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Pourquoi Apple fait il de si mauvais choix ?

Dans mon billet précédent, je suis allé directement à la conclusion : les ordinateurs Apple sont sur la fin.

Pourquoi suis-je arrivé à cette conclusion ?

Plusieurs raisons :

  • Apple n’a pas mis à jour les ordinateurs de bureaux, iMac ou MacPro, ou Mac Mini
  • Apple a fait des choix problématiques sur le seul ordinateur mis à jour : le Macbook Pro

Les choix problématiques sont :

  • Uniquement des ports USB-C
  • Prix trop élevés
  • Autonomie de la batterie en baisse
  • Encore mois de flexibilité avec le SSD soudé ou avec un nouveau format inconnu

Apple a su dans le passé bouleverser le marché, en faisant des choix audacieux.

Mais ce move là n’est pas raisonnable, il est théorique, débranché de la réalité : le port USB est devenu un standard mondial, utilisé par tous les appareils.

Retirer tous les ports USB, c’est donc nous obliger à acheter une brouette d’adaptateurs : pour le réseau, pour les appareils USB (y compris l’iPhone !), pour toute imprimante, …

Combinez ces différents paramètres : connectivité, autonomie, non évolutivité, et prix : vous comprenez que vous ne pouvez pas acheter cette machine : c’est un mauvais choix.

Ce gars là a fait des tests intéressant, à regarder avant d’acheter un macbook pro !

Alors quoi ? La question qui se pose est : comment Apple peut elle faire de tels erreurs ?

Je vous répondrais : et pourquoi pas 😉 ?

Les entreprises sont dirigés par des personnes, et « nobodies perfect ». Tout le monde peut faire des erreurs, y compris de grosses erreurs.

Et ne vous trompez pas : la taille des équipes n’y change rien. On a vu de très grosses boites faire de bien grosses erreurs.

Mon sentiment est qu’Apple essaye de suivre la direction impulsée par Ste Jobs, mais c’est juste impossible sans Steve Jobs !

Bon après c’est une boite extrêmement riche, ils peuvent analyser la situation, et corriger le tir. Je l’espère d’ailleurs… Mais autre chose que j’ai appris, c’est que quand ça va mal dans les boites, il y a un risque très élevé que les réactions soient très mauvaises. Pour pleins de raisons que je ne détaillerai pas dans ce billet, ça mériterait un autre article 😉

A suivre : au delà du pic des achats liés à la nouveauté tant attendue, on verra comment les ventes vont évoluer, et comment l’offre va évoluer.

Ordinateurs personnels : La théorie des cycles ?

Quelque soit le sujet, quand on suit les choses de près, on a une impression de relative stabilité, mais si on prend un peu de recul, c’est très différent…

Prenons un exemple : le marché des ordinateurs.

Depuis pas mal de temps les choses sont assez stables : il y a les PC et les MAC.

 

Mac versus PC

Mais cette situation est finalement pas si stable que ça. Dans les années 70, a la naissance de la micro informatique, il y avait des dizaines de type d’ordinateurs. Les Comodore, Amstrad, Synclair, … Apple a été le premier a vraiment dominer le marché, puis est arrivé l’IBM PC, rapidement copié par tous les fabriquants…

CPC Comodore

Il y a eu aussi la belle époque des ordinateurs Unix, dont Sun était l’un des piliers.

Il y a eu ensuite le moment ou Apple a perdu son mojo, et le monde s’est retrouvé dominé par les PC.

Et puis Steve Jobs est revenu chez Apple, a remis les équipes au travail. Le résultat a été de donner 20 ans de belle croissance aux ordinateurs MAC, qui ont repris du terrain.

Aujourd’hui, le sentiment partagé par pas mal de monde est que le MAC est plutôt dans un cycle descendant. Apple laisse mourir ses ordinateurs de bureaux, et propose des ordinateurs portables bien trop chers. On sent bien que Apple ne met plus beaucoup d’énergie sur le MAC. Les Macs, bien trop chers, qui n’évoluent plus beaucoup… on voit bien la direction que ça prend. Sans inflexion chez Apple, d’ici 10 ans, le Mac aura disparu.

Qui peut remplacer le Mac ?

