m-commerce sur iPhone : Application versus adaptation du site

Pour faire du m-commerce sur l’iPhone, on a deux options :

1) Faire une version “light” du site, pour que le service soit utilisable sur le mobile.

2) Développer une application native pour l’iPhone.

Soyons clair, le résultat ne sera pas du tout le même pour le client, et c’est un choix stratégique très différent.

Dans le cas de l’application light :

  • Cela ne coute pas très cher à faire (et certaines plate formes proposent des kits pour faire cela très facilement) ;
  • En jouant avec des feuilles de styles, on peut adapter le site à plusieurs terminaux ;
  • Contre partie : on n’est visible qu’au travers l’URL du site. On n’a ainsi pas de place sur le bureau de l’iPhone…

Dans le cas de l’application native :

  • On peut aller beaucoup plus loin dans la personnalisation du service ;
  • On peut en particulier stocker des informations en local, et avoir une application qui fonctionne, avec ou sans connexion ;
  • On peut également utiliser des fonctions avancées : géo-localisation, push (bientôt), …
  • On a droit à son icône sur le bureau de l’iPhone, comme pour toute application ;
  • Contre partie : cela a un coût…

En fait, c’est vraiment une question qui me semble très très proche de la question des RDA pour nos ordinateurs, avec en plus une super plate forme de distribution des applications (iTunes bien entendu).

Alors, vous êtes plutôt service web “light” ou application native ?

Un point important : rien n ‘empêche de faire les deux, ce que ne manquera pas de faire les gros acteurs, comme Amazon…

Ce billet est la suite logique du billet précédent, qui parle du e-commerce sur l’iPhone.

Développer une application e-commerce pour l’iPhone ?

Si je parle si souvent de l’iPhone et des applications, c’est bien sûr parce que j’aime ce téléphone, mais c’est également parce que je suis convaincu que, rapidement, le m-commerce va se développer.

La question que je me pose est la suivante : si vous me demandiez mon avis, est-ce que je vous conseillerai de développer une application mobile pour votre site marchand ?

La question est simple, la réponse ne l’est pas (ça serait trop facile sinon ;) ).

Je vous propose de répondre à la mode “politique” : je vais d’abord essayer de vous convaincre qu’il ne faut pas le faire, puis je prendrais le parti pris inverse, et essayer de vous convaincre qu’il faut le faire !

1) Ne pas développer une application e-commerce pour l’iPhone

La principale raison, qui devrait vous freiner, c’est la cible que vous allez atteindre avec cette application. Vu le nombre de clients équipés de l’iPhone, cette cible est tout simplement ridicule ! Vous allez donc dépenser du temps et de l’argent pour une application qui concerne une poignée de clients potentiels !

Restez focus, et travaillez plutôt sur des axes stratégiques : améliorer le référencement naturel, travailler le parcours du client, … les sujets ne manquent pas !

2) Développer une application e-commerce pour l’iPhone

Demain, dans vraiment pas longtemps maintenant, le m-commerce va se développer, et les clients vont de plus en plus utiliser vos services depuis un mobile.

Seul l’iPhone permet de développer simplement des applications qui illustrent bien ce qu’on pourra faire en mobilité.

L’objet de l’application n’est donc pas d’atteindre pleins de clients ! L’objet, c’est de se préparer au “next big thinks”, avec une solution qui permet vraiment de proposer des applications très utilisables.

Quelles applications développer ?

On peut faire comme Chanel, et simplement utiliser cette application mobile comme canal pour informer les clients.

A l’autre extrémité, on pourrait essayer de faire une boutique complète (et certains le feront peut être).

Je pense qu’il peut être très intéressant, pour l’utilisateur comme pour le marchand, de travailler sur des applications plus personnelles. On pourrait par exemple suivre ces commandes depuis le mobile, et en particulier valider l’étape fatidique de la fin de la livraison, depuis le mobile (fini l’angoisse de la livraison !).
J’ai pleins d’autres idées, mais je peux en garder quelques une “pour la route”, non ?

Quelques jours avec les applications sur l’iPhone

Cela fait maintenant quelques jours que j’utilise l’appStore, et voici un premier retour d’usage.

Tout d’abord, il faut dire qu’on trouve beaucoup d’applications, malgré la jeunesse du service, et sur a peu près tous les usages : utilitaires, jeux, communication, …

Les applications fragilisent un peu l’iPhone, et c’est normal : on installe pleins de logiciels, plus ou moins bien développés. Apple a beau tester une appli avant de la mettre sur l’AppStore, il ne peuvent pas tout tester, et laisse donc passer des applications buggés.

