Conflit d’intérêt chez Google !

Au début, les choses étaient simples : Google avait un moteur de recherche, meilleur que les autres.

Les “bambins” à la tête de cette gentille boite ne s’embarrassaient pas avec les détails du genre “comment gagner de l’argent” puisqu’ils voulaient plus modestement changer le monde…

Bon, ils ont fini par trouver un patron suffisamment malin pour les faire évoluer en douceur vers un modèle économiquement rentable, à savoir Adwords / Adsense.

Google cherche à se diversifier, et développe tout azimut pleins de services. Certains passent à la trappe, d’autres vivent et se développent très bien au contraire.

Au passage, il me semble qu’il y a beaucoup d’intelligence dans le mode de développement des projets. Un nouveau projet ne doit pas s’embarrasser de l’existant… Et c’est très bien comme ça !

Donc, pleins de nouveaux services… Web pour la plupart (je ne parle donc pas des projets pour aller sur Mars, ou liés à l’environnement).

Ainsi, Google a développer différents services de traduction en ligne.

Tant que les services sont ‘étanches’, rien à dire…

Mais voilà, ça change.

Si vous tappez “translate maison” dans le champ de recherche de notre moteur préféré, la première réponse est… le service de Google qui propose, directement sur la page de réponse, des propositions de traduction.

C’est un changement énorme : Google pousse son service de traduction, au détriment des boites spécialisées sur ce sujet.

Cet exemple peut facilement se généraliser, pour des services de type office, news…

Donc, Google utilise le fait qu’ils sont en même temps au mannettes du moteur de recherche et fournisseur de services pour pousser ses services lors d’une recherche.

Je pense que c’est une dérive, qui bien sûr ce comprend, mais qui est dangereuse… exactement comme quand on reproche à Microsoft de favoriser Internet Explorer avec Windows.

(info trouvée ici)

Google Ad planner par l’exemple

Pas mal d’actualité côté Google.

Donc, Google vient de sortir ce nouveau service.

Mais a quoi cela sert ?

J’ai testé, voici ce que j’ai compris.

La finalité d’Ad planer, c’est de vous aider à faire des campagnes adwords plus performantes.

Avec des outils fournis :

  • Vous sélectionnez vos critères de sélection sur votre public préféré (sexe, age, études, revenus) ;
  • Vous sélectionnez le format de la publicité que vous voulez pousser (type de média, taille) ;
  • L’outil vous sort alors une liste de sites cibles.
  • Cette liste peut alors être insérée dans Adwords (procédure manuelle, via un fichier CSV).

Bon, ça a l’air très “beta” car dès que je sélectionne une tranche d’age par exemple, il ne reste plus aucun site, mais ça donne l’idée.

Le système propose une autre option qui m’a semblé beaucoup plus intéressante, mais pas pour faire un plan média…

Le système permet en effet d’avoir des informations de type “web analytics” sur n’importe quel site.

Prenons un exemple. Mettons par exemple que je sois un vendeur d’équipement électronique (et j’ai du mal, la concurrence est rude ;) ).

Qui sont mes concurrents ? Pixmania, Rueducommerce par exemple.

Et bien j’entre les url de ces sites et hop, le système me donne des informations qui me semblent assez intéressantes :

Page résultat de Google Ad Planner, pour Pixmania.fr

Même écran pour Rueducommerce :

Page résultat de Google Ad Planner, pour rueducommerce.fr

On a donc : le nombre de visiteurs unique, la courbe dans le temps, et surtout les sites également visités et les mots clés qui ont permi de rentrer sur ce site.

Pas mal, non ?

Référencement des contenus flash

Google, Yahoo et Adobe vont donc travailler ensemble pour améliorer le référencement des contenus flash.

Très bonne initiative.

Peut on penser que très rapidement, nos sites riches vont se retrouver en tête des recherches sur Google ?

Certainement pas à court terme. A voir a plus long terme ce qui va sortir…

Premièrement, ces travaux prendront du temps.  Même s’ils vont très vite, on ne devrait rien voir sortir de  vraiment nouveau avant un an minimum.

Deuxièmement, sur le fond : cela veut dire quoi indexer un contenu “rich media” ?

