Trademark Publisher : protéger ma marque ou dépenser 700 € pour rien ?

Courrier reçu il y a quelques jours.

Le truc semble officiel : il faut “cracher” près de 700 € pour protéger ma marque sur la période 2009 - 2011.

L’origine de la demande est une boite qui s’appelle Trademark Publisher.

Après recherche sur Google et sur le site de l’Inpi, il apparait que ce courrier n’est absolument pas un truc officiel  de protection de la marque.

Ils pompent les infos des marques sur les bases publiques, et envoie un courrier ambigüe. En fait, le montant demandé est juste pour enregistrer la marque dans une base. Un truc particulièrement inutile.

700 € d’économisé : ça vaut le coup d’être attentif !

Les phrases à la c…

Un amis entrepreneur se fait virer. Il était le patron, et les investisseurs ont souhaité changer.

Il m’a dit qu’il avait bien du mal à ne pas rire (surement un peu jaune…) quand on lui a dit des trucs du genre (de mémoire…) :

Les investisseurs : “On ne change pas l’équipe, on a simplement décidé de renforcer l’équipe, par le haut”

Le nouveau patron : “je ne prends pas ta place, il y a du boulot pour tout le monde”

Bon, dommage, je ne suis pas sûr de la deuxième phrase, mais ça donne quand même, je crois, l’esprit… un brin “faux cul”, non ?

Cœur de métier ?

Cette expression, cœur de métier, est bien souvent utilisé par des dirigeants pour piloter l’entreprise, faire des choix.

- On peut faire ça ?

- Non, c’est pas dans le cœur de métier.

Ils ont raison ces managers, de chercher la focalisation.

Pour réussir, une entreprise doit choisir “sa niche” et se concentrer dessus, pour être la meilleure sur ce domaine. On ne peut être bon partout.

Mais ce management a également un risque : le risque de figer artificiellement l’entreprise, alors que le monde bouge, très vite.

Les exemples sont nombreux de boites qui ont changé radicalement de cœur de métier !

Exemples :

Danone, passé de la fabrique de verre à la distribution de produits laitiers (et plus largement encore aux produits alimentaires aujourd’hui.

Apple, qui a certe gardé la fabrication / distribution d’ordinateur, mais qui fait aujourd’hui une bonne partie de son chiffre d’affaires avec des lecteurs MP3 et des téléphone.

Alors, c’est quoi votre cœur de métier ?

Basiques pour la bourse

Souvent, j’entends quelqu’un dire un truc du genre : “telle entreprise, son action est à X, c’est super bas” (ou super haut, …).

Soyons clair : la valeur d’une action n’est surement pas un indicateur valable, et ne permet pas de dire si c’est élevé ou pas.

Le capital d’une entreprise est “découpé” en actions. La valeur d’une entreprise, c’est donc la valeur d’une action multipliée par le nombre d’actions.

La valeur est un indicateur beaucoup plus intéressant, qui permet en particulier de comparer les entreprises.

Voici quelques valeurs (en milliard, en prenant 1 $ = 1 €) :

OK, mais on fait quoi avec ça ? Est-ce une valorisation élevée ou pas ?

Pour répondre, il faut prendre en compte d’autres indicateurs.

Le chiffre d’affaires est évidement un indicateur clé (toujours en milliard) :

Que voyez vous ?

Ben que les valeurs ne sont pas tant que ça corellées au chiffre d’affaires !

Voici le ratio Chiffre d’affaires / Valorisation :

La vie est injuste : certaines entreprises sont valorisées bien en dessous de leur chiffre d’affaires, alors que Google est par exemple valorisé 11 fois son chiffre d’affaires !

Bon, on peut prendre un autre indicateur : la marge.

La marge pour faire simple, c’est la différence entre ce qu’une entreprise gagne et ce qu’elle dépense :

Faisons le ratio entre la marge et la valorisation :

Là encore, il y a de grands écarts, entre un ratio de 7 à un ratio de 86 !

Deux autres indicateurs me semblent fondamentaux : la trésorerie (l’argent dont dispose l’entreprise) et le niveau d’endettement.

Typiquement, ces indicateurs interviennent dans la performance de boite comme France Télécom (endetté) et Google (0 dette).

Pour mesurer la “santé financière” d’une entreprise, il faut prendre en compte tous ces paramètres (et pas un seul).

En fait, au delà de ces indicateurs, très utiles, il y a une autre grille d’analyse : le fond.

Le fond, c’est le métier de l’entreprise, la qualité de ce qu’elle produit, sa capacité à faire rêver, à s’adapter, à innover, à conquérir de nouveaux territoires, et enfin les hommes et leurs capacités à bien diriger “le bateau”, même par mauvais temps.

Au final, ce qui explique la valeur d’une entreprise, c’est un mélange “informel” entre tous ces paramètres.

Alors, dans mon panel d’entreprises, lesquels vous semblent sur-valorisées et lesquels vous semblent sous-valorisées ?

Etes vous un “earlier adopter” ? Le principe des “failles” entre les types d’utilisateurs

Ouch : quel titre !