Les applications, en générale, ont plutôt une interface réussie, ce qui traduit bien le fait que l’environnement de développement proposé par Apple pour son iPhone donne un accès facile aux couches de présentation.

Autre point positif : les applications se mettent à jour automatiquement, via n’importe quel réseau (téléphonique, Wifi ou via iTunes et la synchro avec l’ordinateur).

La synchronisation, qui était très rapide avant, a du “plomb dans l’aile” et dure maintenant de longues minutes (apparemment corrigé depuis la dernière mise à jour du logiciel de l’iphone).

Autre point : aucune application que j’utilise n’exploite le push (le push, c’est recevoir de l’info, et mettre en avant cette info, sans que l’application soit active, et sans action de l’utilisateur. L’exemple le plus simple est le sms), pourtant présenté dans la keynote de Steve Jobs, et c’est bien dommage, car pour une application du type tweeter, facebook, ou encore pour un lecteur RSS, la fonction push est tout à fait fondamentale.
J’ai cru comprendre que cette fonction n’était pas encore disponible pour les développeurs, mais que ça viendrait bien vite maintenant.

Toujours est il que le bilan est très positif, et que j’attends avec impatience les nouvelles applications !

Pourquoi ni Nokia ni aucun opérateur mobile n’a l’équivalent de l’App Store ?

L’App Store, c’est la place de marché, mis en ligne par Apple, permettant :

  • Aux joyeux possesseurs d’iPhone d’installer des applications sur l’iPhone ;
  • Aux éditeurs de logiciels de distribuer leurs solutions.

Les logiciels sont soit gratuits, soit payants.

Si les logiciels sont payants, il y a partage des revenus, entre l’éditeur et Apple (je crois que la commission est de 30%). Rien pour l’opérateur donc…

Les logiciels bénéficient de la puissance de l’iPhone :

  • Puissance graphique, y compris 3D, et accès aux fonctions d’animations (type flash, mais pas en flash…) ;
  • Accès aux capteurs internes (accéléromètre et inclinaison) ;
  • Accès aux fonctions de communications (Wifi ou Edge/3G) ;
  • Accès au GPS interne ;
  • Accès à l’appareil photo interne ;

Les logiciels peuvent couvrir à peu près tous les usages :

  • Utilitaires ;
  • Jeux ;
  • Musique ;
  • …et très bientôt, tout pleins d’applications pour le e-commerce !

Je dois vous dire que je suis très impressionné par cette solution, qui fonctionne très bien, dès le début, avec déjà pleins de logiciels, dont certains sont très sympa.

Alors bien sûr il y a des réglages à faire (un jeu retiré ici ou d’autres limites montrées là), mais le bilan est à l’évidence très positif, et je suis près à prendre le pari que le succès sera au rendez-vous.

Ce qui est impressionnant, c’est qu’il n’y a pas l’équivalent, ni chez les opérateurs, ni chez d’autres constructeurs.

Pour les opérateurs, le principal problème vient du fait qu’ils commercialisent pleins de terminaux différents. Difficile dans ces conditions de proposer une plate forme avec des applications qui ne pourront pas fonctionner sur tous les terminaux.

Pour les constructeurs, il y a différents cas de figures, mais globalement, ils en sont loin :

  • Certains constructeurs font des terminaux qui n’ont pas de solution pour développer des applications (pas d’API).
  • D’autres (Motorola par exemple) font des terminaux avec tous les OS mobiles (Symbian, Linux, Windows Mobile). Résultat : ils ne font rien à fond.
  • Enfin il y a Nokia, plutôt avancé avec ces terminaux Symbian, mais qui n’a pas du tout pris le chemin pour développer une telle plate-forme.

Alors, pourquoi Apple a pu faire ça, et pourquoi les autres ne l’ont pas fait ?

Pour les opérateurs, on l’a vu : il aurait fallu faire un choix fort, de développer une telle infrastructure, sur un terminal donné. Un terminal ? Oui, mais lequel ?

Pour Nokia (puisque c’est le plus “crédible”), il n’ont pas fait ça parce qu’à mon sens, il se sont mit des “oeuilleres” en considérant que leurs clients sont avant tout les opérateurs.

Voilà, c’est là ou je voulais en venir : c’est un problème de paradigme et de culture d’entreprise !

L’avantage stratégique d’Apple, c’est d’avoir compris que le software est au coeur des nouveaux enjeux !

De mon point de vue, les autres éléments clés, pour Apple sont de :

  • Considèrer que ces clients, ce sont directement les utilisateurs et garde un lien très direct avec eux (Apple Store, e-commerce) ;
  • Laisser les logiciels, les applications tierces, prendre la place “qu’elles méritent” : on peut places ces applications ou l’on veut sur l’écran de l’iPhone, et si on veut, on peut tout à fait les mettre ‘devant’ les applications proposées par défaut par Apple.

