Les gros projets qui font plouf !

Pourquoi les très gros projets Internet sont souvent des échecs ?

On entend régulièrement parler de projets, ou le prix était de plusieurs millions d’euros, et qui se sont mal terminés… très mal pour certains.

Dernier exemple en date : France.fr.

Comment est-ce possible ?

Ou est le « bug » ?

Si on compare avec le bâtiment, cela ne se passe pratiquement jamais comme ça.

Bien sûr, dans le bâtiment, les délais dérapent, les prix aussi… Mais le truc se monte, et bon, on arrive à un bâtiment qui souvent correspond à peu près à ce qui était demandé initialement.

Alors, pourquoi n’en est-il pas de même avec le software ?

Je pense que le coeur de la réponse, c’est la jeunesse de cette industrie, et donc les erreurs de jeunesses, de la part de … plus ou moins tous les acteurs impliqués.

Le client :
Il ne connait pas forcément la différence entre une demande raisonnable et une demande extrêmement complexe. Alors que, pour reprendre notre analogie avec le batiment, certaines demandent seraient balayées dès leur expression (« je veux une piramide à l’envers : heu, non ! »)
Il n’a pas non plus forcément conscience qu’on ne peut pas faire évoluer les demandes au fil de l’eau, pendant les développements.
Enfin, il ne va pas forcément s’adresser à la bonne adresse. Il va s’adresser aux plus gros cabinets de conseils, ou aux très grosses SSII.
Ces sociétés ne sont pas spécialisés sur Internet, et finalement, n’ont pas réellement l’expertise technique nécessaire.

La société en charge du projet :
Comme je l’ai dit plus haut, c’est bien souvent une très grosse boite, de conseil ou d’informatique.
Elle n’est pas particulièrement spécialisée sur les architectures Internet.
Elle va donc appliquer des méthodes inadaptées.
Et le problème avec l’informatique, c’est que les erreurs de conceptions, on les voient bien souvent à la fin du projet…

Et voila, c’est simple finalement :
Le client et le prestataire appliquent des recettes inadaptées.

Le web est neuf, il faut travailler avec des boites pointues, des spécialistes.

Mais bon, aucune chance que cet article change les choses, puisque de tels décideurs ne sont pas lecteurs de ce type de blogs.

Et les rares à lire ces lignes savent déjà ce que je viens de dire 😉

25 commentaires

  1. C’était quoi france.fr ? Le site est soit disant indisponible à cause d’une histoire de serveur…
    En tout cas je suis tout à fait d’accord sur le fait que la jeunesse de l’industrie numérique puisse être corrélée à l’échec de grands projets.
    Dans le domaine musical aussi, ce qui est intéressant c’est qu’il y a une double facette à ce type de projets : Les profonds bouleversements que connait l’industrie du disque aujourd’hui et d’autre part la fébrilité des nouveaux usages de la musique émergés avec internet (Spotify, MyMajorCompany, Deezer etc. sortent du lot et comportent de nombreux enjeux, mais la sauce va elle prendre durablement ? … )

  2. Très sympa la métaphore filée avec France.fr mais je ne peux pas m’empêcher de penser que cette article vise aussi (surtout?) d’autres projets…

  3. Salut Francois,

    d’accord et pas d’accord avec toi. Le web, c’est pas forcément donné à tout le monde.

    Mais la différence avec la bâtiment, c’est que sur Internet, il est toujours difficile de prévoir le traffic auquel on va avoir à faire, alors qu’on bâtiment est prévu pour une certaine capacité, avec une régulation du traffic à l’entrée (Essayez de refuser des gens à l’entrée d’un site web).

    Faites un peu de pub, faites twitter par des politiques ( 🙂 ) et c’est les champs élysées un 14 juillet qui se bouscule sur votre site.

    Les ventes privées et autres sites de jeux connaissent bien le sujet.

    Pour en avoir « débloqué » quelques uns, je confirme par contre que la montée en charge et la gestion d’un fort traffic, c’est une vraie spécialité, et un défi permanent.

    Mais bon, entre les équipes marketing qui annoncent des centaines de milliers de visiteurs, et des achats de serveurs qui restent dans les cartons, et une plate-forme constituée de quelques pauvres serveurs pour fêter un 14 Juillet, il y a ce qu’on appelle, le Cloud Computing. Ca sert à ca !

