Google, Apple et Facebook, ex-entreprises les plus cools ?

Cet article est écrit par Christophe Davy, dirigeant de Brand Online Commerce, qui intervient ponctuellement sur ce blog. Son contenu n’engage pas François Ziserman, qui d’ailleurs de manière générale réprouve le plus souvent ce que dit et écrit Christophe. A se demander pourquoi il l’a invité sur son blog…

En 2008, on pouvait encore écrire ceci :

– A ma gauche, Google, Apple et Facebook, les entreprises coolissimes par excellence, celles dont on ne peut absolument pas dire de mal sans s’attirer les foudres de ses adeptes, celles dont les produits et services sont encensés avant même d’avoir été testés, celles qui sont en train de changer le monde en bien,

– A ma droite, Microsoft et IBM, les entreprises d’un autre âge, spécialistes de l’entrave à la concurrence (à la concurrence des entreprises coolissimes notamment) et des technologies qui ne font pas rêver.

Et bien il est frappant de constater comment les choses ont bougé en deux ans.

Google s’est transformé progressivement en une sorte de big brother qui fait très peur. Avant, il n’y avait pas une semaine sans qu’un nouveau produit ou service de Google ne sorte, dans une frénésie créative et innovante totale, et sous les applaudissements ébahis de tous ; souvenez-vous de la sortie de Google Earth, quelle claque on a tous pris ! Aujourd’hui, il n’y a pas une semaine sans que n’éclate une polémique sur ce que Google se permet de faire en s’asseyant sur des règles élémentaires de droit des pays (la dernière en date, c’est la polémique sur la collecte de données wifi réalisée par les Google cars, qui n’étaient censées faire que des photos).

Apple, de son côté, a réussi à imposer avec iPod/iTunes/iPhone/iPad des standards fermés et propriétaires à des consommateurs qui rejettent pourtant régulièrement le payant et se tournent sans cesse vers le gratuit et l’open-source. Sacré tour de force, fondé sur une qualité et une ergonomie sans faille des produits et des services. Mais les procédures de contrôle de l’Apple Store, obscures (je n’ai pas écrit obscurantistes) et anti-concurrentielles (une parmi d’autres : le navigateur Opera n’a été validé qu’une fois la base d’iPhone bien développée avec Safari), ressemblent à s’y méprendre au comportement quasi-monopolistique des grandes années de Microsoft avec Windows. Tout de suite, ça fait moins cool.

Facebook est devenu un web à lui tout seul, offrant un véritable lieu de vie pour ses membres. C’est ludique, drôle (ah, les « points cools », c’est juste trop bien), on y trouve tout le monde (400.000.000 de membres ; sauf moi). Facebook réunit en un seul site l’email, un MSN-like, un Twitter-like, un Linkedin-like, des plateformes de jeu, du e-commerce, des forums, du stockage de photos et de vidéos,… Et en plus, cela a été créé par un petit gars qui a l’air ahuri de celui qui se demande encore pourquoi son site a pris une telle ampleur. Trop cool ! Du coup, excités par tant de coolitude, les membres se lâchent, et publient progressivement des éléments de plus en plus intimes de leur vie privée. Et c’est là justement que cela a fini par se gâter récemment. Car Facebook (et son créateur) s’assoit sur la notion de vie privée, jugée obsolète, et le dit haut et fort, alors que les membres pensaient naturellement disposer de ce droit. En cette année 2010, Facebook inquiète les parents, inquiète les entreprises, inquiète en fait tout le monde. Et inquiétude et coolitude ne font pas bon ménage.

Et Microsoft ? Et bien cette entreprise a perdu beaucoup de sa superbe au niveau business, mais elle a aussi quitté la ligne de tir des développeurs. Qui aujourd’hui passe du temps à casser du sucre sur le dos de .Net, Windows ou Office ? En devenant moins hégémonique, Microsoft est en train de se racheter une virginité, et s’y emploie d’ailleurs activement en donnant énormément de moyens aux développeurs et… en soutenant l’open-source ! D’ici qu’on entende que Microsoft est une entreprise cool…

IBM est aussi un cas intéressant, dans le sens où ce n’est pas une entreprise cool, et qu’elle ne l’a jamais été. Mais IBM est toujours là, et renaît en permanence de ses cendres. Les publicités IBM sont souvent pathétiques, il n’y a jamais de buzz sur IBM (d’ailleurs les mots buzz et IBM ont l’air d’appartenir à deux siècles différents), mais finalement on connaît tous quelqu’un qui bosse chez IBM ou dans une de ses filiales comme on connaît tous quelqu’un qui bosse dans la fonction publique. IBM n’est pas cool, mais IBM fait partie du paysage.

Maintenant, qui peut dire quelle sera l’évolution à court-terme du positionnement de ces entreprises dans l’opinion ? Attendons, observons, et nous constaterons comment les cartes vont éventuellement se redistribuer.

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3 commentaires

  1. Certaines entreprises sont considérées comme étant « cool » parce que leurs produits font parler d’eux et prennent une place dans la conscience collective et la vie des gens. Microsoft était cool dans les années 1990, le lancement de Windows 95 a eu un retentissement gigantesque et a vraiment propulsé l’ordinateur personnel dans la vie de millions de personnes. Bill Gates est devenu l’homme le plus riche du monde et une célébrité.

    Court reportage sur le lancement de Windows 95 :
    http://quietube.com/v.php/http://www.youtube.com/watch?v=DeBi2ZxUZiM

    Ces dernières années, ce sont plutôt les services de Google, les produits d’Apple et les réseaux sociaux comme Facebook qui ont apporté quelque chose de nouveau. L’aura cool provient de l’excitation suscitée par leurs produits, et de leur impact, le fait que le moteur de Google ait transformé la cherche sur le web (c’est devenu un verbe : « Just Google me »), que plus de 100 millions de personnes utilisent Gmail, etc. Le fait qu’Apple ait vendu plusieurs centaines de millions d’iPods, des milliards de morceaux sur iTunes, marie interfaces tactiles, téléphones et tablettes, lance l’App store. Ou qu’une petite start-up ait réussi à monter un réseau social rassemblant 400 millions de personnes, qui a modifié leur manière de communiquer.

    Microsoft propose souvent des produits ou services concurrents, mais ni Bing, ni le Zune, ni Windows Mobile n’ont eu le même impact. Et dans ces conditions il est difficile pour eux de faire parler de ces produits et de (re-)devenir cool. IBM n’est pas en relation directe avec Mr et Mme Tout le monde, à moins qu’ils travaillent dans une banque ou une compagnie d’assurance. Surtout depuis la vente de leur branche PC à Lenovo. Pourtant ils sont là, mais cachés, au niveau de l’infrastructure, sans rapport avec les particuliers. Donc ils ne vont certainement pas faire parler d’eux dans le grand public…

  2. @Adam
    Merci de ta contribution.
    Le point principal de mon billet était de remarquer à quel point l’image des entreprises peut évoluer en peu de temps dans le grand public, chez les clients ou chez les prospects, d’autant plus que ces entreprises jouent sur la fibre émotionnelle (et irrationnelle ; la « coolitude ») dans leur relation avec des tiers.

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