Concevoir des interfaces riches : nouveau métier ou déjà vu ?

Discussion enflammée lors du buffet, après le lancement de AIR et de Flex 3.

La thèse de mes interlocuteurs : rien de neuf sous le soleil. Concevoir une application riche, c’est du déjà vu. On faisait déjà ça au 18ème siècle (sic) !

Mes interlocuteurs : un ergonome et un consultant.

Je ne partage pas du tout leur point de vue.

Je pense qu’au contraire, la conception d’un service web, et encore plus d’un service web riche, c’est un vrai nouveau métier.

Je ne crois pas qu’on peut concevoir l’intelligence, l’ergonomie, la fluidité, la beauté d’un service comme on concevait un meuble.

Je pense que c’est fondamentalement des métiers différents, qui demandent des cultures différentes, des outils différents…

Le futur des applications en ligne / Lancement d’AIR demain

Demain soir a lieu le lancement officiel d’AIR d’Adobe (vous y serez ? Moi, oui !).

L’occasion de se reposer la question : quel est l’avenir des applications en ligne ?

On peut utiliser une application qui va se jouer dans le navigateur (un service Internet quoi).

Avantages :

  • L’utilisateur n’a rien à installer, donc un accès rapide à l’application, un accès depuis n’importe quel ordinateur, et pas de problème de mise à jour ;
  • On bénéficie de facto de toute les fonctions autour des URL (bookmark, copier / coller, et les effets viraux, en avec la transmission très facile de l’adresse du site) ;
  • L’utilisateur est (normalement) en sécurité, l’application en ligne ne peut pas accéder aux ressources locales de l’ordinateur : ni les fichiers sur le disque dur, ni les périphériques (micro, caméra, …). Rien excepté la zone graphique contenu dans la fenêtre du navigateur, la souris et le clavier pour entrer des données ;
  • L’interface est assez bien balisée (là aussi, normalement ;) ), et l’utilisateur a des repères, il sait ce que c’est qu’un formulaire, qu’un lien, une page, …
  • L’application est la même, quelque soit l’ordinateur, le système d’exploitation, le navigateur (ok, je simplifie ;) ).

Inconvénients :

  • Avec les applications évoluées, le navigateur est “décalé” : le bouton back est inutilisable, l’application a besoin d’accéder à plus de ressources (caméra, …) et l’interface est un peu limité ;
  • L’application n’est accessible que quand il y a une connexion Internet (a modérer, avec les propositions de Google).

C’est donc pour donner “plus d’air” aux applications en ligne qu’Adobe a développé son AIR.

L’idée est d’avoir le beurre et l’argent du beurre.

En fait, c’est évidement pas si simple :

  • L’utilisateur doit installer l’application AIR (ok, très peu de clics) ;
  • Les mises à jour sont pratiquement transparentes : comme il y a une application locale, il faut bien mettre à jour l’application. Mais cette mise à jour est automatisée (comme la plupart des applications, aujourd’hui) ;
  • L’interface n’est plus du tout banalisée. Ce n’est pas une critique, puisque justement c’est le but, de sortir des limites du navigateur. Le résultat sera dépendant de ce que feront les éditeurs… On verra le meilleur et le pire !
  • L’application est bien la même, quelque soit la plate-forme, c’est ce qu’apporte le moteur AIR.
  • L’application peut fonctionner en mode off-line, cela dépend de l’application (l’application eBay en mode off-line n’est pas opérationnelle) ;
  • On peut bien sûr se passer l’url qui pointe vers la page d’installation de l’application, mais il est certain qu’on n’aura pas le même niveau de viralité par rapport aux URL…
  • La sécurité : ah, je suis impatient d’en savoir plus demain. Adobe devait y travailler, c’est évidement un sujet clé.

Dans une application AIR, le runtime AIR n’est pas visible, seule l’application apparait sur le bureau de l’ordinateur.

La gestion des applications est donc laissée au gestionnaire de fichier de l’ordinateur.

C’est là que je reviens avec mon idée, d’un navigateur sans bord de fenêtre… C’est peut être un compromis plus intéressant : garder la notion de navigateur, d’URL, mais avec certaines applications en ligne, qui prendraient la main sur la fenêtre du navigateur.

Pourquoi ?

  • Pour garder justement la notion d’URL et tous les avantages associés ;
  • Pour avoir le double mode : service Internet ou service “application” ;
  • Pour simplifier encore plus les processus d’installation ;

Mais voilà, Adobe ne me demande pas mon avis pour spécifier ses produits. Microsoft non plus remarquez !

Just after…

Juste une petite photo, prise par Philippe, juste après la conf :

Fred & François

Le p’tit dej c’est bien passé : pas mal de monde, visiblement de l’intérêt dans la salle, avec des questions intéressantes, des témoignages passionnants (Christophe, de BPI pour le site jeanpaulgaultier.com et un témoignage sur une expérience de visualisateur 3D pour un constructeur automobile)

Même Olivier m’a dit du bien de l’approche RichCommerce ;)

Vous pourrez trouver un premier feed back ici.

