Différence entre valeur et business model !

J’entends très souvent dire que pour une startup, il est essentiel d’avoir un business model.

En clair, une boite doit savoir comment elle gagne de l’argent.

Cela sonne comme une évidence…

Et pourtant, et pourtant…

Google, eBay, Skype, et bien d’autres n’avaient aucune idée du business model lors de leur création !

Fallait il les jeter, d’un revers de main rapide et négligeant ?

A mon sens, il y a une différence fondamental entre la valeur que crée une entreprise, et son business model.

Et si j’étais investisseur, je me concentrerais plus sur la valeur créée que sur le business model.

Je m’explique :

Sur Internet, on peut tout à fait avoir une idée en rupture, idée qui va, si elle marche, créer beaucoup de valeur.

On peut prendre l’un des exemples ci-dessus… Google par exemple.

La rupture est clair : apporter un résultat de recherche plus rapide et plus pertinent.

La valeur est évidente : elle est la conjonction de la connaissance du web et des internautes.

Le business model n’existait pas à la création de Google. Les fondateurs avaient plutôt dans l’idée de vendre leur techno aux entreprises pour indexer les intranets (ce qui existe d’ailleur, c’est l’offre GSA).

Les malins – Suite

J’avais publié un billet, il y a quelques mois, sur un truc que j’avais reçu, soit disant pour protéger ma marque.

J’avais eu des doutes, fouillé un peu sur le web, et j’étais arrivé à la conclusion que c’était pas un truc pas vraiment clair…

Au vu des commentaires, je pense que j’ai bien eu raison ;-) .

Petit moment de satisfaction personnel, ou on se dit qu’on n’est pas un pigeon…

Et puis je me suis rappelé un autre courrier…

Un tel document, ça a bien l’air officiel, genre document Ursaff ou des impots, non ?

Ce document, qui vient du site achats-collectivites.fr, propose un accès “privilégié” aux appels d’offres publics…

Oui, il y a un an, je me suis fait avoir… ça m’énerve aujourd’hui quand j’y repense (325 € quand même).

L’accès aux appels d’offres publics est … publics et gratuit. Ce service n’est donc qu’une extraction de ces données publiques.

Ah là là, moi qui pensait être plus malin…

Le plus rageant, c’est que j’avais pourtant identifié certaines de ces “pratiques douteuses”.

Avantage au premier : la courbe du chien

La courbe du chien (j’en avais parlé dans ce billet), c’est le chemin parcouru par un chien, qui à chaque instant, prend comme direction la position de son maître.

Mais comme le maître avance, à tout instant, le chien doit ajuster sa trajectoire.

Au final, voilà a peu près ce que ça donne :

Dans ce schéma, le maître avance sur la droite noir, du bas vers le haut.

Le chien parcourt la trajectoire rouge, de la droite vers la gauche.

Au final, le chien a un chemin beaucoup plus long que le maître.

Pourquoi je vous parle de ça ?

Parce que c’est une belle métaphore sur la différence entre une entreprise qui avance devant, et une entreprise qui suit.

Quand vous entendez des gens dire : “on laisse l’innovation aux autres, on se contente de suivre”, pensez à la courbe du chien : ces boites là seront pratiquement toujours pénalisées par une telle stratégie (devoir courir plus vite pour arriver en retard…).

Alors, votre boite, elle est devant ou elle suit derrière ?

C’est quoi un bon patron ?

On parle beaucoup en ce moment de “patrons voyous”.

Les gars qui s’en mettent ‘pleins les fouilles” alors que le bateau coule…

OK, mais c’est quoi un bon patron ?

J’entends par exemple assez souvent qu’un patron qui licencie est en échec.

Au risque de choquer certains, je ne partage pas ce point de vue :

Il me semble que licencier une partie des équipes peut être une bonne décision pour l’entreprise, dans un contexte donné.

Alors, c’est quoi un bon patron ?

Je me pose sincèrement la question !

On peut sortir des généralités, issues de bouquins écrits par des gars qui ne connaissent pas vraiment la vie dans l’entreprise… (la vision, le charisme, …).

Une bonne réponse est probablement très capitaliste : c’est un gars qui fait réussir sa boite.

Réussir ? Mais c’est très temporaire ça !

Une boite peut très bien réussir à un moment donné, et se planter après…

Voilà un point qui me semble important : un patron doit gérer son entreprise au jour le jour. Il peut être performant à un moment donné, parce qu’il a su voir venir une crise, prendre les bonnes décisions pour sa boite, et créer la dynamique pour que ses équipes le suive.

Mais un gars peut être la bonne personne à un moment donné, et ne plus du tout être dans le coup plus tard…

Alors, c’est quoi un bon patron ?

Doable : le filtre à startup !