Bien sûr certains utilisateurs n’utilisent plus un ordinateur : ils n’en ont pas besoin. Ils sont très heureux avec une tablette ou un smartphone.

Mais pour les autres, le monde va-t-il se réduire aux PC ?

Je pense que le Chromebook a ses chances : tout faire depuis le navigateur est une vrai option et le mode « connecté tout le temps » est de plus en plus une réalité.

Quelles peuvent être les alternatives ? Y-a-t-il de la place pour de nouveaux acteurs ?

Sinon j’imaginerais bien un nouveau constructeur, qui ferait de l’intégration verticale de qualité, avec un OS basé sur une bonne distribution Linux. Il y aurait un gros travail pour délivrer une expérience utilisateur satisfaisante… Crédible ?

Quel futur pour Apple ?

Apple a annoncé plusieurs nouveautés lors de la WWDC, toutes logicielles.

Quelques news. Avec les nouvelles versions des OS des produits, il va être possible de… :

  • Débloquer son mac avec son Apple Watch
  • Payer une commande en ligne, sur son mac, en utilisant le capteur d’empruntes digitales de l’iPhone ;
  • Faire un copier depuis l’iPad et un coller sur le mac.

Vous voyez ? Apple développe des scénarios ou, pour peu qu’on soit « multi équipé Apple », la vie est « meilleure ».

Cela ne crée de la valeur que pour la part des clients « multi équipés ». Quelle part cela représente ? 15% des clients ? Probablement pas beaucoup plus.

Alors, est-ce vraiment une bonne idée de mettre toute cette l’énergie pour un sous ensemble de clients ?

Cela va augmenter la complexité de l’ensemble, et ralentir (encore plus) le rythme d’évolution des différents produits.

Bref, je ne suis pas convaincu… Et vous ?

La différence entre un succès et un échec

Le prétexte, ça sera l’Apple Watch pour parler de ce sujet 😉

Donc, quelles sont les ingrédients pour un succès ? Peut on prédire un échec ?

Dans certains cas, c’est facile : la nouvelle tablette de Microsoft est clairement partie pour être un échec : un produit lourd, cher, qui a l’interface de Windows pour se piloter avec un stylet, tout est là pour échouer.

Si il est souvent facile de prédire l’échec, prévoir le succès est bien plus difficile.

Si on prend un nouveau produit, l’erreur « basique » est de regarder, fonction par fonction, si c’est nouveau ou pas.

Exemple : l’iPhone (à sa sortie en 2007), quoi de nouveau ? On pouvait déjà téléphoner, naviguer sur internet et envoyer des mails depuis un Nokia Communicator.

C’est un ensemble de détails qui ont fait une énorme différence. Pour l’iPhone, c’était un écran tactile multi point, interface vraiment ergonomique, …

Alors, quel va être l’avenir de la Watch ?

Factuellement, elle propose rien de complètement révolutionnaire. Elle affiche l’heure, et propose tout un tas de service plus ou moins communicants, ce que font également les montres Sony, LG ou Samsung.

Je pense pour ma part que ça peut faire un carton, non sur une innovation en rupture, mais sur la qualité globale de l’expérience utilisateur.

C’est bien le savoir faire d’Apple, que de proposer des produits avec une expérience utilisateur bien plus travaillée que ce que propose les concurrents.

Donc, de mon point de vue, la question est vraiment sur cet axe là : l’expérience client sera-t-elle à la hauteur des enjeux : une montre qu’on porte à son poignet, et qui doit donc être encore plus facile à utiliser qu’un smartphone.

Cette question est finalement bien plus importante que l’ajout d’une fonction « innovante » mais in-fine gadget.

Bon, bien sûr, sur un tel produit, il faut aussi qu’il soit « beau », qu’il « séduise ». Là, je ne me risquerais pas à faire le moindre diagnostique : le « beau » est une science tellement particulière…

Enfin, c’est vrai que certains sont déçus, certaines maquettes faisaient plus rêver… Mais bon, il y a le rêve et la réalité

iWatch

 

Microsoft – Nokia : La fin des pur player software ?

