Archives par mot-clé : Cookies

Le n’importe quoi de la loi sur les Cookies

C’est la fête sur presque tous les sites web européens :

Le festival des cookies

Un bandeau, en haut ou en bas, vous informe que le site utilise des cookies pour son fonctionnement.

Si jamais vous n’avez vraiment rien à faire, vous pouvez cliquer sur le lien « en savoir plus ». Vous arrivez sur une page ou manifestement, quelques juristes se sont fait plaisir

Capture d’écran 2015-06-19 à 18.00.48

A quoi tout cela sert-il ?

Mais à rien, à rien du tout.

Enfin c’est pas tout à fait vrai : ça sert à :

  • Faire peur aux internautes en leur parlant de quelque chose qu’ils ne comprennent pas et qui est plutôt technique
  • Enrichir les juristes qui ont du plancher sur cette lois
  • Enrichir les intégrateurs, qui ont du mettre ça en place

Et impossible de se débarrasser de cette verrue : si vous nettoyez vos cookies, l’avertissement revient 🙁

C’est une directive européenne qui a imposé à tous les pays européens « d’informer les visiteurs de l’usage des cookies ».

Cela n’aide en rien les visiteurs, cela ne donne aucune marge de manœuvre aux internautes. Juste, ça fait ch…

Bon, vous l’aurez compris, ce genre de loi m’énerve. L’intention était louable (respect de la vie privée, limiter les usages abusifs du tracking cross domaine) mais l’application n’a aucun sens…. Mais pourquoi tout le monde applique une loi débile ?

Cookies : Au secours, ils sont devenus fous !

En surfant sur le site de Motorola, je suis tombé sur cet avertissement :

Motorola et les cookies

N’importe quoi !

Quel est le juriste qui a réussi à imposer ça ?

N’importe quoi car on mélange un problème technique (les cookies) avec un problème « client » (respect de la vie privée).

Les utilisateurs ne savent pas vraiment comment fonctionnent les cookies, et en ont une vision plutôt floue.

Pour rappel, une directive européenne demande à ce qu’on demande aux internautes leur avis, et l’Angleterre à déjà mis en oeuvre cette directive. Je ne sais pas quand elle doit être appliqué en France…

En tout cas, « tout mais pas ça » 😉

Cookies à l’européenne : de l’opt-out à l’opt-in

Cet article est écrit par Diane MULLENEX, Associée du Cabinet d’Avocats Ichay & Mullenex, responsable du Département Technologies Média Télécommunications, invitée par François à réagir sur l’actualité juridique du e-commerce sur ce blog.

Les éditeurs de sites web auront du pain sur la planche une fois que sera transposée en droit français la directive européenne du 25 novembre 2009 sur la vie privée. Une fois le texte transposé, les e-professionnels seront soumis à de nouvelles contraintes pour l’utilisation des cookies sur internet. Le gouvernement français est passé par la procédure d’urgence en rédigeant une « ordonnance relative aux communications électroniques » qui sera ensuite ratifiée par le Parlement, sachant que la directive devait normalement être transposée avant le 25 mai 2011…

Pour mémoire, un cookie est un fichier texte temporaire stocké sur notre disque dur à la demande du serveur gérant le site web que l’on est en train de visiter. Ce cookie contient des informations sur notre navigation et permet au serveur de nous reconnaître d’une page internet à l’autre, ce qui permet de faciliter notre navigation.

Ces cookies sont depuis longtemps critiqués comme portant atteinte à notre droit au respect de la vie privée sur internet pour les informations qu’ils sont en mesure de lire et de stocker. Et quelles informations ! C’est entre autres grâce à ces petits fichiers textes que l’on peut faire des achats en ligne, les cookies permettant de mémoriser le contenu de notre panier d’achat électronique tout au long de notre navigation sur un site web. Et ils fournissent des informations très utiles aux éditeurs de sites internet qui leur permettent de personnaliser leurs offres en fonction des internautes et par conséquent de nous offrir de la publicité ciblée : les cookies leur permettent de savoir par exemple quelles pages web nous avons visitées sur un site, pour ensuite améliorer leurs offres et les adapter aux préférences des internautes.

Jusque là, le principe en vigueur était celui de l’opt-out. La directive « vie privée et communications électroniques» de 2002 autorisait l’utilisation de cookies dès lors que l’internaute était informé des modalités de stockage des données utilisées et qu’il disposait de moyens de refuser un tel stockage.

