Manager : en savoir plus que les équipes ?

Une petite histoire pour commencer :

Je me souviens d’un peintre, venu poser du papier peint chez moi.

Le gars était très intéressant. On a rapidement sympathisé.

C’était un ancien “cancre”, complètement inadapté au système scolaire.

Il a ensuite appris le métier de peintre sur le tas, en étant apprenti.

Ensuite, il a monté sa boite. Comme il fait du bon boulot, qu’il est malin comme tout, ça a bien marché (les enfants, allez vous coucher, et ne lisez pas ce billet, ou je dis qu’on peut réussir dans la vie après avoir été en échec à l’école).

Maintenant, sa boite se développe très bien, avec plus de 10 personnes. Il a trop de boulot.

J’ai discuté avec lui de son mode de management.

Sa réponse fut simple : “je me fais respecter car je suis le meilleur, le plus rapide, avec le travail le mieux fait”.

Et il faut reconnaitre que c’est vrai : il travaille très vite tout en faisant un travail vraiment impeccable !

Ce mode de management est il tenable ? Est il “scalable” ?

Je ne pense pas.

Je repense à une présentation qu’avait fait Steve Jobs, où il expliquait que si on est mettons un “A”, et qu’on recrute un “B” (juste un peu moins bon), on va très rapidement se retrouver avec une entreprise de “Z” !

Donc, si on veut monter une entreprise qui doit croitre, on doit être capable de recruter des personnes meilleures, plus compétentes que soi sur certains sujets.

L’autre point est la très grande diversité des sujets à maîtriser. Si on parle de management technique, doit on être un expert réseau, expert développement, expert base de données, … ? C’est simplement impossible.

Donc, bien évidement, la solution est de manager des personnes plus fortes que soit, dans leurs spécialités.

N’est-ce pas dangereux ?

Non, si on s’y prend bien :

  • Un manager n’est pas là pour se mettre en compétition avec les équipes, ni à tirer la couverture à lui. Si un gars de l’équipe a fait un truc super, cela doit se savoir, tout le mérite doit revenir directement au collaborateur qui a bien bossé. Le manager en tirera également le bénéfice, de manière indirecte (il a su le recruter, il a su donner un environnement permettant de bien travailler, …).
  • Un manager doit fixer les objectifs et les moyens de les atteindre. Il doit donc suffisamment comprendre le job pour être capable de le suivre. Cela ne veut pas dire qu’il aurait été capable de le faire.
  • Quand on recrute un collaborateur, on doit mesurer la performance “sur le fond”, le métier. Si le gars est très fort, super. On doit également mesurer la dimension humaine, et se poser la question : “saurai-je le manager ?”. Si un doute subsiste, c’est pas bon signe…

Téléphone mobile et “Form Factor”

Un ami et ancien collègue d’Orange (Hello Yves !) me disait que, pour qu’un mobile ait du succès, il faut que sa forme extérieure, son “form factor” comme disent les pros, soit proche de la forme “naturelle” d’un téléphone mobile.

Cela semble évident ? Pas à tout le monde ! Regardez le form-factor du N-Gage de Nokia. Mi-console de jeux, mi téléphone. Et pour téléphoner, il faut le prendre… sur la tranche.

Les constructeurs de mobiles cherchent toujours à ajouter plus de fonctions dans le mobile : MP3, appareil photo, lecteur vidéo, mail, Internet, GPS, console de jeux, …

Dans le même temps, il y a toujours la discussion dite du “couteau suisse” : l’utilisateur cherche-t-il à avoir un “tout en un”, un couteau suisse donc, ou préfère-t-il autant d’appareils que de fonction ?

La réponse me semble aujourd’hui évidente : les 2 ! Pour être plus précis, un utilisateur préfère avoir évidement un seul appareil qui remplit plusieurs fonctions, si ces fonctions ne “déforment” pas trop l’usage de base de l’appareil.