    A+

    Laurent.

  4. Pour etre tres honnête quand meme, il me semble qu’un de nos terminaux à Roissy s’est effondré il n’y a pas si longtemps que ça. Il y a aussi le fait que dans le bâtiment des vies sont en jeu. Rarement sur un site.

    Il est certain que le secteur est très jeune. Il a aussi tendance à se reposer sur des concepts difficile à appréhender par des néophytes… Le bâtiment se repose lui sur la gravité, et ça, tout le monde connait 😉

  5. @François> Tu te doutes bien qu’avec le poids, la pointe s’est un peu dépointifiée 😉 il y a même une piscine sur le toit..

  6. Je ne suis pas d’accord avec toi François. Ça m’arrive souvent. Il faudrait que je vienne également poster quand je suis d’accord sinon tu va dire à la maitresse que je fais que t’embêter !

    Bon alors. D’une part le site France.fr n’a rien d’un grand projet. Du moins il n’y a aucune architecture particulière à avoir pour ce genre de site, juste gérer du trafic sur un site sans aspect métier particulier. Le site de la Fnac est un grand projet avec de la prise de commande, de l’interrogation de stock, du contenu à gérer, et du trafic, etc…

    « La SSII ne sont pas spécialisés internet », alors que veut dire spécialisé internet ? A la rigueur tu me dis, qu’elle ne savent pas faire du ecommerce peut être et encore, fnac.com par exemple est géré par une grosse ssii et par la ssii interne de la FNAC par exemple et pas par une webagency. MAis spécialisé internet me semble quand même erroné. Le site de déclaration des impôts me semble être quand même un bon gros projet internet. C’est pas une webagency avec prestashop derrière qui va permettre de le faire … ;-p

    « Il ne connait pas forcément la différence entre une demande raisonnable et une demande extrêmement complexe ». Peut être mais c’est le boulot de la ssii qui doit exercer sont devoir de conseil et lui faire comprendre cela. J’aurais plutôt dit, un client ne sait pas ce qu’il veut. Il ne sait pas exprimer un besoin et ne sait pas le détailler. Encore une fois c’est le métier de la ssii.

    Ensuite « Il n’a pas non plus forcément conscience qu’on ne peut pas faire évoluer les demandes au fil de l’eau, pendant les développements. » Encore une fois je ne suis pas d’accord, il existe depuis plusieurs années des cycles de développement permettant le changement. Le cycle en V ou Y permet des allées retour, certes couteux, mais possibles. La méthode SCRUM, dite agile, est justement faite pour permettre le changement. On applique un développement itératif et incrémental qui permet un feedback du client. Des versions intermédiaires du logiciel sont testées et potentiellement déployables en production. Le client peut alors se rendre compte du produit et effectuer des changements. Le coût du changement est maitrisé.

    Je crois surtout que l’analogie avec le bâtiment ne fonctionne pas car il y de grande différence entre les deux. D’une part le logiciel et le bâtiment sont deux industries qui n’ont pas le même age. D’autre part le logiciel est une oeuvre de l’esprit impalpable et que l’on peut difficilement juger dans son ensemble. Un mur pas droit se voit plus facilement qu’un problème de gestion des transactions en environnement distribué. De plus il n’y a pas 50 façons de faire un mur ou de poser une cloison, alors que vous pouvez demander au même développeur de coder 2 fois une méthode et à coup sur il le fera de manière différente. Dernier point, et après j’arrête, dans le bâtiment, on travaille avec des unités pré-construite. Une cloison en placo, une brique, un escalier (livré d’un seul tenant), une fenêtre. Dans le logiciel ont fait encore beaucoup de composant à façon. On redéveloppe les briques en copiant collant des trucs qu’on a déjà fait. On ne dispose pas souvent d’une bibliothèque de composant comme dans le bâtiment. Pour toutes ces raisons (y’en a encore d’autres), il n’est pas possible de comparer les deux industries.

    Le logiciel aimerait bien ressembler au bâtiment, on le voit bien au vocabulaire utilisé (brique logiciel, architecture, outils, recette, chantier, etc…) mais c’est pas encore gagné et en plus le logiciel a des contraintes et des aspect qui feront que ça ne sera jamais le bâtiment.