Nokia rachète Symbian : analyse

Vous l’avez surement lu : Nokia rachète Symbian.

Symbian, c’est un OS plutôt orienté pour les mobiles. Pour la petite histoire, Symbian, à l’origine, c’est l’OS des Psion (si je me laisse aller, je vais vous parler de mon Psion 5mx : que c’est énervant que cette boite ait loupé le virage de la convergeance PDA / Mobile…).

Ce que je lis, c’est que Nokia aurait racheté Symbian pour réagir à Android.

Peut être…

Moi, aujourd’hui, celui qui m’impressionne, ce n’est pas Android mais Apple avec son iPhone.

J’entends déjà les objections :

  • Tu es un inconditionnel d’Apple,
  • L’iPhone est un truc de Geek, réservé à une poigné de parisiens branchés,

Sur le premier point, c’est un procès d’intention ( ;) ).

Sur le deuxième point, on verra, on verra… Quand les centaines d’applications vont débarquées sur l’iPhone, ça va faire mal… J’en fait le pari (qui veut jouer ?).

Android ? android n’est pas encore installé dans un mobile… et l’histoire à montré que c’était complètement différent, de faire un OS indépendamment du hard ou de faire un OS spécialisé pour un matériel donné.

C’est là toute la force d’Apple : ils maîtrise la chaîne complète (hard + soft), et peuvent ainsi avoir un OS plus léger et plus performant, parce que l’OS sait sur quoi il tourne : il ne doit pas avoir dix mille configurations…

Voilà, elle est là mon analyse :

Je pense que Nokia a (enfin) compris que pour augmenter la valeur de ses terminaux, il doit investir plus et mieux dans le logiciel.

Dans ce milieu, le logiciel, c’est le maillon faible, et depuis longtemps.

Motorola gère par exemple plusieurs OS (des terminaux linux, Windows Mobile, Symbian, plus, je crois, un système maison, et se disperse.

Les terminaux de Nokia ont une richesse fonctionnelle incroyable, mais la navigation dans les applications est très loin derrière “l’expérience iPhone”.

Maintenant, être capable de faire ce qu’à fait Apple, au niveau de la qualité de l’interface, ça va demander vraiment du temps à Nokia (et aux autres) : très probablement plus d’un an. Si pendant ce temps apple avance bien, ils peuvent vraiment bousculer ce marché.

Et oui, cette maîtrise du logiciel, à ce niveau de complexité, de richesse, c’est pas un travail qui se fait en 5 minutes.

Nokia a compris ? Peut être. D’autres acteurs devraient également se poser des questions et comprendre : l’avenir passe par la maîtrise du logiciel !

iPhone 2 : bonnes news ou pas ?

Ouriel est un peu deçu par les annonces d’Apple pour l’iPhone :

  • Pas grand chose de plus de ce qui avait été annoncé sur les sites de “rumeurs” ;
  • Il manque des fonctions fondamentales, comme le copier-coller (!) ;
  • Il n’y a pas d’application vraiment killer, et même le GPS, présent dans le nouvel iPhone, n’a pas d’application à la hauteur ;

Peut être, peut être, mais je pense qu’Apple a surtout construit les fondamentaux pour préparer la suite.

D’ailleurs, si l’annonce a eu lieu pendant une conférence qui cible les développeurs n’est à mon avis pas un hasard !

Pour réussir sur les services mobiles, Apple met en place, brique par brique, l’ensemble de l’environnement :

  • Environnement complet de développement : API et outils ;
  • Plate-forme de distribution ;
  • Modèle économique.

La vidéo que j’ai regardé, de la conférence est très explicite : tous les éléments sont en place pour booster les développements.

L’enjeu actuel est bien là : mettre en place l’infrastructure pour que les industriels investissent et développent des applications, et booste ainsi la demande et les usages.

Deux exemples montrés hier :

Démo d'un jeu sur iPhone

Cette copie d’écran montre une démo d’un jeu, développé par Sega.

L’iPhone sera une super console de jeux, cela apparait comme évident quand on voit cette démo : l’écran est très bien, la forme de la console est parfaite (proche de la PSP) et les capteurs intégrés dans l’iPhone (inclinaison, accéléromètres) permettent de développer des jeux ou on interagit “comme avec la Wii” : en bougeant l’iPhone.

Démo d'une application ebay sur iPhone

Deuxième exemple, avec une application ebay. L’utilisateur peut consulter le catalogue, poser des enchères, …

Moi, ça me rappel l’aventure du Minitel…