La nécessaire hiérarchisation des utilisateurs

C’est l’un des pilier du Web 2.0 : tout le monde s’exprime.

Maintenant, dans certains contexte ou l’on recherche la qualité, l’expression libre et sans règle ne fonctionne pas. Il y a des dérives, des “crottes de trolls” et autres dérapages.

J’en ai la conviction : au dela de la simple modération, la solution, c’est la hiérarchisation des utilisateurs.

Cela veut dire que tous les utilisateurs n’ont pas les mêmes droits, les mêmes pouvoirs. Certains utilisateurs deviennent des “power users”.

Je vais explorer les différents sites qui ont travaillé sur ces aspects, dans différents domaines, et je ferais probablement plusieurs billets sur ce thème dans les jours à venir (vous voila prévenu !)

Ce qui me fait écrire ce billet, c’est ce que j’ai lu sur Citizendium, qui fonctionne avec deux classes d’utilisateurs : les utilisateurs de base et les experts.

Logo Citizendium

Ce site a été créé par l’un des fondateur de wikipedia : Larry Sanger en septembre 2006.

Il faudra suivre donc de près cette expérimentation encore toute fraîche : ce mécanisme à deux niveaux est-il viable sur le long terme ?

Travail sur l’enterprise

Me voici en Bretagne pour une semaine.

Le temps est idéal pour passer un petit coup de vernis sur l’Enterprise :

enterprise

L’enterprise est un dériveur de la taille d’un 420, mais tout en bois.

Tout ça pour vous dire que le blog sera un peu en sommeil pendant une semaine !

Retirer les articles qui ne sont pas en stock, ou pas ?

Un e-commerçant doit il retirer les articles qui ne sont pas en stock ?

Il y a plusieurs chapelles.

Certains marchands ont une politique très claire : les produits proposés dans le site sont des produits en stock.

Discounteo en fait un argument commercial :

Pub Discounteo : si c'est en vente, c'est en stock

D’autres commerçants laissent dans le catalogue les produits qui ne sont pas disponibles. LDLC par exemple associe un code sur l’état des stocks, à chaque produit :

Code sur l'état du stock chez LDLC

Au client de savoir s’il prend le risque de commander un produit non disponible.

Conclusion ?

Pour tout vous dire, je n’ai pas d’avis tranché sur cette question, et je pense qu’en fait, ça dépend du produit vendu et du positionnement du site marchand.

Dans bien des cas, proposer des produits en rupture, c’est occuper de la place sur l’écran des clients pour des produits qui ne sont plus à vendre : dommage ! C’est encore plus vrai quand on laisse le client avancer dans sa démarche d’achat, et que l’information sur la disponibilité du produit ne vient qu’au moment de commander. Pour le client, c’est une mauvaise expérience !

Par contre, dans certains cas, ça peut être une bonne tactique. Je suivais l’autre jour une vente privée. C’était très “stimulant” de voir les produits devenir les uns après les autres non disponibles. Le message implicite était alors : “dépéchez vous, les produits partent très vite”.

DoubleClick fait monter la pression !

Logo DoubleClickDoubleClick est une plate-forme d’affiliation (allez sur ce billet pour en savoir plus sur l’affiliation ou allez ici pour avoir la liste des billets sur l’affiliation).

Logo MicrosoftDoubleClick est pas mal dans l’actualité en ce moment, car il y a des rumeurs de rachat, initialement par Microsoft.

Logo de GoogleIl semblerait que Google soit également sur les rangs, ce qui serait à mon sens vraiment logique : Google est aujourd’hui LA régie de publicité du Web, et l’affiliation est une forme de publicité, avec un fonctionnement bien compatible avec les métiers de Google.

Dans ce contexte, DoubleClick vient de faire une annonce : ils veulent ouvrir un nouveau service, une place de marché de la publicité. Le principe, si j’ai bien compris, serait de mettre en concurence les annonceurs entre eux, avec un mécanisme d’enchère comme sur eBay. Ils annoncent que ce nouveau business devrait dépasser dans les cinq ans leur business actuel.

Quand on est sur le point de se faire racheter :

  • C’est toujours mieux si on peut avoir plusieurs sociétés intéressées ;
  • C’est le bon moment pour faire de bonnes grosses annonces commerciales.

C‘est bon pour la négociation autour de l’acquisition de DoubleClick : ça doit faire monter les enchères !

Autre remarque : cela montre à quel point le business sur Internet est encore mouvant : il y a des nouveaux modèles à inventer.

(Via ReadWriteWeb)

Scrapblob : la richesse de Flex

Flex, c’est une solution d’Adobe pour faire des sites en Flash dynamiques.

Pour voir ce qu’on peut faire avec, je vous conseil de jouer avec scrapblog.com.

Scrapblog est un service qui permet de créer et partager un album photo.

Ce qui est impressionnant, c’est la richesse fonctionnelle du service, et la qualité de l’interface.

Espace de travail de Scrapblog

L’application fait un peu penser à Powerpoint. On crée des pages, qui contiennent des fonds d’écrans, des éléments décoratifs, des photos…

Comme vous pouvez le voir sur l’image ci-dessus (cliquez dessus pour l’avoir en grand format), on a une véritable application, avec les menus (en haut), les différents outils (à gauche) et les propriétés contextuelles (à droite).