  7. Bonjour François,

    « Il n’a pas non plus forcément conscience qu’on ne peut pas faire évoluer les demandes au fil de l’eau, pendant les développements »

    Et bien, justement, c’est là tout l’avantage de l’informatique sur le batiment; on gère des octets, pas des atomes, et nous ne sommes pas soumis aux lois impitoyables de la mécanique. Donc, la pyramide à l’envers est possible, même quand on avait décidé de la faire à l’endroit au début du projet.

    Cela s’appelle l’agilité qui permet de déceler les erreurs de conception très tôt dans le projet, et d’adapter les réalisations aux besoins qui évoluent en fonction de l’existant.

    On est d’accord qu’on est encore une industrie toute jeune, et qu’on a beaucoup de progrès à faire dans cette direction et que c’est une affaire de spécialistes. Cela prendra du temps avant que cela touche les décideurs des gros projets, et c’est aussi pour cela qu’on fait des startup innovantes pour faire bouger les lignes !

  8. Une fois n’est pas coutume, je ne suis pas du tout d’accord avec Jérôme ;

    France.fr est un grand projet dans le sens où il coûte 1,6M€; A partir de là, il y aurait pu y avoir certains garanties / SLA sur la livraison du projet. Par contre, il n’est certes pas extrêmement complexe, quoique la gestion d’un fort afflux l’est plus qu’on ne le croit.

    L’analogie avec le bâtiment est une analogie éprouvée et validée par les plus grands décideurs (je pense aux participants des conférences CESAMES – Air France, Dassault,… – , à Michel Volle, et j’en passe), tu ne fais simplement pas les bonnes liaisons et il n’y a pas de question d’âge (le logiciel va mûrir, il est question du logiciel propre dans l’absolu – tel qu’il devrait être – et non de son présent non-mature)

    Le logiciel, une vue de l’esprit ? le bâtiment également, tant qu’il n’est pas couché sur le papier par l’architecte. Tiens l’architecte, le même que l’architecte logiciel, ils ont les mêmes fonctions.

    Il n’y a pas 50 façons de faire un mur ? Si. Suivant les matériaux (langages), les murs pré-conçus en usine et montés sur place (briques progicielles), la façon de construire les murs (les 4 en même temps, comme lorsque plusieurs développeurs/maçons travaillent en même temps, ou un mur puis l’autre, ligne par ligne ou en diagonale, cimenté à la ligne ou cimenté brique par brique,…)

    La méthode SCRUM trouve d’ailleurs aussi son analogie puisqu’elle permet de rendre les murs visibles et de se rendre compte que les chiottes sont dans la cuisine..

    « On redéveloppe les briques en copiant collant des trucs qu’on a déjà fait » : ben oui, de même dans le bâtiment, les briques sont construites pour être utilisées dans de nombreux types de bâtiments différents, de même que de nombreuses matières premières.

    Le logiciel a raison de se coller aux règles du bâtiment car les contraintes sont les mêmes :
    – les demandes exprimées sont rarement les besoins réels
    – adaptation à l’environnement du batiment
    – base solide
    – structure déterminante (les batiments hauts doivent pouvoir résister à de hautes températures, à des impacts d’avion,… donc les pièces ne doivent pas être des plus rigides)
    – capacité à se développer (scalabilité, agilité,…) et à se moduler (possibilité de rajouter d’autres espaces, comme pour les hôpitaux, etc.)
    – cohérence de l’ensemble (bon équilibre des pièces, bon emplacement des pièces les une par rapport aux autres pour permettre l’accès facilement)
    – lors du montage : matière d’oeuvre entrante, matière d’oeuvre sortante, informations en entrées, personnes qui contrôlent le bâtiment,… comme dans tout processus (informatique ou pas)

    Le logiciel doit se comparer au bâtiment pour murir.

