Stratégie Magento – C’est moi ou quoi ?

Magento vient de sortir Magento Go :

C’est une offre SAAS, qui se positionne sur le marché des solutions « complètes et pas chers pour se lancer ».

On est donc sur le secteur des Oxatis, Rentashop, Powerboutique Wizishop, …

J’ai joué un peu avec la solution, ou l’on retrouve des éléments habituels du back office Magento, plus des éléments spécifiques (templates graphiques par exemple).

Alors, pourquoi ce titre ?

Parce que je pense que pour réussir, une startup doit avoir une stratégie relativement « focus ». On ne peut pas suivre 36 lièvres en même temps.

Et là, Magento en suit pas mal, de lièvres :

  • Magento Enterprise, pour concurrencer les très grosses solutions e-commerce (Magento se positionne contre ATG pour donner un exemple).
  • Magento Community : solution open source, assez riche, pour bâtir sa solution en mode « do it yourself » ;).
  • Et donc maintenant, Magento Go.

Cela fait trois lignes de produits à maintenir, avec, pour chacune, des contraintes assez différentes.

J’imagine bien que Magento va nous expliquer que « le coeur est le même, et qu’ils factorisent l’essentiel »

Pourtant, clairement, entre la version « pro » et la version « grand public », il me semble que c’est le grand écart (et si on est pas assez souple, ça fait mal quelque part 😉 ).

Les besoins des grandes entreprises ne sont pas les mêmes que quand on lance sa boutique depuis son garage.

Qu’en pensez vous ?

17 commentaires

  1. En même temps on peut citer beaucoup de boîtes qui gèrent, avec succès, beaucoup plus que trois lignes de produits…

  2. Moi, je trouve leur stratégie très claire…

    Tu lances un business avec une offre Saas. C’est facile, c’est rapide.

    Ensuite, tu veux être un peu chez toi. Tu demandes à un prestataire de mettre en place une version open-source de Magento.

    Ton business devenant important, tu l’updates avec la version Entreprise.

    Tout au long de ta progression, tu restes avec les mêmes outils. J’imagine que les migrations entre version sont simplifiées. Tu peux garder les modules que tu as développé ou acheter.

    C’est un peu comme Apple. Tu commences par acheter un téléphone, ensuite un Ipad et tu termines avec un mac pro 😉

  3. @Ben> Oui, mais ça dépend de la taille des boites, et de leur situation.
    Magento est une toute jeune startup. Elle doit donc réussir très vite.
    Dangereux dans ce contexte de suivre trop de lièvres à la fois.

    @Rémi> Hum, pourquoi pas… Mais la réalité des ventes est en général bien différente : tu achètes une solution qui correspond à ton besoin, au moment ou tu achètes.

    Et ce que je dis, c’est que le contour fonctionnel n’est pas du tout le même entre une boite qui se lance sur le e-commerce et une entreprise déjà établie, qui aura de tout autre besoins. Le système n’est pas le même, si le e-commerce est « autonome » ou s’il est un élément d’un système d’information complet.

  4. Je partage l’avis de François. Outre la taille de la boite, ce sont aussi des métiers différents, offrir du SAAS si tant est que l’on veuille y apporter un peu de crédit ca veut dire maitriser l’infrastructure (dispo des ressources vaille qui vaille) et c’est un métier « à temps plein ». Proposer des solutions de e-commerce capable de lutter contre Oracle ATG ou IBM WebSphere Commerce c’est travailler dans la chaine de l’édition logiciel et ce bien au dela de la communauté des développeurs. Il faut couvrir tout le cycle de vie du logiciel (tenue en charge, industrialisation des déploiements, support, correction d’anomalies, prise en compte des nouveaux besoins, robutesse, interfaces Line of Business, etc, etc, etc).
    Bien sur on peut imaginer mener de front les 2, avec des reins solides (pour éviter les douleurs mentionnées par François). Est ce le cas de Magento ? Et puis des solutions pour la_boulangerie_du_coin_de_la rue.com, il y a déja du monde alors pourquoi cela plus que d’autres ? sauf à l’accompagner d’une offre de service poussée (genre faite votre métier, nous on vous fait la boutique en ligne) et la encore il a une forte concurrence. Bref ca me rappelle qql chose … une grenouille, un boeuf et une fontaine pardon La Fontaine … un truc comme ca

  5. La différence entre la version pro et la version community ? on peut se faire une version pro à partir de la version community (en terme de fonctionnalité s’entend), j’ai pas encore eu l’occasion de toucher à la pro et la version entreprise. Je pense que ce qui fait toute la différence se fait surtout au niveau du support que peut apporter l’équipe Magento.