Qui sera le premier site e-commerce à exploiter la puissance de tels outils ?

(via Ryan Stewart)

eBay : quel modèle d’évaluation des utilisateurs ?

Les utilisateurs ont de plus en plus la parole, et c’est tant mieux.

Mais comme on l’a vu (dans ce billet par exemple), la mise en oeuvre n’est pas si simple, surtout quand il y a des enjeux financiers importants.

Logo eBay FranceeBay est depuis le début sur un modèle où nécessairement les utilisateurs ont la parole : ce sont eux qui vendent et qui achètent.

Regardons d’un peu plus près comment cela fonctionne chez ce pionier.

Donc, sur eBay, les utilisateurs s’évaluent mutuellement.

L’idée, simple, et très “2.0″, c’est de se dire :

  • Un gars bien, qui est honnête, aura des évaluations positives. Ces évaluations lui permettront d’avoir une bonne réputation, qui lui sera profitable pour son business : les autres utilisateurs auront tendance à lui faire confiance ;
  • A contrario, un gars “pas clair” aura des évaluations négatives. Ces évaluations permettront aux autres utilisateurs de se méfier de lui.

C’est donc à priori un système vertueux, auto-géré par la communauté des utilisateurs d’eBay.

En fait, dans la pratique, ça ne marche pas si bien que ça. Pourquoi ? C’est simple. La réputation sur eBay a donc une valeur tout à fait fondamentale. Pour un vendeur par exemple, il est très important d’avoir un très faible nombre d’évaluations négatives.

Imaginons par exemple qu’un vendeur ait un problème avec un acheteur. Va-t-il laisser une évaluation négative à l’acheteur ? Non. Non car s’il le fait, il aura certainement en retour une évaluation négative. Pour quelqu’un qui fait vraiment du business sur Internet, et qui passe des mois et des années à avoir une bonne réputation, il vaut mieux ne rien dire, et se garder au maximum des “retours de baton”.

Pour avoir le logo Logo d'un utilisateur eBay ayant plus de 10000 évaluations positives accolé à son identifiant eBay, il faut avoir plus de 10 000 évaluations !

J’en avais discuté avec un gars qui vit de son business sur eBay. Si vous en rencontrez, ils vous diront sans doute la même chose : ils préfèrent perdre de l’argent que d’avoir une évaluation négative. D’autant plus qu’envoyer un “skud” à un autre utilisateur ne permet pas en général de régler le problème de fond.

eBay a bien conscience de ce problème (qui est mentionné dans les pages d’aides sur l’évaluation) mais ne peut pas faire grand chose. En effet, dans la plupart des cas, eBay ne peut pas savoir ce qui c’est vraiment passé, et qui a raison ou tort.


Logo PowerSellerNotons qu’eBay a ajouté une fonction complémentaire importante : les PowerSellers. Un PowerSeller, c’est une caste, constituée de très gros utilisateurs d’eBay, qui, en échange de ce logo, s’engagent à respecter très scrupuleusement la charte de eBay.

Rechercher avec un nuage

Les nuages de mots clés (Tag Clouds en anglais), vous connaissez :

Exemple de nuage de tags

Quintura.com propose un nouveau méta moteur de recherche : c’est à dire un moteur de recherche qui s’appuie sur d’autre moteurs (Google, Yahoo, …).

Quintura permet d’affiner les résultats d’une recherche avec un nuage de mots clés. Exemple, avec “WEB 2.0″ on obtient :

Exemple de nuage de tags avec Quintura

En déplaçant la souris sur les mots clés, on peut afficher d’autres mots clés proches. On peut également cliquer sur un mot, pour l’ajouter à la requête ou le supprimer, et affiner ainsi la recherche.

On peut chercher sur le Web, chercher des images, des vidéos et… on peut également utiliser ce moteur de recherche pour naviguer dans les produits d’Amazon.

Cette nouvelle interface est donc une alternative intéressante pour chercher des articles dans un site marchand.

(Via ReadWriteWeb)

EMailVision : X 10 !

J’étais il y a quelques jours avec Daniel Broche de Discounteo, et on discutait … e-commerce évidement !

Logo de Discounteo

L’un des leviers fort, pour garder le contact avec les clients, c’est bien évidement la “Newsletter” : ça permet d’informer les clients des nouveautés, des promotions, …

Formulaire pour recevoir la newsletter de Discounteo

Daniel me disait qu’en passant par Emailvision, il a multiplié par 10 ses résultats de campagne d’emailing.

Logo EMailVision

Comment ? Le point qui m’a semblé particulièrement intéressant, c’est que dans le cas de Discounteo, Daniel n’a rien changé au niveau de la forme du mail. Le seul changement, ça a donc été le point de routage : qui envoie réellement les mails.

Et c’est sur ce point que Emailvision a creusé l’écart.

Il semblerait en effet que le plus difficile, pour faire des campagnes d’emailing, c’est de passer les filtres anti-spam tout au long de la chaîne, et en particulier au niveau des FAI.

