Bien choisir sa plate forme e-commerce

C’est une question qu’on me pose régulièrement, via le blog, par mail, lors de conférences ou dans le cadre de missions de conseils.

Bien souvent, mon interlocuteur, posant une question simple, attend une réponse tout aussi simple.

Malheureusement, il n’y a pas de réponse simple à cette question.

Et méfiez vous de ceux qui disent le contraire…

Alors, pourquoi ne pas faire un classement, de la moins bonne plateforme à la meilleure ?

Pour plusieurs raisons :

Il y a de nombreux critères à prendre en compte, quand on choisi une solution, et ces critères sont différents, d’un projet à l’autre.

Comment mettre dans un même panier des solutions pour des sites adaptés à des TPE et des solutions pour les grands groupes, orienté multi canal ?

Quand on se lance dans le e-commerce, si on le peut, le mieux est de partir sur des solutions SAAS, permettant de démarrer pratiquement sans investissement. Citons Oxatis, Powerboutique, Wizishop, Rentashop.

Ces solutions permettent de mettre en ligne des boutiques très correctes, et de concentrer son budget sur d’autres éléments tout à fait fondamentaux : le stock, l’acquisition de trafic.

Pour choisir, entre ces solutions, je vous suggère de passer beaucoup de temps sur les différentes boutiques en lignes réalisées avec ces solutions. Analysez les parcours clients, l’ergonomie, les temps de réponses. Contactez les e-marchands, qui bien souvent seront tout à fait prêt à vous parler de leur expérience.

Mais après, quand on est sur des projets plus complexes, plus riches, ou ces solutions ne sont plus adaptés, les choses deviennent bien plus compliquées.

Ce que je peux dire, c’est  qu’il ne faut absolument pas se limiter à une analyse fonctionnelle. C’est tout à fait insuffisant, voir inutile.

Pourtant, les éditeurs mettent en avant des listes à rallonge de fonctionnalités….

Pourquoi l’analyse fonctionnelle est elle limitée ? Prenons un exemple : vous avez besoin de mettre en place des mécanismes de promotions. Vous allez donc chercher, dans la liste des fonctions, s’il y a une ligne du type « promotion ». Mais quelles types de promotions voulez vous faire, et ces promotions sont elles possibles sur telle plate forme e-commerce ? Vous voyez ? La simple liste fonctionnelle est bien insuffisante.

Vous voyez ce que je veux dire ? Pour vraiment creuser au niveau fonctionnel, il faut rentrer dans le détail, à un niveau vraiment très fin, pour savoir si une solution est vraiment adapté à votre besoin.

D’autres critères sont au moins aussi importants.

Ce que fait la solution « out of the box » comme on dit, c’est une chose. Mais vivre plusieurs années avec la solution, c’est autre chose. Il est donc très important d’avoir une solution qui sera vraiment évolutive. Cela veut dire que vous pourrez faire évolution votre site, votre plate forme e-commerce, rapidement et avec des coûts raisonnables.

Pour ça, il faut plusieurs choses :

  • Il faut que la solution soit bien écrite à la base, que la structure soit évolutive ;
  • Il faut également que des équipes techniques maîtrisent bien ce code. Il est donc tout à fait important de voir quels sont les prestataires qui pourront travailler sur la solution ;
  • La solution peut évoluer via un éco système, une communauté. C’est bien sûr le cas pour les solutions open-sources, comme Magento, RBS Change, Prestashop, Oxid eSales… Dans ce cas, il est important de mesurer la taille et la dynamique de la communauté
Plus largement, ce qu’il faut prendre en compte également, c’est :
  • Le prix de la solution, et le prix des développements à faire pour avoir votre boutique ;
  • La technologie employée (Java, PHP, C#…) et sa compatibilité avec les autres solutions que vous utilisez
  • Le mode de solution : SAAS ou pas. Il existe des solutions SAAS pour les très rands projets, je pense bien sûr à Demandware.
  • Le dynamisme de l’éditeur et de la communauté : a quel rythme sortent les nouvelles versions ? Et quelles sont les nouveautés proposées
  • Les références, bien sûr, qui reste un facteur important, quelque soit la taille de la boutique
Bon, vous le savez, je fais des billets courts, je ne vais donc pas faire le tour de cette question ici, cela mériterait un livre…

8 commentaires

  1. En SAAS Magento.Go peut-être une solution intermédiaire.
    http://go.magento.com/

    On investit dans les habitudes de travail, l’organisation, la logistique.
    En cas de succès (c’est tout le mal qu’on peut souhaiter pour les e-commerçants) on a juste à faire évoluer la plateforme du SAAS, vers l’open-source hébergé , jusqu’à l’hérgement CLOUD (NBS)….

    qu’en pensez-vous?