Toute l’intelligence de Microsoft, à ses débuts, ça a été de comprendre avant tout le monde, que

  • le logiciel, c’est un composant clé des ordinateurs,
  • on peut faire du logiciel un business (très) rentable
  • on peut développer du logiciel de manière relativement indépendante des constructeurs d’ordinateurs

(à une époque ou un grand constructeur Français, Thomson pour ne pas le nommer, avait réussi l’exploit de sortir un ordinateur … sans OS 😉 )

D’autres très très grands éditeurs de logiciels ont émergés, soit pour le grand public (Google, Facebook, Adobe) soit pour les pros (SAP, Oracle, Adobe).

 

Les récents mouvements vont dans l’autre sens :

  • Apple s’est développé sur un modèle très intégré soft +hard
  • Google a racheté Motorola
  • Microsoft vient donc de racheter la branche téléphonie de Nokia (bon, c’était une affaire, à 5,4 Md €)

Assiste-on à la fin du modèle séparé éditeur – constructeur ?

Difficile à dire mais ces mouvements, quand on prend du recul, sont étonnant. Il faut bien voir que le moteur principal de tout ça, c’est le modèle économique, qui évolue vers la publicité. Et pour gagner de l’argent avec la pub, il faut maîtriser l’affichage du terminal…

On aurait pu penser que le tout internet allait au contraire renforcer la séparation soft – hard…

A suivre :

  • Facebook va-t-il vraiment se développer avec son propre smartphone ?
  • Microsoft va-t-il réussir à créer de la valeur avec Nokia ?
  • Même question pour Google (la preuve n’est pas encore faite) ?
  • Adobe va-il racheter … HTC ou Lenovo ? 😉
  • Les opérateurs vont ils entrer dans la danse et racheter des constructeurs, afin de remonter dans la chaîne de valeur ?

 

Réinventons le e-commerce – Merci Peggy

Peggy est géniale : elle a organisé cette soirée sur le e-commerce, et c’était super bien !

Marc Lolivier nous a parlé de sa vision du e-commerce :

50 Milliards d’euros en 2013, 130 000 sites, un nouveau toutes les 1/2 h !

32 Millions d’acheteurs, qui dépensent 1300 € par an… Et les perspectives de croissances : les anglais achètent deux fois plus en ligne !

Stéphane de Sellermania nous a rappelé à juste titre que faire du ecommerce ne rimait pas forcément avec créer un site ! Une grande partie des clients SellerMania n’ont pas de site !

Richard de Pompe à bierre nous a parlé de sa propre aventure : partir de rien et monter une boite qui fait des millions en ligne…

Ce que j’en retiens c’est : le choix d’un secteur pas trop encombré, du bon sourcing produit, de la passion, et du travail… beaucoup de travail !

Enfin, avec Benoit, on a parlé du cap des 2 / 3 ans : monter un site est facile, le faire réussir, garder la pêche, c’est une autre affaire ! Externaliser certains métiers permet de se concentrer sur le coeur de la valeur (et là, c’est différent suivant les sites)

Merci Peggy 🙂

La segmentation du marché des outils e-marketing

Certains vendeurs vous promettent des outils qui font tout… Il faut s’en méfier.

Le e-commerce se professionnalise, chaque discipline devient de plus en plus pointue.

Un outil qui fait tout, c’est soit faux, soit il fait tout… moyennement, soit ce n’est simplement pas vrai.

Exemple intéressant sur le marché  des outils qui aident à améliorer le taux de transformation du site :

Cela recouvre, au moins :

  • Moteur de recherche
  • Navigation à facettes
  • Moteur de recommandations personnalisées

Pour répondre à ces besoins, on trouve des outils plutôt focalisés soit sur le moteur de recherche (Exemple : Antidot), d’autres outils focalisés sur la navigation à facettes (exemple : Endeca), et d’autres enfin sur le moteur de personnalisation.

Je viens d’apprendre que l’un des acteurs leader sur la navigation à facette vient d’ajuster sa stratégie, et laisse complètement tomber la personnalisation.

C’est intelligent, car cela permet d’être excellent sur son coeur de métier, et de signer des partenariat intelligent avec d’autres acteurs.

A suivre 😉

La fin des pur players ? c’est pas pour tout de suite !

On entend régulièrement que c’est la fin du e-commerce, que tout ça c’est du commerce, …

Je l’ai déjà dit plusieurs fois, je ne partage pas cette vision qui me semble bien théorique.