  9. L’exemple de Rom’s m’a fait repenser à cette autre réalisation, le siège social de Pernod Ricard, situé en région parisienne :
    http://de.structurae.de/files/photos/1798/fr_94_creteil/sdsc03572.jpg

    Bon, il est facile d’imaginer que les concepteurs du bâtiment ont peut-être abusé des produits de leur client tout en dessinant leurs plans…

    Je sais, ça ne fait pas avancer le débat lancé par François, mais ça fait pas de mal non plus… 😉

  10. Bonjour,

    Je trouve tout cela honteux venant de vous. Mettre un post comme ça sur votre blog est immoral. Des problèmes techniques peuvent arriver. Biensûr vous ne pouvez pas comprendre cela. Il est bien beau de donner des conseils et facile de ne rien faire réellement. Je vous y verrez bien à cette place.

  11. Je trouve Frank Lundy bien impliqué on dirait. Pourquoi réagir comme ça? Merci François (pour tout 😉 si tu vois ce que je veux dire et surtout quand je veux dire).

    Biz…

  12. « Frank Lundy est un Agent Spécial haut gradé du FBI recruté par le Capitaine Matthews pour diriger le groupe de travail consacré à l’identification et l’arrestation du Boucher de Bay Harbor.
    Lundy est cool, calme, confiant, incroyablement intelligent et très instruit sur l’esprit criminel, trouvant souvent lors d’une enquête une preuve importante que la police de Miami aurait oublié.

    Pendant l’enquête, Lundy s’approche progressivement et dangereusement de la vérité  »
    Un homme de cette envergure chez nous ? waow

  13. Je suis désolé mais je trouve tout cela grotesque. Nous sommes sur un blog professionnel ou non? En gros on peut marquer ce que l’on veut quand l’on veut. Vu le référencement du blog c’est assuré.

  14. Je me présente, je suis Dexter Morgan. Je suis très en colère de ce qui vient d’arriver et je vais continuer à vous traquer.

  15. Hum, tous les messages de type troll (pas d’identité des émetteurs et contenu agressif) viennent de la même IP, identifié comme étant chez TF1, à Boulogne…

  16. @Jérôme> Je reprends la réponse aux commentaires « intéressants ».

    Donc, oui, tu as raison, mon analogie à de grosses limites.

    Et oui, les méthodes agiles permettent d’introduire de la souplesse dans le processus de conception d’un service… Mais avec certaines limites.

    J’ai travaillé chez des clients, sympathiques et fatiguants, ou les demandes évoluaient « à la vitesse de la lumière ». Une autre expression, d’un collègue CTO : le client reboot tous les matins ;).

  17. Je pense au contraire qu’un projet informatique a plus de chances d’être bien boardé qu’un projet dans le bâtiment qui fait intervenir beaucoup plus de paramètres et d’intervenants.

    En ce qui concerne France.fr, ce n’est pas un gros projet comme le soulignait très justement un des commentaires, malgré son budget pharaonique qui, je l’espère, ne couvre pas que le développement du site.

    Même si le client est « délirant » dans l’expression de ses besoins, c’est au prestataire de savoir le cadrer, je dirais même contre sa volonté. La gestion de projet, c’est aussi beaucoup de diplomatie.

    N’ayant pas eu le cahier des charges ni le devis sous les yeux, difficile de blâmer qui que ce soit. Mais ça sent tout de même le projet réalisé par dessus la jambe pour trois francs six sous avec la recette du « beaucoup de blabla, des stagiaires et un CMS OpenSource » (entendez : gratuit !).

  18. François,

    Tu nous dit que « Hum, tous les messages de type troll (pas d’identité des émetteurs et contenu agressif) viennent de la même IP, identifié comme étant chez TF1, à Boulogne… »

    C’est quoi un utilisateur avec identité? Ton blog est anonyme, comment est-ce qu’on a une identité?

  19. @Pieroxy> Toi par exemple, tu n’es pas anonyme, puisque tu communiques avec un vrai mail. Bon, en l’occurrence, les lecteurs ne le voient pas, mais dans le back office de Word press, il apparait.

  20. Qu’est ce qu’un vrai mail?
    Un mail qui n’est pas hardbounce?
    Si je te dis que je m’appelle francois.ziserman3216@hotmail.com?

    On dévie clairement du sujet original (mes excuses) mais tes commentaires m’ont interpellé, je n’ai pu m’empêcher de te poser ces questions?

  21. @Julien> La question est légitime… Disons que dans le cas présent, c’est quelqu’un qui poste ce type de commentaires, avec un mail qui à l’évidence n’est pas réel.

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