Quelle compétence pour faire faire ?

Quand j’étais ado, j’ai fait beaucoup d’équitation.

Mais vraiment beaucoup !

Je pensais que j’en ferais mon métier, j’étais passionné.

Je me suis à l’époque passionné pour pleins de choses : le dressage, le saut d’obstacle, mais aussi la façon d’enseigner l’équitation. Je lisais à peu près tout ce qui peu exister en littérature sur ces sujets.

J’ai ainsi appris pas mal de choses.

Par exemple ceci :

Quand l’équitation était vraiment quelque chose d’important, pour l’armée en particulier, … vous imaginez bien qu’on prenait le plus grand soin pour bien dresser les chevaux, et bien apprendre aux cavaliers à monter.

Et bien à cette époque, apprendre et faire était deux métiers complètements différents.

Pourquoi demander à un instructeur de savoir monter à cheval ? Ce n’est pas ce qu’on attendait de lui.

Ce qu’on attendait, c’est qu’il apprenne à bien monter. Il avait donc un regard aiguisé, pour voir, en 1/10ème de seconde, ce qui allait et ce qui n’allait pas, et pouvait ainsi donner les bonnes instructions.
Les deux compétences étaient complètement séparées : instruire et monter.

Vous vous demandez sans doute pourquoi je vous parle de ça.

Je vous parle de ça parce que la question derrière, c’est : qui est légitime pour piloter une activité ?
Faut il savoir faire pour savoir faire faire ?

Si on reprend mon exemple « historique », ce que ça dit, c’est deux choses :
On ne doit pas nécessairement savoir faire pour savoir faire faire.
Mais cela dit aussi que pour faire faire, on doit être un pro : on doit avoir développé cette expertise, qui consiste à avoir un regard aiguisé, de spécialiste.

Je suis convaincu que cette métaphore s’applique plutôt bien, pas vous ?

4 commentaires

  1. @Patrice> Tout dépend de la façon de « porter » mon exemple. Je ne sais pas si tu sais développer un site, mais tu sais très bien demander ce qu’il faut, non ?

  2. Si on transpose ça sur le domaine du web, quand on sait de quoi il en retourne et la complexité d’un projet, on se dit qu’on ne pourrait confier à personne d’autres la tâche à effectuer (autant le faire soi-même)…

    Ou alors en interne avec des gens sur lesquels on a l’oeil dessus 🙂

  3. Si je prends mon cas je ne suis pas un expert JAVA et pas developpeur, il se trouve que j’ai géré pas mal de situations critiques autour de la performance de site eCommerce. Pour se faire j’avais avec moi une équipe formidable, des experts dans leur domaine, et nous avons fait du travail formidable. Recemment j’ai eu à m’occuper de tests de performance pour un très gros site de eCommerce, je n’avais plus mon ancienne équipe et franchement j’ai pas mal galéré pour mettre en musique à la fois la méthode mais également l’éxecution.
    J’en tire la conclusion suivante, On peut savoir faire faire sans savoir faire soi-même mais il faut savoir/pouvoir s’entourer des personnes en qui on a confiance et qui te font confiance. Or la confiance cela ne s’impose pas, c’est comme le respect, ca se mérite et parfois il faut du temps … ce que l’on a pas toujours

    Si je prends un autre exemple, la construction d’une tour, l’architecte n’a pas le savoir faire d’un maçon et pourtant il va faire faire sa tour. Dans de nombreux métiers c’est la même chose.

    Dans l’automobile 80% d’une voiture est faite par les sous-traitants, pourtant c’est le constructeur qui est vu comme le réalisateur …

    Conclusion de la conclusion, il faut pas mal de compétences autres que celle que l’on a pas pour faire faire ce que l’on ne sait pas ! 🙂

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