La fin de Google et Facebook dans 5 ans ?

Un article fait du bruit en ce moment.

Il s’agit d’un article prédisant la mort prochaine de deux des plus grandes boites de l’internet : Google et Facebook.

L’analyse, pour simplifier, c’est qu’il y a des ruptures dans l’internet, et que les boites, en fonction de leurs cultures, ne peuvent pas forcément passer ces étapes.

Les grandes ruptures du web, d’après l’article, c’est :

  • Le Web 1.0, avec la naissance des grands acteurs historiques : Yahoo, Google, Amazon, …
  • Le Web 2.0, ou le web devient social. C’est évidement Facebook qui est le porte drapeau de cette génération là
  • La suite, ça serait l’internet sur les mobiles et les tablettes. Bref, ça ne sera plus du web, mais des applications.

Chaque entreprise à une culture, qui, comme l’ADN pour le vivant, structure a peu près tout (commercial, marketing, opérations, …), ce qui fait que les entreprises ont du mal à évoluer, et à franchir les ruptures.

C’est un thème qui m’est particulièrement cher. Quand j’accompagne des entreprises, pour ouvrir le canal e-commerce, c’est souvent le sujet : le e-commerce est, pour la plupart des entreprises, une sacré rupture.

Pour revenir à nos moutons, cet article est intéressant, en ce sens qu’il se pose la question, légitime, des grandes évolutions d’Internet, et de la capacité qu’auront les acteurs, à évoluer pour être adapté aux nouveaux paradigmes.

Je trouve déjà que les phases sont trop macro.

De mon point de vue, les générations d’Internet seraient plutôt :

  1. L’internet historique. Ce sont les premiers acteurs, qui ont posés les premières briques. Le web est alors statique, composé de pages et de liens.
  2. Le temps des portails et des moteurs de recherche de première génération. C’est la grande époque de Yahoo, Alta Vista, Aol. Le web devient dynamique, avec des photos.
  3. Le temps du web des moteurs de recherche de deuxième génération et des applications en ligne. C’est bien sûr Google le porte étendard de cette génération. Le web devient bien plus dynamique, et  multimédia.
  4. Viennent ensuite plusieurs ruptures : le web temps réel, et le web social. Facebook symbolise bien sûr le web social, et Twitter le web temps réel.

Les ruptures à venir en cours sont :

  • Le développement du HTML 5, qui fait du web un environnement applicatif très riche, bien éloigné du web composé de pages qui s’enchaînent
  • Les usages d’Internet, sur les terminaux qui ne sont plus des PC : les tablettes et les smartphones, bien sûr, mais aussi la télé (annonce demain de l’Apple TV ?)

Par rapport à ces ruptures, certaines entreprises tracent leur route, et progressent, comme si la route était « droite ». Je pense bien sûr à Amazon, qui, jusqu’à présent, s’en sort très bien, et n’a pas un seul concurrent crédible (même si d’autres acteurs comme Rakuten doivent être observés avec attention).

D’autres acteurs sont plus secoués, comme Yahoo ou eBay, qui ont du mal à se réinventer… A franchir les ruptures.

Alors effectivement, Google est en risque, sur plusieurs axes :

  • Les internautes vont sur Google parce que les réponses proposées sont de bonne qualité : on trouve en général assez vite ce qu’on cherche via Google. Cette qualité était basé principalement sur l’analyse des liens pointant vers une page donnée, et sur l’analyse du contenu de la page. Ces notions explosent, avec l’arrivée du HTML 5 et du web temps réel.
  • Le modèle de publicité de Google fait que, de plus en plus, le contenu des pages de Google est un résultat basé sur les publicités, plus que sur autre chose.

De plus, Google n’a pas, pour l’instant, réussi à se positionner sur les réseaux sociaux. Google+ n’a pas encore fait ses preuves. Et pourtant, il est évident qu’il y a des liens forts entre réseaux sociaux et moteurs de recherche.

Si les internautes passent beaucoup de temps sur les réseaux sociaux, ils sont moins sur d’autres services, ils vont donc moins cliqués sur les publicités de Google.

De plus,  les internautes peuvent prendre l’habitude de moins chercher, mais plutôt d’utiliser des liens recommandés par les réseaux sociaux.

Google est par contre très bien positionné sur plusieurs axes clés : les services géo-localisés, avec leurs données associées (Google Maps), et et le mobile, avec Androïd.

Autre atout pour Google : Google a construit une barrière à l’entrée très impressionnante : il s’agit de son infrastructure, unique, composé de près d’un million de serveurs (!!!).

Mais le développement de Facebook, très rapide, nous a montré à tous qu’en s’y prenant bien, on pouvait déployer un service, au niveau mondial, en quelques années.

Donc, oui, Google est challengé aujourd’hui.