    Certains n’ont pas envie de se prendre la tête avec l’hébergement, et alors il vaut mieux avoir une solution saas sur lequel on a pas à se préoccuper des ressources a allouer, de la sécurité, d’avoir un CDN et pouvoir commencer à monter une boutique rapidement. La limite étant de 10 000 références (déclinaisons comprises) c’est sûr que les grosses boutiques vont se trouver à l’étroit.

    Au passage y’a pas colissimo pour les livraisons pour l’instant et le choix des modes de paiement est très limité (paypal express, ogone, authorize.net).

    Magento Go, est-ce que c’est la cible d’un oxatis, d’un powerboutique ou d’un shopify qui est visé ? La solution reste quand même complexe, et je veux bien voir la tête du futur e-commerçant devant le guide utilisateur de 260 pages.

    Par contre derrière il va y avoir la « magento go platform » qui va permettre d’utiliser en plus des extensions et de pouvoir personnaliser plus profondément comme on le fait avec la community.

    Dernier point, il vient d’être annoncé que chaque membre de l’équipe magento expert consulting group allait s’impliquer plus dans les forums pour augmenter la qualité des réponses.

    Lièvres à suivre…

  6. Autant je suis dubitatif face à la capacité des entreprises américaines à s’adapter aux marchés étrangers (pour concevoir des produits universels ils sont très forts, mais en la matière le marché du software e-commerce n’est pas le marché du téléphone mobile), autant je pense que les américains sont tout à fait capables (ce sont sans doute les meilleurs au monde en la matière et c’est une des explications de leur hégémonie depuis près d’un siècle) de s’organiser industriellement sur plusieurs front à la fois. J’ai beaucoup travaillé avec les américains et sur ce plan là ils sont imprenables.

    Lorsque Jean-Michel pointe du doigt la difficulté à maintenir le service, je suis moins d’accord. C’est le pré-requis, ça tombe sous le sens, mais c’est loin (très loin) d’être la principale difficulté d’une entreprise qui fait du SaaS (je pense être assez bien placé pour le savoir). On dirait qu’on oublie ce que veut dire « software as a service »… on focalise sur le software, alors qu’à mon sens le point critique c’est le service (offre,réactivité, efficacité, souplesse etc). Au niveau du software je m’interroge comme François sur l’adaptation du programme Magento pour sa propre solution hébergée : il y a des choses que tu peux faire pour du one shot mais qu’il est impossible à concevoir pour une solution mutualisée, ou alors il faudrait développer et maintenir 5 ou 6 différentes versions, ça ne tiendrait pas la route longtemps.

    Pour moi cette nouvelle offre ne joue pas sur le terrain de Powerboutique ni d’Oxatis : ce sont deux sociétés bien structurées et qui ont su rester sur leur coeur de métier, qui connaissent par coeur le marché français et qui ont mis à disposition de leurs clients des conseillers en grand nombre. Wizishop ? Peut-être un peu plus, car ils ne sont pas dans la même configuration que les deux précédents, mais il ont pour eux d’opérer en terrain connu, d’ailleurs si j’étais Magento Go c’est vers Wizishop que je tournerais mes regards car c’est la solution dont leur modèle se rapproche le plus pour ce que j’en ai vu (communauté, support en ligne solide et complet…). Pour Rentashop je ne pense pas : notre démarche est diamétralement opposée bien que nous soyons en train de construire une nouvelle offre pour répondre aux nombreuses demandes de « petits » projets auxquels nous ne pouvons répondre positivement en raison de notre approche « agence » et de nos prestations « sur mesure ». De plus nous accordons une grande importance au contact direct et au support téléphonique, ce qui est impossible à bien gérer lorsqu’on dépasse un nombre critique de clients.

