2 ans avec Magento, l’expérience Brand Online Commerce

Cet article est écrit par Christophe Davy, dirigeant de Brand Online Commerce, qui est « l’invité permanent » de François sur ce blog.

Magento

La plateforme e-commerce Magento est un véritable phénomène (de mode ?) sur le marché, tout le monde en veut, tout le monde en fait.

J’entends le mot « magento » dans la bouche de tout le monde, y compris parfois chez des dirigeants qui ne sont pas censés en connaître l’existence. Toutes proportions gardées, je trouve des similitudes avec la façon dont est vu SAP dans les entreprises. Pour plagier l’ami Seguela, « si tu ne diriges pas une entreprise utilisant SAP avant 50 ans, c’est que tu as raté ta vie ». Et maintenant, « si tu n’as pas mis en place un e-commerce avec Magento avant 50 ans, c’est que tu as raté ta vie ».

J’ai donc voulu apporter un témoignage concret et issu d’un vécu quotidien, en l’occurrence celui de mon entreprise Brand Online Commerce. Brand Online Commerce est sur le marché du e-commerce délégué, elle opère la chaîne de valeur du e-commerce pour le compte de marques haut-de-gamme (beauté, mode, luxe). Des sites comme narscosmetics.co.uk, sequoiaparis-usa.com, sergelutens.com ont été créés et sont gérés au quotidien par Brand Online Commerce.

Tous nos sites ont un point commun, ils tournent sous Magento.

Nous avons choisi Magento à l’été 2008, à la création de l’entreprise. Ce choix, que je considère comme très judicieux, a été réalisé avec l’ami François (le taulier du blog sur lequel vous êtes en train de me lire).

Pourquoi judicieux ? Parce que nous avons systématiquement une problématique internationale dans tous nos contrats. Nous gérons ainsi 3 boutiques en Europe pour les cosmétiques Nars avec 2 langues et 2 devises, 5 boutiques pour Sequoia Paris (4 langues et 1 devise en Europe, 1 langue et 1 devise aux US), etc…, etc…

Dans un tel contexte, Magento répond efficacement à notre besoin. Une fois le set-up technique bien fait, on peut facilement (oui, le set-up est « long », mais après la maintenance est « facile ») gérer le catalogue produit en lui appliquant toutes les contraintes inhérentes à un e-commerce international, et notamment :
– une gestion de prix différents pour un même produit par langue et/ou par pays,
– dans une ou plusieurs devises,
– une gestion de l’affichage du catalogue par langue et/ou par pays (tel produit disponible au UK ne l’est pas en France),
– des listes de best-sellers différentes par langue et/ou par pays,
– des règles de discount, gift with purchase, free shipping différentes selon des critères classiques (liste de SKU, seuil de commande, offre ciblée sur une référence,…) croisés avec les langues et/ou les pays (free shipping à 80£ sur telle boutique, et à 100 € sur telle autre, et pas de free shipping sur une troisième).

A titre d’illustration, on retrouve une partie de ces contraintes exprimées dans les blocs promotionnels actuellement en place sur les site Nars Cosmetics en Europe :

bloc homepage site Nars UK bloc homepage site Nars FR bloc homepage site Nars EU

Ma comparaison avec SAP, encore une fois toutes proportions gardées, vaut aussi sur un autre point : un programmeur met beaucoup de temps à faire le tour de Magento, et il lui faut plusieurs mois (mois, pas semaines) pour être vraiment opérationnel. Magento est tellement complet et paramétrable, que la montée en puissance d’un programmeur se fait nécessairement module par module. Je ne parle pas du simple fait d’apprendre comment cela marche en théorie, mais d’être compétent jusque dans la maintenance et dans le fonctionnement au day-to-day des différentes mécaniques techniques.

Par exemple, la maîtrise des règles de gestion des promotions est en soi déjà une compétence longue à acquérir. Il ne m’étonnerait donc pas de voir, avec la montée en maturité de l’écosystème Magento, les programmeurs Magento se spécialiser sur tels ou tels modules de Magento. Exactement comme pour SAP, où les experts sont toujours spécialisés sur des modules, jamais sur la totalité de la solution.

Quant à « l’Apple Store » de Magento, Magento Connect, il contient aujourd’hui 2500 applications… Qui peut dire « je les ai toutes auditées, et je sais ce dont j’ai besoin » ? Chez Brand Online Commerce, comme je pense chez tout le monde, on ne passe pas assez de temps à regarder ce qui est proposé sur Magento Connect. Là aussi, je me demande si l’on ne verra pas émerger prochainement un nouveau type d’acteur dans l’écosystème Magento, le consultant-programmeur chargé d’auditer les besoins et de repérer les modules Magento déjà disponibles pour ce besoin ; ses honoraires étant plus que financés par la réduction de la charge de développement technique de la solution.