Vous en voulez encore ?

Mon billet précédent (celui là bien sûr) a eu son petit succès.

On est tous bien d’accord, la question, c’est comment vendre plus, comment utiliser les interfaces riches pour mieux mettre en valeur le produit.

Dans ce nouvel exemple, le produit est mis en valeur avec une interface 3D, sous flash :

ShokwaveAbsorber utilise les interfaces riches pour mettre en avant le produit

Vous trouvez pas qu’ils sont bien présentés les produits ?

En tout cas, on est en plein sur le sujet de RichCommerce.fr.

Bon, je suis sur la mauvaise pente moi, qu’est-ce que je vais vous montrer demain ?

Fred + François = Nouveau site RichCommerce !

J’en avais parlé à plusieurs reprises (ici par exemple)…

Fred en avait également parlé (là par exemple)…

C’est parti : voici le nouveau site “RichCommerce”, en collaboration avec Mr Fred Cavazza himself.

Copie d'écran du nouveau site richcommerce.fr

Un nouveau blog sur le RichCommerce donc. Un blog de plus ?

Le rich-commerce, c’est la contraction des interfaces riches et du e-commerce.

L’objet de ce nouveau blog, c’est de porter nos réflexions, à Fred et moi, sur l’avenir des nouvelles interfaces, au service de la vente en ligne.

Des interfaces riches : pour vendre plus ?

On parle souvent d’interfaces riches, des services qui intègrent de la 3D, de la vidéo, des animations.

Mais est-ce que cela fait vendre ?

Je vous propose, pour s’en convaincre, de passer faire tour sur www.knickerpicker.com

Copie d'écran du site www.knickerpicker.com/, utilisant les interfaces riches...

Le mélange de flash, de petits films, d’animations, est très… convaincant !

D’accord, le sujet s’y prête, d’accord, c’est plus facile que pour des sacs poubelles, mais il est bien évident qu’on peut utiliser ces technologies pour tout un tas de produits.

Merci Manu (encore ! ;) ).

Cette news tombe à pic pour faire un peu de “teasing” : les interfaces riches, et le e-commerce, voilà un sujet sur lequel je vais bien vite revenir… Stay tuned !

Prédictions pour 2008

C’est le moment pour se lancer (mon billet précédent était plutôt une vision moyen / long terme sur l’avenir).

Donc, qu’est-ce qui nous attend pour 2008 ?

Contexte matériel et logiciel…

Explosion des interfaces multi-touch

Je suis convaincu qu’on est au tout début de cette révolution dans les interfaces.

L’iPhone ouvre le bal, la table “Surface” de Microsoft ouvre une autre voie…

Je pense (comme beaucoup d’autres d’ailleur) qu’Apple va poursuivre sa “croisade” en sortant rapidement un ordinateur portable, utilisant les technologies de l’iPhone… ça devrait faire un carton !

Vrai lancement des disques durs SSD

Tout est là pour que les disques durs sans disque dur (à mémoire flash quoi) se développent vraiment. C’est important car ça va changer la performance de nos ordinateurs (le disque dur est la partie la plus lente), leur poid et leur autonomie.

Sortie d’un ordinateur utilisant l’interface type DS

C’est une idée que j’avais en tête depuis longtemps (la métaphore du livre qu’on ouvre, avec un écran à gauche et à droite). Nintendo l’a fait avec sa DS, mais je pense que cette idée pourrait être reprise pour un ordinateur portable… Allo, Steve ?

Rachat (très cher) de Facebook par un grand (Google ? Microsoft ? Yahoo ?)

FaceBook ne peut pas laisser indiférent les grands acteurs Internet. La valeur du service est très élevée : savoir qui est en relation avec qui, ça vaut de l’or… Mon favoris serait bien Google, mais l’investissement de Microsoft peut changer la donne…

Bataille sur le terrain des interfaces riches : avantage Adobe

Rude bataille sur le terrain des interfaces riches, avec la monté en puissance de Microsoft avec Silverlight pour essayer de contrer Adobe sur le terrain Flash / Flex / Air. Mon pronostic : avantage Adobe en 2008, mais Microsoft nous a montré par le passé qu’ils savent tenir la distance, et qu’ils deviennent dangereux vers la version 4… Cela met la pression à Adobe, et c’est tant mieux pour nous !