    En tous cas voici une nouvelle offre qui aura fait couler beaucoup de pixels, sans doute en raison du nom « Magento » qui fait pas mal fantasmer (voir la citation d’Apple dans l’un des commentaires précédent, c’est signifiant), je propose qu’on en reparle d’ici un an ou deux 🙂

  7. Je vais peut être dire n’importe quoi :

    Disons que la présence d’Ebay dans le capital de Magento n’est peut être pas si anodine, ebay avait sa solution pour les boutique pro http://stores.ebay.fr/

    C’est franchement moins sexy que ce que propose magentogo en terme de fonctionnalité et de personnalisation, par contre c’est du saas, et ils savent aligner les machines derrière pour le faire, on verra pour ce qui est du service, en tout cas j’ai posté 4 tickets au support et on m’as répondu en moins de 8h, avec derrière un questionnaire pour noter la qualité de la réponse qui m’as été donnée. On verra ce que ça donnera lorsqu’ils auront des milliers de demande 🙂

    Il a été cité Apple, et à juste titre. J’ai l’impression que ce qui se prépare pour la magento platform go, c’est un peu un appstore magento (avez vous remarqué que les widget s’appellent « frontend App » maintenant), et ils comptent bien utiliser des services tiers pour compléter leur offre, en tout cas c’est ce qui laisse transparaître lorsqu’on demande à participer à la béta http://dev.magentogo.com

    (au passage mettez le backoffice en anglais sinon vous pourrez pas vous servir des frontend app)

    Mais tout ceci n’est peut être que fiction dans mon imagination débordante.

  8. @Francis – Not only will we expand our product offering our goal is to allow people to freely move and transition between our different offering so that there is no locking to a specific environment or solution. people will be able to start their stores on Go and move to host on their own servers if they wish. We will have a lot more exciting news over the next few months. We are focused and our focus is ecommerce!

  9. Je suis assez d’accord avec @Remi sur le principe : Magento capture les clients « primo-accédants » et veut les conserver au fur et à mesure de leur évolution.
    Il y a aussi tout le côté « buzz » autour de la marque « Magento » provoqué par le lancement, qui peut amener des e-commerçants qui s’intéressent à Prestashop à s’intéresser à Magento et finalement choisir la solution open source (réponse au récent lancement de Prestashop sur le marché US ? )
    J’ai l’impression que Magento est en train de se donner les moyens d’une ambition dévorante, en voulant contrôler tous les segments de marché et en attaquant de nombreux pays à la fois. Sauront-ils durer compte-tenu des spécificités inhérentes à chaque pays (cf notre écosystème e-commerce français : paiement, logistique) ?
    L’histoire a montré qu’il savaient être réactifs en la matière. Mais la concurrence française/européenne a une longueur d’avance. Affaire à suivre , le match va être inétressant !

  10. Pour ma part, je suis d’accord avec Rémi (et confirmé par Yoav), l’objectif de Varien est de prendre le ‘petit’ marchand, et de le faire monter en gamme en restant dans la même sphere. Il ne faut pas négliger les couts internes de migration d’une plateforme à une autre dans la vie du marchand, les reticences des équipes à changer, etc… Donc entrer dans un moule (performant !), ça a du sens, et ça participe à l’ecosysteme mis en place autour de Magento.

    Par ailleurs, je crois qu’il y a +/- officiellement environ 90 000 sites marchands en France. Quelle part de marché a le principe de la location sur ces 90 000 ? J’ai tendance à penser qu’ils sont majoritaire, non ? Magento ne peut pas gagner d’argent sur la version communautaire, la Pro ne sert pas à grand chose, et l’entreprise est élitiste en prix. Faut bien qu’ils trouvent des solutions business pour rentrer un peu d’argent, et attaquer ce segment est peut être une bonne solution.

    Je trouve donc que c’est extrèmement bien pensé (je laisse de coté l’aspect couts…), et pour notre part, on sollicite Varien depuis 1 an pour qu’ils accélèrent leur implantantion ‘Go’ en France. Je suis juste un peu dubitatif sur la capacité à gérer de la relation-client en français depuis les US. Il faudra peut être qu’ils envisagent des solutions lourdes dans ce domaine, ou s’appuient sur des réseaux d’agences locales. A ma connaissance, Powerboutique et Oxatis, au moins, disposent déja de réseaux de revendeurs/intégrateurs, non ?