De plus, un utilisateur peut tout à fait avoir plusieurs appareils pour la même fonction.

Ces deux assertions ne sont pas contradictoires !

Exemple : c’est entré dans les usages d’avoir un petit appareil photo intégré dans le mobile. Dans le même temps, le marché des appareils photos numériques se développe à une vitesse vertigineuse. Les deux usages sont complémentaires.

Donc, oui, un utilisateur sera très heureux avec un mobile intégrant tout un tas de fonctions, pour peu que le résultat final soit suffisamment intégré dans un appareil permettant de téléphoner simplement. Le petit appareil photo derrière est discret, la fonction MP3 s’intègre également très bien…

Maintenant, cette question peut être posée dans d’autres sens. Est il raisonnable d’intégrer un téléphone dans un appareil photo ? Et un lecteur MP3 ?

Je pense que le point de Yves peut être généralisé : on peut enrichir un appareil en ajoutant des fonctions, mais il ne faut pas perdre de vue l’usage premier de l’appareil.

La livraison parfaite ?

On le sait tous, la livraison n’est pas le maillon fort du e-commerce.

Mais quel serait le système de livraison parfait ?

Le point sans doute le plus critique de la livraison, c’est le moment où le livreur doit remettre le colis au client.

Pour que ce rendez vous se passe bien, il faut :

  • Que le créneau de rendez vous soit suffisamment court (qui n’a pas pesté contre un livreur qui vous propose d’attendre gentiment 3 ou 4 heures ?) ;
  • Que le créneau soit respecté !
  • Que le rendez vous ait bien été pris !

Idéalement, puisqu’on parle de livraison parfaite, je pense que les livraisons devraient pouvoir se faire en dehors des heures de bureau, le matin tôt (7h à 8h30), le midi, ou le soir (17h30 à 19h, 19h à 22h).

Ensuite, être livré, ce n’est pas passer en bas de l’immeuble, essayer vaguement de sonner, puis partir…

Il faut y passer du temps, bien s’assurer que le client est là, chercher plusieurs moyens pour le contacter (différents numéros de téléphones…

Si le client est à l’étage, il faut monter le colis (ce que refusent plusieurs transporteurs).

On est arrivé au bout de la mission ?

Pas forcément : certains produits sont très lourd, et d’autres demandes à être montés, installés, configurés.

C’est un autre sujet, mais tellement lié…

Bon, revenons à notre sujet. Pourquoi cette livraison n’existe pas ?

A mon sens, il y a plusieurs raisons, qui sont pour beaucoup liés à deux facteurs :

  • La livraison est effectuée par un sous traitant. Son intérêt n’est pas forcément le même que celui du marchand. Cela dépend du contrat, des objectifs. Un objectif mal positionné peut déboucher sur une catastrophe. Exemple : le livreur garantie deux passage chez le client, dont le premier est 36h après le retrait du colis. Comme l’objectif ne parle pas de la satisfaction du client, ni du fait que le client a simplement reçu son colis, ce transporteur devient spécialisé dans le passage éclair, sans prévenir, sans attendre que le client réponde. Le transporteur passe, dépose le petit papier (je suis passé) et file vers sont prochain rendez-vous… L’objectif est rempli, le contrat honoré, le client et le commerçant floué !
  • Bien faire une livraison coûte cher. Les clients sont ils prêt à payer ? Certains commerçants pensent que non, et proposent des livraisons “cheap”.

La valse des Captchas

Vous savez, ce sont ces codes, qu’on vous demande d’entrer, pour vérifier que vous êtes “humains” !

Les formulaires des différents services internet sont en effet parfois remplis par des robots, des programmes informatiques quoi.

Pour empêcher ça, on peut ajouter dans un formulaire un code, un Captchas.

Ce code doit être facile à comprendre pour un homme, et difficile à interpréter pour une machine.

Mais parfois, c’est difficile pour tout le monde.