7 commentaires

  1. A la différence près entre SAP et Magento que l’un est open source et pas l’autre

    Ce qui rend bien plus flou les business models autour de cette solution

  2. Merci d’apporter une réelle expérience d’utilisation de Magento et pas un « on dit » supplémentaire.
    Vous mettez le doigt sur une problématique avéré de ce produit, c’est qu’il est fait pour des sites avec des contraintes précises comme l’internationale, le multiboutique, le B2B et B2C en // ou encore le simple fait d’avoir une vision qui amènera l’entreprise à gérer ces problématique lorsqu’elle voudra s’étendre à l’internationale.
    Souvent les gens réfléchisse à la solution après l’avoir choisie, alors que le choix de la solution technique doit se faire après les définition d’usage sur les contraintes réels d’une boutique.
    Je crois que Magento est un très bon produit, je connais des néophytes qui ont travailler pour la relations clients sur le backoffice de la boutique et on trouvé cela très performant et agréable à défaut d’avoir des messages de clients heureux.
    Mon entreprise a fait un autre choix en partant sur Prestashop à la même époque, car elle visée clairement un marché différent et plus proche de petit commerçant que de la grosse multinationale. Mais, sans de grosse contraintes comme celles énoncées dans l’article, Prestashop permet de gérer des projets conséquents en conservant une légèreté appréciable.
    Merci encore pour ce retour d’expérience d’une solution exceptionnelle comme Magento, et dire que ce type de projet coutait des millions d’euros voilà seulement 10 ans.

  3. merci pour ce retour d’expérience. C’est vrai que le temps de montée en compétence sur Magento est relativement long, comparé à d’autres solutions comme Prestahop. Pour ma part, j’ai fait mon choix en faveur de Magento, en raison de sa richesse fonctionnelle inégalée, mais aussi surtout pour sa capacité d’interfaçage via une API très riche, et totalement extensible. Car on oublie souvent qu’une solution de e-Commerce n’est que le « fontend » derrière lequel sont couplés tout un écosystème applicatif tels qu’un ERP pour la partie logisique, comptabilité, etc … un CRM pour soigner sa relation client, etc … et la grande force de Magento, c’est précisément cette possibilité d’interfaçage … d’où effectivement un temps de montée en compétence non négligeable …

  4. Il est clair que Magento n’est pas Oscommerce ou Prestashop, qui peuvent être manipulés facilement par un développeur non spécialisé. Bien sur, une agence ‘du coin’ arrivera à faire et coller un design dessus. Mais quid dès lors qu’il y a des fonctionnalités à ajouter ?

    Je ne suis pas sur toutefois qu’un métier de ‘spécialiste modules’ émerge un jour, ça ne s’est pas fait avec les autres plateformes, il n’y a à mon sens pas de raison que ça se fasse avec Magento.
    Simplement, je pense effectivement qu’une vraie spécialisation est nécessaire pour en tirer la substantifique moelle. Aujourd’hui, oui, tout le monde en fait (ou annonce en faire), parce que la demande est sur ce moteur. Mais en pratique, je pense que ça finira par vraiment se segmenter entre les vrais spécialistes, et les autres, qui globalement, proposeront plutôt du Prestashop, qui est une très bonne plateforme aussi.

    Parce qu’il ne faut pas minimiser non plus les défauts de Magento :
    – Même s’il y a eu de VRAIS progrès, ça reste lourd en terme de ressources serveur, donc coût supplémentaire à la clé.
    – Les temps de développement sont globalement plus longs que sur Prestashop, avec un niveau technique plus élevé. Donc plus de temps facturé, plus cher à la journée. Un projet Magento est donc souvent plus cher qu’un Prestashop, même si le résultat final n’est pas toujours comparable.
    – L’apprentissage pour le marchand aussi est lourd. Pour un pur player ambitieux, ya pas photo, faut faire du Magento. Mais je vous renvoie vers l’article du JDN sur les profils des marchands, 70 % font moins de 10K€ de ca/mois. Et 40% moins de 1000€. Bref, ceux la, leur donner (leur vendre 🙂 ) un Magento, ça ne me parait pas la bonne approche, ils en utiliseront 10%.

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