Earlier Adpter : ce sont les premiers utilisateurs d’une nouveauté, qu’elle soit service ou produit.

Exemples actuels :

  • Avez vous une voiture hybride ?
  • Avez vous un ordinateur muni d’un disque dur Flash (SSD) ?
  • Avez vous un MacBook Air ? (je ne suis pas sûr que ce troisième exemple soit adapté mais bon…)

Les earlier adopters, ce sont ces gars qui s’achètent un produit un peu avant tout le monde.

Ils aiment la nouveauté, le produit innovant que n’ont pas les autres.

Pour satisfaire cette heureuse nature, ils sont prêt à beaucoup de sacrifices :

  • Payer plus cher ;
  • Avoir un produit qui n’est pas encore complètement au point.

J’ai pensé à ça en lisant (encore) quelques news sur les disque SSD (ici par exemple).

Concrètement, aujourd’hui, on sent bien que pour cette nouvelle techno, il est raisonnablement urgent d’attendre. Les performances ne sont pas encore vraiment au rendez vous, alors que le prix est assez élevé.

Mais voilà, la passion est un moteur qui n’est pas alimenté par la raison…

Maintenant, la deuxième partie du titre : les failles entre les utilisateurs.

Ce titre vient d’un bouquin : Crossing The Casm.

Ce livre (uniquement en anglais, zut) explique un truc vraiment intéressant.

Il part de la courbe de vie “gaussienne” d’un produit :

sur l’axe des X : le temps qui passe.

Sur l’axe des Y : le volume des ventes.

Au début, le produit n’est pas connu, et il progresse lentement.

Progressivement, les ventes décolles.

Puis le marché est saturé.

Enfin, le marché arrive en fin de vie.

Et bien, ce que dit le livre Crossing the Chasm, c’est qu’en fait, les choses ne se passent pas de manière aussi linéaire : il y a des faillent dans la gaussienne ;), c’est à dire des “trous verticaux”.

Ces failles viennent du fait que les acheteurs ne sont pas les mêmes, aux différentes phases du produit.

Au début, ce sont nos earlier adopters. On peut ensuite continuer la classification…

Ce qui est important, c’est qu’il y a des ruptures, entre le passage d’une communauté d’acheteurs à l’autre.

Et cela se comprend aisément : tout change d’une communauté à l’autre : le marketing, la distribution, …

J’ai vécu de plein fouet ce “chasm” à l’époque de Wokup. Nos clients étaient des earliers adopters, pour jouer avec la publication de services mobiles dès 1999.

Grâce à un travail commercial hors pair (merci Rabah et à toute l’équipe), on a eu des résultats commerciaux incroyables très rapidement (1,5 millions d’euros dès le premier exercice). Cela a fait tourner la tête à tout le monde, et on a cru qu’on allait continuer sur la lancée…

Ce qu’on n’avait pas compris, c’est que cet exploit, ces ventes aux premiers acheteurs, n’était pas le signe d’un marché naissant… Et on c’est pris la faille dans le nez !

L’art de la présentation !

Vous avez déjà eu à faire une présentation powerpoint ?

Vous mettez quelques phrases par diapo et hop, c’est parti…

Certains ont poussé très loin l’art de faire une présentation vraiment réussie : Steve Jobs bien sûr, Guy Kawasaki…

Il y a un gars, il en a fait son métier : Garr Reynolds.

Vous pouvez le voir à l’oeuvre dans la vidéo qui suit, ou il présente ce qu’il fait chez Google :

La méthode de Steve Jobs pour franchir les ruptures !

Je regardais l’autre jour dans le train l’excellent film de Guy Kawasaki : The Art Of Start :

Le gars a bossé chez Apple, il était “chief evangelist” pour le mac.

Il explique que, chez Apple, quand il y a travaillé, il y avait deux équipes :

L’équipe Mac : nouvelle, elle avait toute l’attention de Steve Jobs. Ces gars là avaient tous les droits : voyage en première, boissons à volonté, et pleins d’autres privilèges, dont bien entendu l’immense honeur d’être “couvé” par Steve Jobs himself.

L’équipe Apple II : ils étaient dans les “vieux” bâtiments, pas tellement considéré… Ils n’avaient même pas le droit d’entrer dans le batiment des équipes Mac !

Pourtant, comme le dit Guy Kawasaki, ce sont eux qui font tourner la boutique à ce moment là ! Le mac n’est pas encore en vente… Donc, Apple vit entièrement sur les revenus de l’Apple II.

Tout cela est terriblement injuste !

Mais quand on y réfléchi, cela traduit la force de steve Jobs : avec un gars comme ça, la boite ‘ne se prend pas les pieds’ quand il y a une rupture à surmonter.

Pour bien des boites, franchir une rupture est quasiment impossible (voir mon billet sur Kodak par exemple).

Guy Kawasaki nous explique, avec cette anecdote, que Steve Jobs sait gérer ces situations !

Le prochain Google sera Français ?

Probablement comme beaucoup d’entre vous, j’ai suivi ce sujet (ici en particulier).

J’ai un avis très précis sur la question.