Pour Facebook, est-ce que le développement des usages, vers les terminaux autres que PC, constitue un vrai danger, une barrière difficile à franchir ?
Je ne le pense pas. Ce que nous a appris l’échec de Google+, c’est que les utilisateurs ont un lien finalement très fort à Facebook, et ce, pour une raison simple : on y retrouve la plupart de ces amis.
Cela reste vrai sur les mobiles, ou sur une tablette.
Donc, je pense qu’effectivement Facebook pourra être challengé, par un acteur qui proposera quelque chose de bien mieux, encore plus viral, mais je ne suis pas convaincu que le mobile soit infranchissable pour Facebook.
Donc, pour conclure, je pense que l’article soulève un point intéressant : les entreprises sont toutes mortelles, et peuvent décliner, après avoir brillé haut.
Mais pour autant, au delà de cette généralité, je ne suis pas convaincu plus que ça par l’analyse. Je pense qu’il faudrait affiner l’analyse, en prenant plusieurs axes : usages, technologies, …. Cela permettrait, je pense, de mieux comprendre pourquoi certaines entreprises franchissent plus facilement que d’autres les ruptures.
Et vous, qu’en pensez vous ?

9 commentaires

  1. Bonjour et merci pour votre article.

    « Ces notions explosent, avec l’arrivée du HTML 5 et du web temps réel. » j’ai du mal à comprendre le rapport entre HTML 5 / web temps réel et analyse du contenu d’une page web. C’est certes plus complexe techniquement mais tout à fait envisageable surtout pour une structure qui à quelques bons ingénieurs comme google.

    Bonne journée à vous,

    François.

  2. @François> Le HTML 5 permet d’aller bien plus loin que ce qu’on fait en Ajax, au niveau page dynamique. On est donc, avec le HTML 5, encore plus loin du concept de page statique qu’on peut indexer.

    Au delà de la complexité, c’est plus un problème de fond : on n’a plus de notion de pages et d’arborescence de pages pour un site, mais une application en ligne, qui s’adapte dynamiquement en fonction des actions de l’utilisateur.

    L’indexation n’a donc plus aucun rapport.

    Pour prendre une analogie, c’est un peu le passage de l’argentique au numérique…. Google sera Kodak ou Canon ?

  3. Merci pour votre réponse rapide.

    Je ne partage pas votre avis, il y a tout ce qu’il faut comme moyen technique (surtout pour google) pour indexé ces contenus.

    Il s’agirait plus pour google de trouver un accord (difficile) avec ces réseaux sociaux qui rendent leurs informations captives (comme facebook) puisque privé/protégé par un compte utilisateur.

  4. Nous ne sommes donc pas d’accord, c’est le début d’une bonne discussion 😉

    Imagine une page qui présente une liste de produits
    Cette liste se met à jour en fonction des options choisie.

    Tout cela fonctionne en ajax ou équivalent.

    Que peux tu indexer ? Tu ne peux pas savoir sur quelles actions il faut cliquer, pour savoir quoi indexer ?

    Encore une fois, le problème n’est pas technique, c’est un problème de fond.

  5. le danger que je vois n’est pas tant technique ou technologique que légal ou business. En effet je pense que les modèles de FB ou même Apple très fermés, sont appelés à mourrir faute d’ouverture.
    Non pas que cela apporte qql chose, mais 1) la volonté de surveiller tous et tout le monde ne va pas s’arrêter et des agences gouvernementales vont demander d’avoir access aux data
    2) le gateau que represente ces données, interessent beaucoup de monde, donc à ne pas vouloir les partager, FB prend le risque de se mettre à dos de nombreux et puissants trusts, qui feront tous pour « casser » FB (au dela de la personnalité du dirigeant)

  6. Tout à fait d’accord avec Glaudeix, sans rentrer dans des élaborations techniques qui sont hors de sujet par rapport à ce billet, il est tout à fait possible d’indexé un contenu à un instant t accessible librement sur internet via une url.

    Le problème n’est pas technique mais bien légal/business comme le décrit Glaudeix.

  7. alors, vous profitez que je ne sois pas connecté pour mettre pleins de commentaires 😉

    On est d’accord : le pb n’est pas technique

    Mais je ne suis pas d’accord avec votre analyse : c’est de mon point de vue plus un problème de culture que tout autre chose

    A suivre !

  8. Hum, Culture culture quand tu nous tiens. Nos amis américains n’ont pas le syndrome de « l’exception culturelle Française ». Par contre ils aiment gagner des sous, et pour ce faire, n’ont pas trop de scrupule ni d’ethique (si tant est qu’ethique puisse avoir une sens dans ce contexte), donc si un modèle leur permet de gagner de l’argent en exploitant des données personnelles, eh bien ils le font. Si pour une raison qqlconque, ce modèle est « fracassé » (usage volontaire d’un vocable typiquement « business man ») eh bien soit la boite fait autre chose, soit elle meure.
    Tout est dans la capacité à changer / s’adapter / se transformer et encore, après une âpre lutte d’avocats fort couteuse (le changement pourrait donc être une question financière !!!), le tout avec énormément de pragmatisme. Aux US je ne connais personne qui pleure sur le 5250 🙂 alors qu’en France certains s’émeuvent du recyclage du minitel …. et encore dans cet exemple, Xavier N ou Orange ont su tirer profit du X25 …
    alors Culture or not culture I don’t know but business YES definitively

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