Quelle valeur pour l’information ?

Derrière cette question banale, je veux parler, en particulier, de la révolution qui touche le journalisme.

Donc, quelle valeur pour l’information ?

C’est bien la question de la presse, qui, si on simplifie, cherche, trouve et présente de l’information, et la vend, via différents médias.

Ce système marchait depuis des années, des siècles en fait…

Mais, vous me voyez venir, quelle est la valeur du scoop, dans un monde ou pas mal de monde a son mobile connecté sous la main, et peut capturer l’information, directement à la source ?

Et si c’est un journaliste qui arrive quand même à trouver une info inédite, quelle est la valeur de cette information, qui va être reprise, qui va « buzzer » a la vitesse de … l’internet ?

Quand on pense aux grands évènements récents, on a eu plus d’info, bien plus vite, sur Twitter et autres réseaux sociaux que dans la presse…

Donc, la valeur du scoop est en chute libre. Ce n’est plus là qu’il y a de la valeur à créer, tout simplement.

Mais alors, comment créer de la valeur ?

La valeur existe bien sûr ! Mais elle c’est déplacée.

La valeur aujourd’hui, est, de mon point de vue sur :

  • La qualité des informations
  • La qualité des analyses
Ce que je veux dire, c’est que, quand les journaux ne font que reprendre a peu près les mêmes informations, ils « creusent » leur propre fin.
Regardez l’affaire DSK : les premiers jours, c’était un grand n’importe quoi. Les journaux n’avaient aucune information, ne savaient rien sur Nafissatou Diallo. Cela n’empêchait pas grand monde de parler, pour dire… rien et n’importe quoi, en boucle.
Les journalistes n’ont, en général (il y a bien sûr des exceptions, heureusement), pas fait leur travail, travail à valeur ajouté pour prendre du recul, chercher à recouper les informations, mieux analyser.
Ceci dit, en restant sur cet exemple, on peut y voir une contradiction : mettre cette affaire en avant, ça a été, c’est encore le moyen de doper les ventes.
Certe, mais je pense que cette analyse est trop court-termiste. Vous créez du trafic, vous vendez un peu plus, mais la valeur ajouté n’y est pas. C’est un feu de paille.
Maintenant, c’est toujours très très dure de gérer une activité qui est en pleine révolution.
De mon expérience, la plupart des sociétés, au sens « groupe d’individus » (entreprises, …), n’arrivent pas à bien négocier un tel changement.
Pour mieux expliquer ça, j’ai rien de mieux que l’image de l’évolution, avec des espèces qui apparaissent, parce qu’elles sont bien adapté au contexte, à un moment donné. Puis le contexte évolue. L’espèce ne s’adapte pas assez vite, elle va simplement s’éteindre. D’autres prendront le relai.
Pour les entreprises, en général, c’est la même chose. Les entreprises qui s’adaptent sont très très rares.

Un commentaire

  1. Comment generer de la valeur et rester competitif face aux sources d’informations « gratuites » telles que blog, twitter etc? Difficile question en effet, qui devient de plus en plus urgente pour la presse a resoudre. Le vieux modele a marche pendant des siecles, et a cesse de fonctionner quasiment du jour au lendemain.

    Trop souvent la presse et les journalistes tentent de se refugier derriere le discours du genre « mais c’est normal de payer pour l’information, comme avant » mais en effet, c’est se creuser sa propre tombe que de faire cela.

    Il est temps de reflechir quelles valeur ajoutee le journalisme professionel apporte. Les gens payent pour du contenu, il faut simplement que cela en vaille la peine par rapport aux alternatives gratuites. De proposer la meme chose qu’avant alors que le monde de l’information est en revolution, ca ne marche pas.

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