Si l’application est en fait structurée comme un site “classique”, avec une logique de page avec du contenu, on peut effectivement faire un mapping assez simple entre les moteurs de Google et les sites flash.

Mais utiliser le flash pour faire du “html like”, c’est bien réducteur.

Flash permet de développer de véritables applications interactives et multimédia.
Pour de tels applications, la question est bien plus complexe.

Il faut tout d’abord identifier les points d’entrées de l’application, points d’entrées qui seront utilisés par les moteurs de recherche.

Il faut ensuite associer des informations à ces point d’entrées. On est encore, et pour pas mal de temps, sur une recherche “texte”. Donc, même si votre site est surtout un site multi média, cela n’empêche pas qu’il faut, d’une manière ou d’une autre, associer du texte à chaque point d’entrée.

Comment associer ce texte ? Purement déclaratif ? C’est un mode qui pose problème à Google, parce qu’à l’opposé de toute sa politique actuelle pour luter contre le “spamdexing” (technique qui vise à obtenir de très bonnes réponses sur Google, en donnant de fausses indications).
La question pour Google est simple : comment garantir que la description textuelle correspond bien au contenu multimédia ?

En synthèse :

  • A l’évidence, le Web va de plus en plus se remplir d’applications multimédia de plus en plus riches ;
  • C’est un enjeu majeur pour les années à venir que de permettre une bonne indexation de ces services ;
  • A l’évidence, pour avoir un service rich-media bien indexé, il faut y penser dès la conception du service. C’était vrai en HTML, et c’est encore plus vrai en Flash ;
  • Il se passera de nombreux mois avant qu’un service rich-media flash arrive en tête des réponses sur Google !

Google ne donne pas les mêmes réponses à tout le monde !

Le saviez vous ?

Suivant des critères évidement non communiqués, Google personnalise les résultats des recherches.

Exemple concrêt, avec deux recherches pour le mot “e-commerce” (ou est-ce que je vais chercher tout ça ?) :

Résultat 1 :

Résultats de recherche, avec FireFox

Résultat 2 :

Résultats de recherche, avec Safari

Si les 4 premières réponses sont identiques, la suite est très différente :

  • Les lignes 4 et 5 sont interverties ;
  • Le résultat “comment ça marche” n’apparait que dans le premier cas ;

Voilà un sujet que je vais creuser ! Quels sont les critères qui interviennent : adresse ip ? identifié ou pas ? Navigateur ? …

Google Friend Connect

Vous avez un site web.

Vous voulez lui ajouter des fonctions “sociales” ?

Google Friend Connect est fait pour vous !

Concrètement, Google Friend connect, c’est un ensemble de Widgets, que vous ajoutez sur votre site, et qui permettent :

  • De gérer la liste des “amis” du site : les Internautes qui passent, et qui s’inscrivent dans la liste ;
  • De noter et commenter les éléments du site (produit, article, …) ;
  • De rajouter tout un tas d’autres applications, liées à la communauté, comme un système pour envoyer des photos, …

Comment ça marche ?

Pour celui qui gère le site, c’est très simple à mettre en œuvre :

Vous vous inscrivez sur le service.

Vous paramétrez vos widgets (taille, couleurs, fonctions), vous copiez le code généré que vous collez dans votre site web.

La suite est automatique.

Pour les utilisateurs, il faut se connecter, avec différents identifiants possibles (gmail marche bien sur), et ensuite, tout marche tout seul : vous pouvez ajouter un commentaire, noter, …

Copie d’écran de la liste des inscrits :

Image du widget permettant de gérer la liste des inscrits

Copie d’écran du widget pour ajouter des commentaires :

Image du widget permettant de gérer les avis des utilisateurs

En synthèse

Cette application est donc un concurrent frontal de services de type MyBlogLog (afficher automatiquement les visiteurs d’un blog… ou d’un site).

On est sur un modèle pur SAAS : le service et les données sont gérées sur les serveurs Google.