  2. Encore une fois je suis bien d’accord avec François, le choix d’une plateforme de eCommerce ne peut, ne doit surtout pas, se limiter à une feuille excel même de 500 lignes (j’en ai vu 😉 ) listant les fonctionnalités voire les NFR (Non Functional Requierement) ni même un POC (Proof of concept) – le choix est engageant sur une pèriode plus ou moins longue (en générale lié au Retour sur Investissement).
    Un logiciel de eCommerce ne vit que rarement seul, il s’intègre avec d’autres solutions (ERP, CRM, Logistique, ..) souvent les moteurs intégrés sont peu sympathiques … bref c’est un choix qui doit s’appuyer sur du rationnel (bien sur) mais aussi sur une stratégie à laquelle il faudra se tenir. Un fois le choix fait, la première difficulté est de persuader les équipes de s’en servir, si d’aventure apres qql passages difficiles la direction vient à douter … aie aie
    Bien sur pas de choix doctrinaire, mais comme déja expliqué ici, si on prend une Solution SAAS (par exemple DemandWare que François, visiblement abandonne 🙂 ) et bien il faut accepter d’utiliser ce qui est diponible et pas s’arcbouter sur une promotion « stratégique » mais non disponible. J’en ai vu passé des demandes « ultra prioritaires » qui dont l’absence serait rédibitoire et qui en final non jamais été mise en oeuvre.
    Il faut aussi savoir être lucide. Une PME de 150 personnes qui achète WebSphere Commerce à IBM et qui pense pouvoir exiger le developement d’une fonction « indispensable » rêve ! (oui c’est un peu dur mais c’est très vrai) Je parle d’IBM c’est pareil pour Oracle/ATG ou les autres solutions éditeurs qui pourtant ne sont pas sans avantages loin s’en faut.
    Donc oui le choix d’une plateforme eCommerce n’est pas simple et je ne suis pas certain que même un livre en 3 tomes puisse répondre à la question.

  3. @D. Choisel> A priori pas convaincu 😉

    Je ne crois pas du tout qu’une même plateforme puisse être universelle, et en tout cas pas magento, que je pense adapté à certains projets, mais surement pas aux petits projets.

    @Jean Michel> On est en phase !

  4. Je me permets de rebondir sur l’aspect « liste de fonctionnalités » et sur l’approche de certains prospects autour des fonctionnalités. Justement c’est là ou le bas blesse souvent. Si je pose la question : voulez-vous utiliser les fonctionnalités de parrainage, ou de points fidélités par exemple, la réponse est souvent « oui », mais si je demande à ce même prospect :

    « très bien, et qu’avez-vous prévu comme mode de fonctionnement pour ces fonctionnalités ? »

    Bien souvent je réalise qu’il n’y a eu aucune réflexion sur ce point, et cette absence de réflexion en amont on peut la retrouver à peu près partout dans la réflexion. C’est assez gênant pour une plate-forme comme la nôtre qui est pensée « ouverte », c’est à dire qui est prévue pour s’adapter à des attentes plus que proposer des choses toutes faites et hyper cadrées.
    Mais c’est surtout symptomatique du cheminement de la pensée qui mène à la création d’un site e-commerce (je dirais même à la création de son entreprise, car c’est un tout). Loin de moi l’idée de les blâmer car vu de l’extérieur tout ce qui est notre quotidien reste complètement flou pour ceux qui souhaitent se lancer.

    La course à la fonctionnalité, c’est un peu comme acheter la dernière télé high tech en lisant la liste de fonctionnalités qu’on utilisera sans doute jamais mais qui fait du bien lorsqu’on pense qu’on l’a acheté (je ne sais pas si ce que je dis est très clair…). Chez Rentashop nous sommes de plus en plus « chiants » avec nos contacts : on les force à réfléchir, on leur envoie des questionnaires, puis on les renvoie avec d’autres questions, bref de nombreux porteurs de projets réalisent à travers ces échanges le cahier des charges qui aurait du être leur première démarche.

    C’est pour cette raison qu’on a besoin de vous, les consultants, pour aider les porteurs de projet à bien cadrer leur projet, à bien formuler leurs attentes ; ensuite, il ne nous reste qu’à leur donner les bonnes réponses, et ça c’est facile 🙂

  5. Quand je pense à « très bien, et qu’avez-vous prévu comme mode de fonctionnement pour ces fonctionnalités ? » en faite la bonne solution n’est pas technique mais humaine, la technologie doit être un choix du pro avec une maitrise à 100%, ensuite la démarche est simple à expliquer aux clients qui veulent avant toute chose une expertise bien plus que de la technique…

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