite.

L’approche « fluide » d’Araok!

Rien ne vaut un bon WE prolongé pour se poser des questions de marketing ;).

Le positionnement d’Araok! me semble bon, et le point clé est plus sur la façon de communiquer.

J’ai imaginé cette image pour expliquer le positionnement :

Il me semble que le schéma parle de lui même… Mais est-ce vraiment le cas ?

En prime, une petite vidéo de la présentation de l’offre :

La même présentation, revue par Animoto :

Ga Bu Zo Meu

Vu sur un site évènementiel, lors de l’enregistrement de son compte :

Si vous ne le souhaitez pas, merci de cocher la case suivante.

Dans ce cas, les informations vous concernant seront alors réservées à l’usage exclusif d’XXX.

ça me fait imanquablement penser à la marionnette de Pinoccio dans Schreck 2 (ou 3, je ne suis pas sûr), qui doit répondre, sans mentir (sinon, son nez de bois s’allonge) et qui fait une réponse tellement alambiquée que personne ne comprend ce qu’il veut dire !

Les nuls du e-commerce…

Bon, j’ai pas l’habitude de « dégommer » les sites sur ce blog. Ce n’est pas l’esprit.

Et puis c’est toujours facile de critiquer…

Mais bon, il y en a qui poussent loin…

Exemple, ce formulaire :

Bon, jusqu’ici, rien de catastrophique.

Il y aurait bien des tas de trucs à dire, mais bon, « pourquoi pas » pourrait on dire….

J’ai donc rempli sagement ce formulaire…

Et non, il y a une erreur : il faut ajouter une région.

Ah zut, il n’y a pas de champ Région dans le formulaire !

Voilà donc une équipe marketing qui ne fera pas trop de spam…