Sur le fond, on est en pleine guerre stratégique sur les réseaux sociaux : Google développe ce genre de service pour pousser le modèle ou en fait, le réseau social est le web directement : les fonctions “virales” sont intégrées dans les sites eux mêmes. L’autre modèle, c’est celui de FaceBook ou Myspace : des univers qui veulent apporter “tout ce qu’il faut”, pour capter les utilisateurs à rester sur ces services.

La force de Google, c’est sa marque, sa crédibilité, et puis également la base des utilisateurs ayant un compte Google.

Mais ça va pas être facile si ni FaceBook ni Myspace n’ouvrent leurs services pour ce type d’usages (et c’est bien ce qui se passe pour l’instant).

Sur la forme, d’ici quelques mois, des technologies permettront d’utiliser ce type de service sans avoir à copier-coller du code, mais plutôt par de simple drag&drop d’éléments graphiques.

La guerre des réseaux sociaux : Google contre Facebook

Facebook est une menace pour Google.

Facebook développe son propre système de publicité, concurrent direct de Adwords donc.

Autre menace : facebook permet de trouver de l’information, parfois plus ciblée que ce que permet Google.

Google a répondu de deux façons à cette menace :

La première réponse a été de créer un outils, permettant d’interconnecter les réseaux sociaux : OpenSocial.

La deuxième réponse est Friend Connect.

Friend Connect permet en fait de transformer n’importe quel site (un blog, un site marchand, …) en un réseau social, en ajoutant les fonctions qui vont bien : communauté des lecteurs, avis, photos, …

Google avait prévu qu’on puisse, quand on rejoint une communauté, faire le lien avec son compte Facebook (parmi d’autres plate formes de réseaux sociaux).

Et bien Facebook a désactivé cette fonction, comme en témoigne cette copie d’écran :

Copie d'écran de Friend Connect, avec l'option Facebook désactivée

Je vous disais bien qu’il s’agit d’une guerre !

Internet, espace commercial ?

J’étais en voiture ce matin, ça m’a permit d’écouter l’émission Service Public sur France Inter, dont le sujet était : “Les 10 plaies d’Internet”, avec deux invités, Christophe Parcot, DG France de Yahoo et Dominique Maniez, qui vient d’écrire un livre sur les risques liées à Internet.

Beaucoup de choses intéressantes dans ce débat, même si le niveau était assez bas.

Par exemple, sur les Cookies, il a été dit pas mal de bêtises. Les cookies, c’est une technique, qui permet de garder la trace de votre venue sur un site, et de sauvegarder certaines options.

Comme toute technique, elle peut être utilisée pour vous apporter un réel service (éviter de ressaisir des options sur un service, sur lequel on revient), ou pour des d’autres objectifs moins “généreux” (améliorer la connaissance sur les usages des clients, pour améliorer l’offre…).

Autre sujet de discussion : GMail.

Dominique Maniez est très agressif contre Google, parce que celui ci, entre autre, analyse le contenu des emails, pour nous envoyer de la publicité “ciblée”.

Et de décrire l’analogie suivante : “seriez vous prêt à laisser votre facteur ouvrir votre courrier, pour vous glisser de la publicité ciblée, en contrepartie d’un service gratuit ?”.

J’ai trouvé l’analogie décalée : le facteur, c’est un homme, qui me connaît. Le service de Google effectivement analyse le contenu de mes mails, mais c’est un programme. Et dans le contrat, si j’ai bien lu, Google s’interdit tout autre usage de cette connaissance (Google s’engage à respecter mon droit d’auteur, et à ne pas communiquer à des tiers ces données).

Chacun fait comme il veut mais en ce qui me concerne, cela ne me dérange pas.

J’ai trouvé une question, posée par un auditeur, intéressante : la question sur le mélange, sur Internet, entre les usages non commerciaux et commerciaux.

Le gars se demandait si cet état de fait était inéluctable, ou si on pouvait imaginer une séparation, entre un monde fait d’échanges de services, sans publicité, sans services commerciaux, et monde rempli “capitaliste”.