Emailvision travaille ce point, en prenant des engagements très fort sur la nature de ces listes d’email :

  • Ce n’est pas du spam car les utilisateurs de la liste ont tous, obligatoirement, explicitement choisi de recevoir des mails (ce qu’on appel “l’opt-in”) ;
  • L‘option de désabonnement est toujours présente dans chaque mail, et elle est prise en compte dès qu’un utilisateur le demande. Vous savez comme moi que ce n’est pas toujours le cas… J’en connais qui continue à m’envoyer des offres promotionnelles, malgrés mon désabonnement…

Avec ces garanties, Emailvision peut négocier avec les différentes plates-formes des FAI pour ne pas être “black listé” (les mails qui proviennent des serveurs qui sont mis sur ces listes noirs sont systématiquement mis dans la poubelle de spam).

Bjarne Stroustrup : “la qualité moyenne des programmes est à pleurer”

Un ami, qui connait ma passion pour le génie logiciel, m’a envoyé un lien vers cet article : La qualité des programmes informatique.Portrait de Bjarne Stroustrup

Je vous conseille vraiment la lecture de ce billet : c’est court, bien écrit, et très instructif !

Le billet parle de la qualité des programmes informatiques, et cite largement Bjarne Stroustrup, le papa du langage de programmation C++.

Voici quelques morceaux choisis :

“Il existe donc d’excellents logiciels. Cependant la qualité moyenne des programmes est à pleurer. Leur structure est affreuse et il saute aux yeux que les programmeurs n’ont pas été attentifs à la cohérence, aux algorithmes, aux structures de données ni à la maintenabilité. Les utilisateurs ne peuvent pas s’en rendre compte parce qu’ils ne lisent pas le code : ils voient seulement les programmes se planter.”

“Comme les programmeurs travaillent sous la pression de l’urgence, ils tentent d’accomplir des miracles en procédant par essais et erreurs, en utilisant la force pure et en faisant beaucoup de tests. Ils sont devenus experts dans l’art de construire, en intégrant des blocs non fiables, un système qui marchera à peu près.”

“Il est dangereux de considérer la programmation comme une tâche banale que pourraient remplir des programmeurs formés en quelques mois. Nous n’admettrions pas cela pour des plombiers, des comptables, des architectes, ni pour ceux qui conçoivent les ponts et les trains. Aujourd’hui trop de programmeurs n’ont pas été assez formés et manquent d’expérience.”

“En théorie, la solution réside dans la formation des programmeurs et l’utilisation de méthodes qui organiseraient la conception des produits en vue de leur utilisation à long terme et de leur maintenabilité.”

Mais en fait on récompense les programmeurs qui produisent à la va-vite des programmes bogués et peu coûteux.

Ces généralités, sur la programmation sont particulièrement vraies pour le web et encore plus pour le e-commerce.

Dans beaucoup de cas, les sites marchands sont développés “à la va-vite”, de manière à avoir le plus rapidement possible un prototype qui tourne.

Bien souvent, le prototype restera la base du site marchand, et sera enrichi au fil de l’eau, l’ensemble constituant un édifice de plus en plus bancal.

Bien entendu, j’ai parfaitement conscience qu’il faut faire en fonction de ses moyens !

Quelles sont les conséquences et les risques de fonctionner avec une solution de mauvaise qualité ?

Avoir un site marchand basé sur une application informatique inadaptée :

  1. C’est prendre énormément de risques ;
  2. Cela revient finalement plus cher ;
  3. C’est perdre du business.

1) C’est prendre énormément de risques

C’est un peu comme si le marchand laissait la caisse ouverte en plein milieu de la rue. Mais comme il n’a pas forcément la culture technique, et qu’il ne s’est pas forcément entouré des bonnes personnes, il ne s’en rend pas compte.

La réalité, c’est que fait à la va-vite, la moindre modification du site peut avoir des conséquences insoupçonnées (achat au mauvais prix, processus commande bloqué, …).

2) Cela revient plus cher

Avec une application bancale, il faut régulièrement développer des “patch”, pour résoudre à la va-vite les problèmes qui surviennent. L’urgence est traitée, mais l’édifice est de plus en plus fragile, et ces interventions ‘d’urgence’ consomment de plus en plus de ressources. Ces ressources ne peuvent pas travailler sur l’ajout de nouvelles fonctions.

3) Perdre du business

Parce que la solution est inadaptée, elle ne pourra pas s’adapter aux nouveaux besoins : commerciaux, techniques et marketing. Cela impacte donc directement le chiffre d’affaires.

Quelle est la solution alors ?

Si on démarre avec peu de moyens financiers, il me semble tout à fait normal de faire une première version rapide et pas chère.

Il faut juste avoir conscience que c’est une première version, qui devra très probablement être entièrement refaite au bout de quelques mois.

Plus le site marchand évolue, plus il faut avoir une solution technique en adéquation avec les ambitions et à la hauteur des enjeux.

C’est finalement une gestion classique de risque et d’investissement. Il faut juste garder du recul pour faire les bons choix au bon moment.