Exemples :

Captchas 1

Captchas 2

Captchas 3

Captchas 4

Captchas 5

Captchas 6

Captchas 7

(trouvé sur http://www.johnmwillis.com/other/top-10-worst-captchas/ via Romain)

Management du board

Très tôt dans ma vie professionnelle, on m’a expliqué que le management était un exercice dans plusieurs directions : vis à vis des personnes qu’on manage bien sûr, mais également par rapport à “ses frères” (management horizontal) et de ses pères.

Quand on est CEO, les pères, c’est le board (le conseil d’administration, ou équivalent) et les investisseurs.

Il faut donc manager tout ce monde là.

La théorie est simple : bien manager un board, c’est être clair, avec un bon niveau de communication (ni trop de détails, et suffisemment de concrêt…), des infos fiables (dire ce qu’on fait, faire ce qu’on dit) et surtout, n’annoncer que des bonnes nouvelles.

Maintenant, la réalité !

Bien sûr, on doit “border” les choses, en s’arrangeant pour que les éléments clés (infos importantes, décision à prendre…) soient négociées avant la réunion formelle.

La question que je ne trouve pas simple est la suivante : comment gérer les objectifs, entre le board et les équipes ?

Je m’explique.

On doit annoncer au board plutôt des bonnes nouvelles. Il apparait donc comme logique d’être prudent, et d’annoncer des objectifs en retrait, par rapport à ce qu’on pense être réalisable.

Maintenant, on a donc annoncé au board des objectifs “raisonnablement prudents”. Comment gérer ces objectifs par rapport à l’interne de l’entreprise ?

Si on prend ces objectifs pour l’interne, on vient juste de “s’assoir” sur sa marge de sécurité.

On doit donc avoir, en interne, des objectifs légèrements suppérieurs.

Comment faire ça ?

  • En étant “transparent” et expliquant qu’on a des objectifs prudents vis à vis du board, mais qu’on se doit de faire mieux ?
  • En “cachant” aux équipes les objectifs annoncés au board, et en fixant donc des objectifs plus élevés ?

Je dois vous le dire, j’ai pas trouvé de réponse satisfaisante à cette question !

Apple croque une partie des revenus des opérateurs. Pour longtemps ?

Comme vous le savez sans doute, Apple a réussi un tour de force extraordinaire, en réussissant à “manger une part du gâteau” des revenus des opérateurs mobiles, liés aux services.

Nokia, Motorolla n’y ont jamais réussi !

Ce deal est à mon avis difficile à imaginer dans la durée.

Il impose trop de contraintes à Apple, des contraintes trop éloignées de son modèle habituel…

Apple doit en effet, pour perreniser un tel contrat commercial, garantir que les intérêts des opérateurs sont bien respectés.

Comment apporter de tels garanties ?

Exemple : l’iPhone a une API permettant de développer des applications.

Et si un acteur propose une application permettant de téléphoner gratuitement avec l’iPhone, via un accès Wifi ?

C’est clairement une agression pour les opérateurs, mais un vrai gain pour les utilisateurs, et donc les clients directs d’Apple.

Que va faire Apple ? Entrer dans une logique de protection de ses “gros” clients, et bien verrouiller l’iPhone, au risque de mécontenter les utilisateurs, ou avoir une attitude plus ambiguë, en mettant en œuvre des protections pour préserver les intérêts des opérateurs, mais sans y mettre tout son coeur…

Je penche pour la deuxième option, parce que la chaîne de valeur n’est pas complètement vertueuse (les intérêts d’Apple et des opérateurs ne sont pas les mêmes), et parce que je crois qu’Apple est résolument orienté utilisateur.

I’m back

Après le ski (génial… et hors sujet !), me voici de retour.

Plein d’énergie, pleins de projets, pleins d’idées…

Tient, par curiosité, je suis retourné  voir sur le système SAV pour ma commande. Le colis est toujours prévu pour être expédié d’ici quelques jours ! Je pense donc que je vais en recevoir deux…