Du paiement des primes AIG

C’est le « gros truc » du moment :

AIG, après avoir reçu des aides « colossales » de l’état américain, se prépare à verser des parts variables à ses cadres (qui semblent tout aussi colossales !).

Raisonnable ou surréaliste ?

Bien sûr, c’est évidemment surréaliste, qu’une boite au bord de la faillite, « perfusée » par les contribuables, puisse payer des primes à des salariés…

Sauf que… Sauf que ces cadres ont des contrats. En particulier, les parts variables sont dans la plupart des boites définies dans des annexes au contrat de travail.

Voilà : dans un tel contexte, l’entreprise se sent dans l’obligation de payer, parce qu’elle s’est engagé par écrit à le faire.

Même si c’est débile, l’entreprise est coincée. Si elle ne paye pas, les salariés peuvent se retourner contre l’entreprise, pour exiger que le contrat soit honoré.

Pour sortir d’une telle situation, on se dit que c’est pas compliqué : il « suffit » que les dit cadres, conscient de la situation, refusent cette prime.

Mais voilà, vous en connaissez beaucoup des gars qui diraient, dans une telle situation : le « global » est plus important que « ma pomme » ?

Et vous, que feriez vous ?

Et puis, au delà des cas « en haut de la pyramide », on peut facilement imaginer que beaucoup d’entre eux ont pu prendre des engagements par rapport à cet argent qui est du !

C’est bien ça le problème pour réformer un système : les choses s’enchaînent, et il est long et difficile de changer de cap !

Cela doit nous servir de leçon. Il faut en particulier être particulièrement attentif, dans une entreprise, par rapport aux promesses et aux engagements que l’on prend !

6 commentaires

  1. Oui en effet. Désormais quasi (à 80%) nationalisée AIG l’assureur des banques a englouti 180 milliards de dollars d’aides. Etonnant, à quelques jours du G20, on apprend que ces fonds ont en partie servi aux Banques Européennes assurées chez AIG : 12 milliards pour la Société Générale (qui sans ces rembooursements aurait déclaré 10 milliards de pertes si mes calculs sont bons), 4,5 je crois pour le CA Lyon…

    Message subliminal (ils sont forts ces Ricains) : vous voyez, on tient vos banques européennes par la peau du cou 😉

    No comment 🙂

    /Olivier

  2. bonjour,
    sauf erreur de ma part : « part variable » ça veut bien dire que le montant peut aller de 0 à XXX % de l’objectif fixé?

    si je prends ce point comme hypothèse de réflexion et de décision : Variable = 0.

    mais peut etre que ces personnes ont des variables garantis?
    dans ce cas, qu’on ne parle pas de variable!

    Ai-je loupé une information?
    merci.

    cordialement,
    doyu

  3. @Doyu> toute la question est : quel est l’objectif !
    On peut très bien avoir une boite qui va très mal, et avoir des parts variables avec les objectifs atteints. D’ailleurs, ça fait une raison de plus pour aller mal ;).

  4. à François : ok, mais on ne me fera pas croire que leurs objectifs avaient prévu la crise :o)
    et à priori, j’imagine (je ne SAIS PAS) que les objectifs sont surtout QUANTI …
    et les objectifs indiv sont atteients malgré la crise : soit, mais vue la crise, j’ai comme un doute que TOUS, ou même une majorité a atteint ses objectifs …

  5. Bonjour,

    Je me fais 2 remarques par rapport a cette situation en essayant d’être pragmatique et sans parti pris.

    1 – Si prime il y a c’est que les critères prévus pour accorder ces primes sont remplis. Alors je suis curieux de connaitre la nature des ces critères, car sur quelques bases honnêtes peuvent s’appuyer des indicateurs mesurables pour justifier ces primes. Se pose alors la défintion des critères ? On a l’impression que quelque soit la situation les pré requis pour l’obtention de ces primes sont de facto remplis…

    2 – Contrat oui, mais à situation exceptionnelle décision exceptionnelle. Ou bien comment justifier l’intervention de l’état dans ces entreprises ? Il semble parfaitement envisageable de conditionner l’intervention à la revue des pratiques qui prévalaient au fonctionnement ancien de l’entreprise et ayant entrainé les déboires.

    A suivre

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