Et pour le e-commerce…

Les grands acteurs multiplient les expériences “rich commerce”

Le Rich commerce : le e-commerce utilisant les interfaces riches pour vendre plus, vendre mieux, vendre différemment… Un vrai sujet, dont je vous reparlerais bien vite…

Comme je l’ai souvent dit, la solution est de choisir “le beurre et l’argent du beurre”. C’est à dire, poursuivre le développement du site “traditionnel”, et de développer en parallèle d’autres sites, utilisant des interfaces plus innovantes. Ce n’est pas un hazard si c’est la stratégie d’Amazon…

L’autre axe, c’est d’enrichir le coeur du service, en ajoutant, aux bons endroits, des contenus “riches”. Je suis ainsi convaincu que la vidéo va poursuivre son développement en 2008.

Pour la 3D, je pense qu’il y a des expériences intéressantes, mais que le vrai développement de la 3D pour le e-commerce attendra encore un peu…

Développement de la poche de valeur, entre les marchands et les clients

C’est l’un de mes sujets favori !

Je ne prends pas beaucoup de risque sur un tel pronostic… Cette valeur est déjà bien réelle, avec des acteurs comme Kelkoo, Shopping.com…

Mais ce marché doit évoluer, se restructurer. Cette valeur est aujourd’hui bien peu cultivée !

Je prédit donc la sortie de nombreux nouveaux services sur ce secteur. Pour les utilisateurs, la difficulté sera de choisir parmi la multitude de services, qui se ressemblent un peu tous… Jusqu’à ce que certains trouvent la recette miracle, comme Facebook ans un autre domaine. Je pense que la concentration dans ce domaine se fera, mais plus tard (faut bien que j’en garde pour 2009 ;) ).

Vrai démarrage du m-commerce

Là je prend un risque. Je suis sûr que ce jour viendra, mais quand ? C’est une question compliqué, lié pour beaucoup aux grands opérateurs. Ils s’accrochent à leurs “vaches à lait” mais les brèches s’ouvrent, avec comme signe marquant le deal signé par Apple avec Orange (partage des revenus, entre Apple et Orange sur les services, services gérés par Apple et non par l’opérateur…).

L’avenir du RSS

Eric ne crois plus en l’avenir du RSS grand public…

Le RSS est une technologie. En tant que tel, elle ne passionne pas les foules.

Pour être utilisée, elle doit être mise en oeuvre par des services.

C’est ce qu’a fait par exemple Apple en incluant les Podcasts dans iTunes.

C’est, il me semble, un cas concrêt d’usage geand public du RSS.

L’idée de s’abonner à des émissions, et de pouvoir les écouter, n’importe où, n’importe quand, recouvre un vrai usage.

C’est ça le RSS à mon sens : le moyen moderne de s’abonner à des contenus, des informations qu’on choisi et qu’on consulte dans la plus grande liberté.

A celà, j’entends parfois dire que le mot “abonnement” recouvre l’idée de payant. Si le probème est là, je ne suis pas inquiet : les utilisateurs comprennent très vite quand un service est gratuit !

Repas / réunion sur les interfaces riches, avec Adobe

J’étais invité par Adobe, ce soir, à une soirée / débat sur les interfaces riches, et les impacts sur le e-commerce et sur les développements.

C’est toujours sympa de discuter avec tout pleins de monde intéressant, comme Michael, Jean Louis, Fabien, Yann, Aurélien

Théoriquement, Olivier devait tenir un ordre du jour bien précis… mais avouons le : on se retrouve, et on refait le monde, entre nous, tranquillement.

Nos points communs : être fondu d’Internet et des nouvelles interfaces.

La discussion part donc dans tous les sens !

On a par exemple beaucoup discuté architecture : vaut il mieux un bon développement, mono techno, ou une séparation en couches, avec des échanges par web services ?

En fait, évidement, tout est possible, celà dépend du contexte, du cahier des charges, du budget…

Vous n’imaginez pas comment un tel sujet a pu nous animer… Les tables voisines devaient pouvoir participer ;)

Une bien bonne soirée donc, ou j’ai appris pleins de trucs, rencontré des gens supers et bien rigolé.

Vivement la prochaine édition…

Facebook peut-il mourir de son succès ?

Je discutais avec de jeunes entrepreneurs, qui m’ont expliqués qu’ils ont “interdit” facebook à l’un des fondateurs, parce qu’il passait trop de temps sur Facebook.

Trop de temps ?

Oui, car, m’ont ils expliqués, dans certains réseaux (universités, écoles, …), le réseau va tellement vite qu’on se retrouve super rapidement avec des centaines “d’amis”. Et comme sous facebook, on peut contacter des amis, ou des “amis d’amis”… par mail, et bien dans ce genre de situation, on se retrouve à répondre à des dizaines de sollicitations par jours.

Objectivement, la plupart des sollicitations sont faites par des personnes que vous ne connaissez pas…

en y réfléchissant, je me suis dit que c’était un vrai danger pour Facebook. Le danger que le réseau d’amis, de relations, se transforme en immense “machine à spam”.