C’est une analogie intéressante, que je vous propose de creuser (c’est le cas de le dire).

Comme je l’ai souvent dit, le e-commerce est mis en œuvre via du logiciel : Front office, back office, suivi des commandes, emailing, … Tous ces composants sont mis en musique via des lignes de code…

Le logiciel est un artisanat neuf, et c’est sain de chercher des repères par rapport à des industries plus anciennes.

Donc le bâtiment.

Pour construire une maison, il faut faire d’abord un plan.

En fait, avant de faire le plan, il vaut mieux creuser le besoin : nombre d’enfants, souhaits (avoir le soleil le matin, …), budget, délais, …

Ensuite, un architecte va faire le plan donc, et il va y avoir plusieurs aller-retours entre l’architecte et le client.

Après, il faut de la patience, tout le monde le sait : on rentre dans la partie réalisation. Un architecte ou un maître d’œuvre va diriger les opérations, et coordonner les activités de plusieurs corps de métier : terrassier, maçon, platrier, électricien, plombier, menuisier…. Pendant cette phase là, on ne peut plus tout changer, et plus le projet avance, et moins on peut changer de choses.

La réussite du projet final tient sur plusieurs critères :

  • L’intelligence de l’architecte, pour réellement comprendre les besoins et envies des clients, qu’ils n’expriment parfois pas clairement ;
  • Le savoir faire de l’architecte, pour trouver les artisans bien adaptés au projet, et les faire travailler au bon moment ;
  • Le savoir faire individuel de chaque artisan : même si le maçon fait un très bon boulot, si le peintre « salope tout », le résultat final sera décevant ;

Par contre, plus les « couches basses » font du bon boulot, et plus on peut rattraper les erreurs : si c’est le maçon qui fait du mauvais boulot, il n’y a pas grand chose à faire…

On peut dire tout ça pour le logiciel :

  • Comme pour le bâtiment, un logiciel doit être conçu, il faut faire des plans ;
  • Il faut faire ces plans en discutant avec le « client » (équipe e-commerce de la grosse entreprise, patron pour la petite entreprise, …) ;
  • Il faut avoir un bon architecte (vous avez mes coordonnées ;) ) ;
  • Il faut ensuite être très patient, parce que pour monter tout ça, ça prend du temps ;
  • Enfin, le résultat final est dépendant de la qualité des artisans, individuellement.

Mais voilà, le logiciel, ça s’appelle également du soft : on croit que c’est mou.

De plus, le marketing de certains acteurs du logiciel nous laissent croire qu’on peut tout faire, tout demander, n’importe quand, et que le logiciel s’adaptera.

On le sait tous : le nombre de projets ne respectant aucun de ces « fondamentaux » est effarant : on démarre sans plan, on change de plan tout au long du développement, on recrute les équipes sans vraiment « challenger » les compétences par rapport aux objectifs, le tout se faisant sans architecte !

On rentre ensuite dans une spirale infernale, qui creuse l’écart entre les équipes marketing ou management et les équipes techniques. Pour les « marketeurs », la technique coûte cher, ne produit rien de bon, avec des délais incroyables ;
Pour les tecky, les marketeurs changent d’avis tous les jours, imposent des délais irréalistes, et ne reconnaissent pas la valeur du travail fait.

Il y a du pain sur la planche !