  11. Salut François,

    je prolonge ce passionnant débat sur la stratégie de Magento sur mon blog
    http://www.ludovicpassamonti.com/archive/2011/03/10/quelle-avenir-strategie-pour-magento-go.html

    Mais je te livre déjà ma conclusion :

    N’importe quel éditeur de logiciel, tout domaine confondu, le dira : ignorer le SaaS aujourd’hui, c’est tourner le dos à l’avenir, faire une croix sur son plus gros potentiel de développement. Magento n’a pas vraiment le choix s’il veut consolider ses bases, et augmenter ses revenus.

    Les exemples sont légions : WordPress et Prestashop sont passés avec succès au SaaS, tous les éditeurs de logiciels de gestion aussi depuis déjà pas mal d’années, toutes les applications autours du e-commerce sont en SaaS (logiciels de gestion de place de marché, livechat, outils de feedback clients, etc…). Alors pourquoi Magento ferai exception à la règle ? Moi, je ne vois pas…

    Pour les éditeurs français de solution e-commerce, la partie va probablement se corser dans les prochains mois. La réputation de la technologie Magento n’est plus à faire. Couplé à une stratégie marketing bien exécutée, adaptée aux spécificités de chaque pays, Magento Go pourrait faire des gros dégats si la concurrence nationale ne bouge pas.

    Aucun éditeur SaaS en France ne propose à l’heure actuelle (à part Prestashop, … tiens, tiens…) une alternative technologique équivalente à Magento Go + Magento Platform pour les petits e-commerçants. En effet, leurs plateformes sont complètement fermées aux développement externes, et l’éditeur doit supporter seul les coûts importants de R&D, et de mise en place de la moindre évolution fonctionnelle.
    Ca ne pèse pas lourd en face d’un Magento Go et de sa grande communauté de développeurs qui lui adjoignent un potentiel sans limite d’adaptation et d’évolution aux marchés nationaux, à moindre coût.

    Au plaisir de lire ton commentaire.

  12. @Ludo> Je lirais en détail ton analyse,

    Ce que je peux déjà dire, c’est la chose suivante :

    Tu sais bien que je suis évidemment complètement convaincu par le modèle SAAS.

    Par contre, je ne suis pas convaincu par la stratégie de Magento.

    Certains acteurs, qui me semblent avoir une stratégie bien plus aiguisée (Demandware) font du full SAAS.

    Magento fait tout : open source pour projet « low cost », licence type « ATG », SAAS pour petit projet.

    Et ça, ça ne me semble pas raisonnable.

  13. En complément de mon précédent commentaire, du coup, j’ai écrit moi aussi un billet, mais avant celui de @ludovic, qui est beaucoup plus complet !

  14. Il y a aussi le mobile commerce (un 4eme lievre ?)

    Je trouve dommage que Magento, en tant que produit Open Source ne s’ouvre pas d’avantage. Il n’existe pas une veritable communauté autour de Magento.

    L’offre SAAS est un décalcomanie de Magento de base. Pas forcement pratique ou orientée TPE.

    Hors tres peu de projets Open Source « dominent » le monde sans une communauté forte et active.

    Regardez : Alfresco, Open ERP, ezPublish, … des projets à la traine, qui ont du mal à s’imposer.

    Pour frapper fort, il faut une communauté forte…

  15. Bonjour,

    Je développe des sites non commerçants sous WP et JOOMLA.

    Face à la demande croissante de e-shops, je me suis tourné vers diverses solutions et a priori Magento me semblait plutôt bien, complet et tout… Mais quel bordel ! Magento OS, enterprise, pro et Go… Je me dis « Tiens, Go peut être attractif pour très petits clients »… Tu parles ! Impossible d’injecter un thème acheté sur une place de marché comme thème forest ou templatemonster par exemple… En outre, le commercial Magento Go me dit en substance  » en automne prochain sortie de Magento Platform mais attention : pas de thèmes importées d’ailleurs et extensions achetés sur Magento Connect pas injectables »… Je bug là… Vous faites comment vous qui avez déjà l’expérience de la bête parce que moi j’en perds un peu on latin… Merci et salutations.

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