Dans un souci d’assurer plus de transparence dans la collecte d’informations, la nouvelle réglementation européenne exige que l’utilisation de cookies se fasse désormais avec l’accord préalable et explicite des internautes. Le principe de l’opt-in doit s’appliquer aux éditeurs des sites web qui auront l’obligation d’obtenir l’accord des internautes avant de stocker et de lire des cookies sur leurs ordinateurs.

La directive distingue les cookies de traçage qui permettent le ciblage publicitaire, eux seuls étant soumis au principe de l’opt-in, et les cookies de fonctionnement ou dits utilitaires qui stockent les identifiants et ne restent sur notre disque dur que le temps d’une session de navigation.

Pour l’heure, le projet d’ordonnance relative aux communications électroniques est soumis à la consultation publique et au Conseil d’Etat pour avis avant son adoption finale le 21 septembre prochain au plus tard. Affaire des « european cookies » à suivre…

Diane MULLENEX-Avocat à la Cour- Solicitor England & Wales- Ichay & Mullenex Avocats – www.ichay-mullenex.fr

 

 

Internet, espace commercial ?

J’étais en voiture ce matin, ça m’a permit d’écouter l’émission Service Public sur France Inter, dont le sujet était : « Les 10 plaies d’Internet », avec deux invités, Christophe Parcot, DG France de Yahoo et Dominique Maniez, qui vient d’écrire un livre sur les risques liées à Internet.

Beaucoup de choses intéressantes dans ce débat, même si le niveau était assez bas.

Par exemple, sur les Cookies, il a été dit pas mal de bêtises. Les cookies, c’est une technique, qui permet de garder la trace de votre venue sur un site, et de sauvegarder certaines options.

Comme toute technique, elle peut être utilisée pour vous apporter un réel service (éviter de ressaisir des options sur un service, sur lequel on revient), ou pour des d’autres objectifs moins « généreux » (améliorer la connaissance sur les usages des clients, pour améliorer l’offre…).

Autre sujet de discussion : GMail.

Dominique Maniez est très agressif contre Google, parce que celui ci, entre autre, analyse le contenu des emails, pour nous envoyer de la publicité « ciblée ».

Et de décrire l’analogie suivante : « seriez vous prêt à laisser votre facteur ouvrir votre courrier, pour vous glisser de la publicité ciblée, en contrepartie d’un service gratuit ? ».

J’ai trouvé l’analogie décalée : le facteur, c’est un homme, qui me connaît. Le service de Google effectivement analyse le contenu de mes mails, mais c’est un programme. Et dans le contrat, si j’ai bien lu, Google s’interdit tout autre usage de cette connaissance (Google s’engage à respecter mon droit d’auteur, et à ne pas communiquer à des tiers ces données).

Chacun fait comme il veut mais en ce qui me concerne, cela ne me dérange pas.

J’ai trouvé une question, posée par un auditeur, intéressante : la question sur le mélange, sur Internet, entre les usages non commerciaux et commerciaux.

Le gars se demandait si cet état de fait était inéluctable, ou si on pouvait imaginer une séparation, entre un monde fait d’échanges de services, sans publicité, sans services commerciaux, et monde rempli « capitaliste ».

Je pense qu’effectivement, le business « change tout » et qu’Internet est un espace investi par les entreprises. Le gars de Yahoo a beau dire qu’il y a séparation entre les réponses commerciales et les « autres réponses », je ne trouve pas que dans les fait, cette séparation soit très nette. D’ailleurs, c’est bien le propos de l’ensemble des boites qui travaillent le référencement naturel que de « biaiser » les réponses des moteurs de recherche, dans l’intérêt de leurs clients : des entreprises commerciales.

Mais je ne pense pas qu’une séparation soit possible, ni même souhaitable en fait. Internet n’est qu’une extension virtuelle de ce qui se passe dans le réel. On retrouve à ce niveau les mêmes mécanismes, les mêmes règles fondamentales.

Internet est donc un espace ou se côtoie le capitalisme et un monde d’utopie, de partage… Tout cela est étroitement mêlé.

Je préfère ce modèle parce qu’il me semble que tous les autres modèles reviendraient en fait à un système avec moins de liberté, moins de créativité.