J’aime discuter de projets de startups : changer l’avenir, se projeter dans une nouvelle aventure, …

Mais je dois avouer que j’ai, en “batch” (tâche de fond), un programme d’analyse qui, dès qu’on me présente un projet, se lance.

La question est simple : le projet est il réalisable ?

Avoir une vision très ambitieuse, c’est super, vraiment.

Mais avoir un plan pour avancer, pour monter les premières briques, c’est carrément fondamental.

Objectivement, peu de personne savent en même temps projeter une vision originale et bâtir le plan pour conduire le développement, étape par étape.

Je connais par exemple quelqu’un qui imagine souvent de biens beaux projets… Mais quand on rentre sur le ‘comment’, ça marche plus : il faut soit des autorisations impossibles à obtenir, soit investir des milliards…

C’est d’ailleur un des trucs qui m’a marqué dans l’aventure Google : quand les fondateurs ont démarré sur le projet (indexer le web), ils n’avaient aucune idée de la difficulté de la tâche.

Mais quand ils ont commencé réellement, ils se sont rendu compte qu’il fallait résoudre plusieurs problèmes, avec en particulier la nécessité de faire travailler une grosse quantité de serveurs en parallèles.

Et bien ils ont retroussés leurs manches, et cherché à résoudre les différents aspects du problème… et trouvé des solutions adaptés à chacun !

Bel exemple à mon sens…

Trademark Publisher : protéger ma marque ou dépenser 700 € pour rien ?

Courrier reçu il y a quelques jours.

Le truc semble officiel : il faut “cracher” près de 700 € pour protéger ma marque sur la période 2009 – 2011.

L’origine de la demande est une boite qui s’appelle Trademark Publisher.

Après recherche sur Google et sur le site de l’Inpi, il apparait que ce courrier n’est absolument pas un truc officiel  de protection de la marque.

Ils pompent les infos des marques sur les bases publiques, et envoie un courrier ambigüe. En fait, le montant demandé est juste pour enregistrer la marque dans une base. Un truc particulièrement inutile.

700 € d’économisé : ça vaut le coup d’être attentif !

Les phrases à la c…

Un amis entrepreneur se fait virer. Il était le patron, et les investisseurs ont souhaité changer.

Il m’a dit qu’il avait bien du mal à ne pas rire (surement un peu jaune…) quand on lui a dit des trucs du genre (de mémoire…) :

Les investisseurs : “On ne change pas l’équipe, on a simplement décidé de renforcer l’équipe, par le haut”

Le nouveau patron : “je ne prends pas ta place, il y a du boulot pour tout le monde”

Bon, dommage, je ne suis pas sûr de la deuxième phrase, mais ça donne quand même, je crois, l’esprit… un brin “faux cul”, non ?

Cœur de métier ?

Cette expression, cœur de métier, est bien souvent utilisé par des dirigeants pour piloter l’entreprise, faire des choix.

- On peut faire ça ?

- Non, c’est pas dans le cœur de métier.

Ils ont raison ces managers, de chercher la focalisation.

Pour réussir, une entreprise doit choisir “sa niche” et se concentrer dessus, pour être la meilleure sur ce domaine. On ne peut être bon partout.

Mais ce management a également un risque : le risque de figer artificiellement l’entreprise, alors que le monde bouge, très vite.

Les exemples sont nombreux de boites qui ont changé radicalement de cœur de métier !

Exemples :

Danone, passé de la fabrique de verre à la distribution de produits laitiers (et plus largement encore aux produits alimentaires aujourd’hui.

Apple, qui a certe gardé la fabrication / distribution d’ordinateur, mais qui fait aujourd’hui une bonne partie de son chiffre d’affaires avec des lecteurs MP3 et des téléphone.

Alors, c’est quoi votre cœur de métier ?

Basiques pour la bourse

Souvent, j’entends quelqu’un dire un truc du genre : “telle entreprise, son action est à X, c’est super bas” (ou super haut, …).

Soyons clair : la valeur d’une action n’est surement pas un indicateur valable, et ne permet pas de dire si c’est élevé ou pas.

Le capital d’une entreprise est “découpé” en actions. La valeur d’une entreprise, c’est donc la valeur d’une action multipliée par le nombre d’actions.

La valeur est un indicateur beaucoup plus intéressant, qui permet en particulier de comparer les entreprises.

Voici quelques valeurs (en milliard, en prenant 1 $ = 1 €) :

OK, mais on fait quoi avec ça ? Est-ce une valorisation élevée ou pas ?

Pour répondre, il faut prendre en compte d’autres indicateurs.

Le chiffre d’affaires est évidement un indicateur clé (toujours en milliard) :

Que voyez vous ?