Je pense qu’il y a plusieurs obstacles, et en particulier je trouve bien dommage que personne n’ai pensé à suggérer une réflexion sur un Small Business Act Européen, a mon avis bien plus efficace que les aides de la commission européenne, qui ne font qu’aider les grosses boites bien établies.

Si vous avez la flemme de regarder les 2h de vidéo, voici ce que j’ai noté :

  • Pierre Kosciusko-Morizet (PKM) : Très énervé par les différences de TVA entre les pays européens. Pense à s’installer au Luxembourg pour bénéficier d’une TVA à 15%
  • PKM : Morcellement du marché européen. Vendre en France, c’est vendre à 50 millions de clients. C’est plusieurs centaines aux US
  • PKM : Plusieurs lois actuellement vont plutôt dans le sens de freiner l’innovation. Pourquoi taxer l’Internet : quand on taxe, c’est pour freiner. Exemple : le pétrole, pour pousser de nouvelles énergies.
  • PKM (encore) : trop de lobby fait par les gros “anciens”, qui ne voient dans l’Internet qu’une agression sur leurs marchés historiques (presse, maisons de disque, …)
  • Catherine Barba : énervé contre la loi Chattel, et le remboursement obligatoire en cas d’annulation par le client. C’est vrai que là encore, ça va pousser à développer des sites depuis d’autres pays. C’est ne pas comprendre qu’Internet est global. PKM reprendra cet argument un peu plus tard…
  • Laurent Kott : La vrai barrière à l’entrée de Google, c’est sa capacité à faire tourner des dizaines de milliers de serveurs en parallèle ! Très peu de personnes au monde savent faire une chose pareille !
  • PKM : Pousse pour que l’état mette du haut débit partout, plutôt que de chercher à taxer.

Eric Besson a fait un discours, et je n’ai rien noté…

Ne pas se tromper d’objectif

Quand on monte une boite, il est sain de “faire le ménage” dans ses objectifs.

Quand j’ai monté ma première boite (Wokup!), ce n’était pas le cas du tout.

J’avais depuis bien longtemps une envie profonde d’entreprendre.

J’avais même poussé plusieurs idées… Je m’était par exemple acheté un NeXT dans les années 90 pour développer un logiciel de bases de données objet… J’ai eu la chance de pouvoir revendre mon NeXT quelques jours avant la fermeture de NeXT France…

Bref, revenons à nos moutons : l’objectif.

Donc, quand j’ai monté Wokup, j’avais une très grande envie de monter une boite. Mais pour quelles raisons ?

Je dois avouer qu’à l’époque, mes motivations n’était pas claires : volonté d’indépendance à l’évidence. Volonté de changer le monde… Mais après ? Je ne savais pas trop, et j’étais en particulier pas très clair sur les aspects développement de l’entreprise, ni sur les objectifs financiers.

En fait, avant la création, je ne me projetais pas tellement au delà de la création… Bref, mon principal objectif était de monter une boite, comme si c’était une fin en soi !

Plus tard, j’ai rencontré un gars, qui fait de la formation, et avec qui j’ai pas mal discuté. Il m’a dit que ce cas était en fait assez classique. On se trompe d’objectif, on ne se projette pas au delà du premier obstacle. Résultat, quand cet obstacle est franchi, on est dans le grand vide.

Le choc a été violent quand le marché c’est retourné (2001…) : j’ai du réduire les effectifs, licencier. Fini le rêve : une boite doit gagner de l’argent !

Aujourd’hui, j’ai toujours envie de changer le monde… Mais j’ai bien appris ma leçon : mon premier objectif est de faire une boite qui gagne de l’argent.

Management : l’art de la décision

S’il y a bien quelque chose qu’on attend d’un manager, c’est bien ça : qu’il prenne des décisions, qu’il tranche !

Au delà de ce qu’on attend du manager, c’est bel et bien l’avenir de la société qui est en jeu.

Maintenant, décider, c’est vraiment un art.

D’abord, passons par la case “critique” : c’est la plus facile ;)

Il y a ceux qui ne décident pas : “on verra plus tard”, ou alors qui prennent des décisions qui n’en sont pas : “je décide que nous allons étudier la question” ;

Il y a ceux qui décident, mais trop rapidement, à l’emporte pièce. Résultat, les décisions ne tiennent pas la route. En général, on peut mettre dans la même catégorie ceux qui changent d’avis trop rapidement, trop facilement. En un mot : les girouettes : un jour blanc, le lendemain noir.

Il y a ceux qui cherchent le consensus à tout prix.

Il y a ceux qui mettent en place des processus pour sa rassurer.

Il y a ceux qui mettent en place un système démocratique…

Bon, voilà, il y a pleins de mauvaises méthodes….

Mais comment bien faire ?

Les fondamentaux (les points sur lesquels je suis sûr de ne pas me tromper) :

Ecouter, prendre les avis des uns et des autres, à tous les niveaux, en interne comme en externe ;

Prendre du recul, et ne pas décider à chaud. En tout cas, moi, je ne décide pas en “live” (pour des points important, on est d’accord).

(j’avais déjà évoqué ce sujet dans ce billet).