Je pense qu’effectivement, le business “change tout” et qu’Internet est un espace investi par les entreprises. Le gars de Yahoo a beau dire qu’il y a séparation entre les réponses commerciales et les “autres réponses”, je ne trouve pas que dans les fait, cette séparation soit très nette. D’ailleurs, c’est bien le propos de l’ensemble des boites qui travaillent le référencement naturel que de “biaiser” les réponses des moteurs de recherche, dans l’intérêt de leurs clients : des entreprises commerciales.

Mais je ne pense pas qu’une séparation soit possible, ni même souhaitable en fait. Internet n’est qu’une extension virtuelle de ce qui se passe dans le réel. On retrouve à ce niveau les mêmes mécanismes, les mêmes règles fondamentales.

Internet est donc un espace ou se côtoie le capitalisme et un monde d’utopie, de partage… Tout cela est étroitement mêlé.

Je préfère ce modèle parce qu’il me semble que tous les autres modèles reviendraient en fait à un système avec moins de liberté, moins de créativité.

L’après Google

Nous vivons sous l’aire Google.

C’est une domination absolue !

Google est LE moteur de recherche mondial pour Internet.

Et comme sur Internet, on trouve tout… à condition de savoir à quelle adresse, la fonction de recherche est devenue complètement centrale, au cœur de nos comportements d’Internautes.

Ainsi, pour un marchand, Google représente en général largement plus de la moitié du chiffre d’affaires.

Google a ensuite mis en place sa plate forme de publicité : Adwords.

Adwords est LA plate forme de publicité sur Internet. L’entreprise qui souhaite faire de la publicité achète des mots clés, et associe des annonces à ces mots clés, les annonces contenant un lien vers le site de l’entreprise.

Google se charge de pousser ces annonces, dans les “bonnes pages” : sur les pages d’affichage des résultats de la recherche, ou sur des pages intégrant le programme de publicité Google (Adsense).

Ces trois briques sont complètement imbriquées. Le moteur de recherche est la racine de tout. Adwords et Adsense utilisent les connaissances du moteur de recherche pour proposer des publicités extrêmement contextualisées.

Mais vous savez sans doute tout ça. J’en reparle juste pour “reposer le décor”.

Cette domination absolue ne peut pas durer éternellement.

D’abord, elle est trop dangereuse. Sur Internet comme dans n’importe quelle industrie, il n’est pas sain qu’un seul acteur ait une domination aussi forte. On s’en rend compte par exemple lors des censures liées à la Chine et au Tibet.

Et puis, le contexte évolue. C’est la vie des entreprises.

Alors, quels sont les évolutions, les changements qui peuvent déstabiliser Google, et permettre l’émergence de solutions alternatives ?

On peut tout d’abord imaginer que les lois anti-trust interviennent, comme elles sont par exemple intervenues, dans les années 80, pour démanteler AT&T.

Mais comment découper Google ?

L’activité de recherche, sans la fonction publicité, ne rapporte rien…

On pourrait imaginer imposer ce découpage (moteur de recherche / moteur de publicité) avec des API publiques et des contrats entre les entités. L’avantage de cette découpe est qu’elle permettrait, théoriquement, l’émergence d’autres moteurs de publicités, utilisant les bases d’index du moteur de recherche de Google.

L’autre évènement, qui pourrait modifier la donne, vient de l’évolution constante du Web.

Le modèle “page HTML avec des liens” sur lequel est entièrement bâti Google commence à vieillir.

Le Web devient interactif, richmedia.

Aujourd’hui, la solution passe par du déclaratif. On met des applications richmedia en ligne, et en parallèle, si on veut avoir un minimum de référencement sur Google, on met en ligne des données adaptées à Google.

C’est nécessairement une solution de transition, un plâtre provisoire.

Des solutions mieux adaptées aux contenus richmedia et aux applications en lignes vont nécessairement émerger.

Google pourra-t-il s’adapter à ces nouveaux modèles, en rupture avec son “Page Rank” ? Difficile pour Google, quand tout le business model est basé dessus…

D’autres acteurs pourront- ils créer des solutions crédibles ? Quels sont les investissements nécessaires pour atteindre la masse critique minimum ? L’intelligence de Google, à ses débuts, est d’avoir pris en compte, dès le début, l’ensemble de la problématique : pas simplement l’algorithme de recherche, mais également le problème lié au volume.