Ben que les valeurs ne sont pas tant que ça corellées au chiffre d’affaires !

Voici le ratio Chiffre d’affaires / Valorisation :

La vie est injuste : certaines entreprises sont valorisées bien en dessous de leur chiffre d’affaires, alors que Google est par exemple valorisé 11 fois son chiffre d’affaires !

Bon, on peut prendre un autre indicateur : la marge.

La marge pour faire simple, c’est la différence entre ce qu’une entreprise gagne et ce qu’elle dépense :

Faisons le ratio entre la marge et la valorisation :

Là encore, il y a de grands écarts, entre un ratio de 7 à un ratio de 86 !

Deux autres indicateurs me semblent fondamentaux : la trésorerie (l’argent dont dispose l’entreprise) et le niveau d’endettement.

Typiquement, ces indicateurs interviennent dans la performance de boite comme France Télécom (endetté) et Google (0 dette).

Pour mesurer la “santé financière” d’une entreprise, il faut prendre en compte tous ces paramètres (et pas un seul).

En fait, au delà de ces indicateurs, très utiles, il y a une autre grille d’analyse : le fond.

Le fond, c’est le métier de l’entreprise, la qualité de ce qu’elle produit, sa capacité à faire rêver, à s’adapter, à innover, à conquérir de nouveaux territoires, et enfin les hommes et leurs capacités à bien diriger “le bateau”, même par mauvais temps.

Au final, ce qui explique la valeur d’une entreprise, c’est un mélange “informel” entre tous ces paramètres.

Alors, dans mon panel d’entreprises, lesquels vous semblent sur-valorisées et lesquels vous semblent sous-valorisées ?

Etes vous un “earlier adopter” ? Le principe des “failles” entre les types d’utilisateurs

Ouch : quel titre !

Earlier Adpter : ce sont les premiers utilisateurs d’une nouveauté, qu’elle soit service ou produit.

Exemples actuels :

  • Avez vous une voiture hybride ?
  • Avez vous un ordinateur muni d’un disque dur Flash (SSD) ?
  • Avez vous un MacBook Air ? (je ne suis pas sûr que ce troisième exemple soit adapté mais bon…)

Les earlier adopters, ce sont ces gars qui s’achètent un produit un peu avant tout le monde.

Ils aiment la nouveauté, le produit innovant que n’ont pas les autres.

Pour satisfaire cette heureuse nature, ils sont prêt à beaucoup de sacrifices :

  • Payer plus cher ;
  • Avoir un produit qui n’est pas encore complètement au point.

J’ai pensé à ça en lisant (encore) quelques news sur les disque SSD (ici par exemple).

Concrètement, aujourd’hui, on sent bien que pour cette nouvelle techno, il est raisonnablement urgent d’attendre. Les performances ne sont pas encore vraiment au rendez vous, alors que le prix est assez élevé.

Mais voilà, la passion est un moteur qui n’est pas alimenté par la raison…

Maintenant, la deuxième partie du titre : les failles entre les utilisateurs.

Ce titre vient d’un bouquin : Crossing The Casm.

Ce livre (uniquement en anglais, zut) explique un truc vraiment intéressant.

Il part de la courbe de vie “gaussienne” d’un produit :

sur l’axe des X : le temps qui passe.

Sur l’axe des Y : le volume des ventes.

Au début, le produit n’est pas connu, et il progresse lentement.

Progressivement, les ventes décolles.

Puis le marché est saturé.

Enfin, le marché arrive en fin de vie.

Et bien, ce que dit le livre Crossing the Chasm, c’est qu’en fait, les choses ne se passent pas de manière aussi linéaire : il y a des faillent dans la gaussienne ;) , c’est à dire des “trous verticaux”.

Ces failles viennent du fait que les acheteurs ne sont pas les mêmes, aux différentes phases du produit.

Au début, ce sont nos earlier adopters. On peut ensuite continuer la classification…

Ce qui est important, c’est qu’il y a des ruptures, entre le passage d’une communauté d’acheteurs à l’autre.

Et cela se comprend aisément : tout change d’une communauté à l’autre : le marketing, la distribution, …

J’ai vécu de plein fouet ce “chasm” à l’époque de Wokup. Nos clients étaient des earliers adopters, pour jouer avec la publication de services mobiles dès 1999.

Grâce à un travail commercial hors pair (merci Rabah et à toute l’équipe), on a eu des résultats commerciaux incroyables très rapidement (1,5 millions d’euros dès le premier exercice). Cela a fait tourner la tête à tout le monde, et on a cru qu’on allait continuer sur la lancée…

Ce qu’on n’avait pas compris, c’est que cet exploit, ces ventes aux premiers acheteurs, n’était pas le signe d’un marché naissant… Et on c’est pris la faille dans le nez !