Je pense que les pur-players peuvent encore se développer, et se différentier, avec les bons produits, la bonne offre, le bon service.

Alors bien sûr les choses ne sont pas faciles, et les 110 000 sites en France ne laissent pas beaucoup d’espaces vides… Mais il reste des choses à faire, et pas qu’un peu !

Autre point : on dit que la rentabilité est difficile à atteindre.

Plusieurs choses par rapport à ça :

  • C’est vrai, et surtout bien sûr au lancement d’un site. Mais dites moi, quelle activité est rentable dès l’ouverture ? Sur le e-commerce comme pour pleins d’autres activités, on démarre par de l’investissement, et si on s’y prend bien, on atteint l’équilibre après quelques années. En fait, on peut jouer sur une certaine élasticité, et viser une rentabilité plus ou moins court terme, fonction de ce qu’on est prêt à investir. Pour faire simple, plus on investi et plus on a besoin de temps pour atteindre l’équilibre. Mais pour faire simple, on peut rentabiliser une boutique entre 3 et 5 ans (c’est bien sûr une généralité qui peut être challengée dans différents cas particuliers).
  • Certaines très grosses entreprises ont des marges très très réduites, mais un modèle financier adapté. Exemple : la grande distribution, qui ne fait pratiquement pas de marge mais s’en sort avec un décalage entre le paiement des marchandises (à 3 mois) et l’encaissement des clients (à la caisse). On peut donc construire de belles boites avec des marges réduites.
  • La vie est injuste sur ce sujet là, et les marges ne sont pas du tout les mêmes suivant les produits et les services. La vie est très dur sur le marché de l’électronique grand public. Ce n’est pas forcément le cas dans d’autres domaines ou il reste de quoi faire 😉

Alors la fin des pur players ? Pas à court ni moyen terme en tout cas !

 

OPA sur le monde

Ainsi, des boites ont elles décidées de faire une OPA sur le monde.

Google nous a acheté, en nous faisant croire au père noël :

Je ne suis pas méchant
Je vous offre tous mes services gratuitement

On est donc des centaines de millions à utiliser ces services, et bien sûr la gratuité à un prix.

Le prix ? Mon profil, complet, riche, que Google utilise pour faire de la publicité ciblée, partout, tout le temps.
La suite ? Des services qui pourraient devenir payant, une fois que je suis suffisamment « scotché » (à voir la bascule du gratuit au payant pour Google Maps).

Facebook a pris la relève, avec le même modèle, sauf que Facebook connait finalement bien plus de choses sur les internautes, puisqu’il connait mes amis, et ce que disent mes amis !
Le prix sera finalement a peu près basé sur le même principe que google.

On peut poursuivre la liste, avec Apple, qui est loin de proposer des choses gratuitement 😉
Apple propose des appareils design, bien finis, à la mode, et surtout ou l’usage est plutôt bien plus simple que sur les autres appareils.
Alors je suis bien avec mon iphone, mon ipad, j’ai mes livres, ma musique, mes films.
Tout est bien, sauf que… un appareil apple est une boite fermée, verrouillée, et je viens de perdre ma liberté : je ne peux pas lire les livres que je veux. Les applications, les livres, la musique que je « consomme », tout ça est passé par la censure Apple.

Et je suis « scotché » parce que si je change pour un appareil d’une autre marque, je peux dire adieu à tous les contenus numériques achetés.

On pourrait poursuivre, avec Amazon qui domine, loin devant, le marché du e-commerce, avec un catalogue « universel », un service mis en place au niveau mondial…

Avant ça, Microsoft avait ouvert la voie avec une domination sans partage sur les OS  et l’application Office.

Hors de notre univers numérique, on peut également voir d’autres acteurs mondiaux, comme monsentos, qui a fait une OPA sur la nature, avec les OGM.

Vous avez vu : toutes ces boites sont US.

Comment tout ça va-t-il évoluer ?

Verra-t-on un jour une boite d’un autre pays réussir ce tour de force ?

Je n’ai pas de réponses magique, et j’espère juste que les conditions de développement de tels boites seront réunies à l’avenir pour qu’on puisse jouer aussi 😉