Les malins – Suite

J’avais publié un billet, il y a quelques mois, sur un truc que j’avais reçu, soit disant pour protéger ma marque.

J’avais eu des doutes, fouillé un peu sur le web, et j’étais arrivé à la conclusion que c’était pas un truc pas vraiment clair…

Au vu des commentaires, je pense que j’ai bien eu raison ;-) .

Petit moment de satisfaction personnel, ou on se dit qu’on n’est pas un pigeon…

Et puis je me suis rappelé un autre courrier…

Un tel document, ça a bien l’air officiel, genre document Ursaff ou des impots, non ?

Ce document, qui vient du site achats-collectivites.fr, propose un accès “privilégié” aux appels d’offres publics…

Oui, il y a un an, je me suis fait avoir… ça m’énerve aujourd’hui quand j’y repense (325 € quand même).

L’accès aux appels d’offres publics est … publics et gratuit. Ce service n’est donc qu’une extraction de ces données publiques.

Ah là là, moi qui pensait être plus malin…

Le plus rageant, c’est que j’avais pourtant identifié certaines de ces “pratiques douteuses”.

Les méthodes “limites” pour forcer les ventes

La technique est bien connue :

Il s’agit de faire venir le client, en lui faisant croire qu’il va faire une super affaire.

Bon, le marketing, c’est toujours un peu ça ;) mais là, l’idée est poussée très loin.

Là, l’idée est d’aller jusqu’à l’acte de paiement.

Je vous explique :

Vous faites une annonce fracassante (un prix défiant toute concurrence, une remise énorme, …).

Le client arrive, un peu méfiant, mais tout ce passe bien : il peut effectivement acheter le produit à un prix incroyable.

Bon, le client continue à avancer, en se disant qu’il est vraiment en train de faire l’affaire du siècle.

Il va ainsi jusqu’au paiement.

Et là, ça ne marche pas : après avoir validé son numéro de CB, le système l’informe que le produit acheté n’est plus disponible, et on lui propose gentiment un produit de substitution

Sauf que le nouveau produit est à un prix… normal.

Et bien, que vous le croyez ou non, sachez que bien des clients se laissent avoir avec un tel processus.

Les mécanismes de manipulations mis en oeuvre ont été bien étudié dans le livre : “Petit traite de manipulation à l’usage des gens honnêtes“.

(j’en avais parlé dans ce billet)

Si le client a le sentiment d’avoir librement choisi d’acheter, une fois la décision prise, le client reste sur cette décision, même si les éléments de la vente changent.

Trademark Publisher : protéger ma marque ou dépenser 700 € pour rien ?

Courrier reçu il y a quelques jours.

Le truc semble officiel : il faut “cracher” près de 700 € pour protéger ma marque sur la période 2009 – 2011.

L’origine de la demande est une boite qui s’appelle Trademark Publisher.

Après recherche sur Google et sur le site de l’Inpi, il apparait que ce courrier n’est absolument pas un truc officiel  de protection de la marque.

Ils pompent les infos des marques sur les bases publiques, et envoie un courrier ambigüe. En fait, le montant demandé est juste pour enregistrer la marque dans une base. Un truc particulièrement inutile.

700 € d’économisé : ça vaut le coup d’être attentif !

Petit guide pratique de l’arnaque tranquille

(Suite de ce billet)

1. Prendre un nom de domaine qui sonne officiel. Exemple : mon-administration.org, conseil-régionnal.og, …

2. Faire un site avec un design copié sur des sites officiels. Mettre du bleu, du blanc, du rouge, des Mariannes…
L’investissement est limité, car les vrais sites officiels ne mettent pas la barre très haut ;)

3. Aller piocher des infos, sur des sites officiels. Vous pouvez ainsi remplir votre site avec des liens vers des publications des mairies, des conseils régionaux, …

4. Appeler les web master de quelques sites officiels, pour qu’ils référencent votre site. Ce référencement augmentera beaucoup votre crédibilité. En faisant une recherche sur votre site, les vrais sites officiels ressortirons !

“A y est”, vous avez votre vitrine pour attirer le pigeon.
La prospection peut commencer.

5. Prospecter le pigeon. Contacter des boites, finalement dans n’importe quel domaine.
La promesse : du business en quantité, via les collectivités locales, et une procédure simplifiée

6. Quand un pigeon est ferré, lui envoyer des documents pompeux, de pré sélection, de qualification,…. Important : il faut que ça fasse administratif (mais pas trop lourd, ce sont des procédures accélérées, hein…

7. Appeler le pigeon ferré, pour lui expliquer qu’il y a des dizaines d’appels d’offres en attente, que ça doit démarrer demain, et qu’il convient de compléter le dossier bien vite.

8. Si le pigeon joue son rôle, si son attention est émoussée par la promesse, il devrait payer sa cotisation mensuelle (300 €), ce qui est finalement bien peu de chose au regard de la promesse.

9. Si le pigeon paye, vous lui enverrez de temps à autre des liens vers des appels d’offres publics. Aucune valeur (il suffit d’aller piocher dans le journal officiel) mais le temps qu’il s’en rende compte, vous aurez gagné de l’argent…

Mes conseils :

  • Si l’honnêteté ne vous étouffe pas, foncez, apparemment, même démasqué, personne ne s’occupera de poursuivre une telle activité.
  • Il faut bien travailler l’image. Dans mon cas, si le site avait été un brin mieux fait (au lieu de liens un peu frelatés, de 2002 !), et si le whois avait été un brin plus crédible, j’aurais peut être payé mes 300 €….

On veut m’arnaquer !

J’ai été appelé il y a quelques jours.

J’ai ainsi la chance d’être pré-sélectionné, pour répondre à des appels d’offres pour les collectivités locales.

On m’explique que la procédure est simplifié, et qu’il faut juste remplir un formulaire.

Si je suis retenu, j’aurais globalement du boulot pour un an, avec pas mal de communes, de conseils généraux, …

Il y a des frais pour la gestion du dossier : 300 € par mois.

J’ai appris aujourd’hui que j’étais sélectionné. Super !

Super ?… Je suis prudent. J’ai fouillé un peu. Un coup de Whois, et hop, j’ai trouvé qui est derrière l’organisation qui m’a contacter. Tient, c’est bizarre, c’est une agence web…

OK, j’ai compris. Le principe est classique finalement. On me promet pleins de business (”très rapide”), et je dois juste m’acquitter d’un forfait mensuel dérisoire…

Méfiez vous : les arnaqueurs rôdent !