Faire du logiciel, du développement, c’est de l’artisanat

Je déjeunais ce midi avec un ami de longue date.

On échange souvent sur le développement logiciel (entre autre sujets, je vous rassure ;) )

Notre conviction commune, c’est que faire du logiciel, du développement, c’est un processus artisanal et pas industriel.

Je me suis déjà exprimé là dessus.

Dans la pratique, dans mon (mes ?) métier(s), quand je dis ça, je sens bien que c’est « contre productif » :

  • Les boites qui vendent du « processus industriel » à tour de plaquettes commerciales se sentent agressées, et se défendent en m’agressant à leur tour ;
  • Les clients qui connaissent mal tout ça (et c’est bien normal, ce n’est pas leur métier) se disent que l’artisanat, ça fait moins pro que « processus industriel ».

D’un point de vue rationnel, pourtant, c’est assez basique :

Un processus industriel, cela consiste à fabriquer un produit, avec un processus bien défini, qui permet d’accélérer la production, et de multiplier le nombre de produits fabriqués, en garantissant que tous les produits sont bien conforme au cahier des charges, tout cela avec un coût maîtrisé.

Cela passe par une séparation très forte, entre différents métiers.

L’ingénieur, qui conçoit le processus, décompose la chaîne de fabrication, et conçoit des machines, qui permettront de reproduire les mêmes actions, rapidement et sans faute.

De l’autre côté de la chaîne (c’est le cas de le dire), l’ouvrier derrière la machine a un travail répétitif, travail qui est d’ailleurs de plus en plus souvent remplacé par des machines, des robots.

Dans le monde du logiciel, cela n’existe pas, et, pire, quand on tente d’appliquer de telles méthodes, on arrive à des catastrophes.

Au final, ce qui marche, au contraire, c’est le recrutement des meilleurs développeurs, et de leur confier des missions ou ils pourront avoir le maximum d’autonomie.

On est donc bien dans un processus artisanal, ou ce qui compte, c’est la qualité de l’artisan.

Un exemple parmi des centaines :

Apple a eu besoin de 60 personnes pour créer iOS.

Motorola, qui essayait de faire la même chose, avait mis sur les rang 1500 personnes.

Qui a réussi ?

On est donc dans une industrie ou ce qui compte, c’est la grande qualité de quelques personnes clés. Et je ne parle pas des managers, mais bien des développeurs !

Quand tu veux Yves, pour poursuivre ce passionnant sujet ;)