Contradiction 2.0 ?

Dans le Web 2.0, il y a l’idée que ‘tout le monde peut être acteur‘. Comme le dit Pierre Chappaz, C’était d’ailleurs l’une des idées fondatrice du Web. C’est donc juste que ça met un peu de temps à ce mettre en place.

Donc, dans ‘tout le monde est acteur’, on peut comprendre que tout le monde peut, en particulier, être vendeur.

Et c’est vrai qu’il y a quantité de moyens et d’outils pour faire ça :

  • On peut vendre des produits depuis son blog (voir ce précédent billet).
  • On peut très facilement ouvrir une boutique, soit avec Zlio, soit avec eBay, soit avec Amazon… Soit avec tout un tas d’autres outils que l’on trouve par-ci par-là.

Le Web 2.0, c’est également des nouvelles technologies (bon, d’accord, pas si nouvelles que ça…) comme Ajax, qui permettent de faire des sites (en particulier marchands) plus jolis, plus interactifs, plus simples, plus attractifs (voir l’excellent billet de Fred, ici). On a beaucoup parlé ces derniers temps de endless par exemple, mais ce n’est bien entendu pas le seul

Ces technologies, si elles apportent un réel gain pour l’utilisateur, sont assez délicates à mettre en oeuvre, et pour obtenir un résultat de bonne qualité, il faut y mettre le prix.

C’est une des contradictions actuelle :

  • Tout le monde peut créer assez facilement un site marchand, mais ce sera dans bien des cas un site “basique”.
  • Pendant ce temps, les grands acteurs, qui ont les moyens, préparent la suite, et se différentieront de plus en plus grâce à des sites beaucoup plus conviviaux.

Pour conclure

Je pense que cette contradiction n’est que temporaire.

D’autre part, je pense qu’on n’est pas obligé d’utiliser ces nouvelles interfaces pour réussir son site : celà dépend du produit, du marché, de la stratégie et des moyens que l’on a.

Dans tous les cas, il faut cibler “l’excellence” : si le budget est limité (d’accord, il l’est toujours !) et qu’on a peu de temps, il vaut mieux rester sur des classiques très bien fait.

Abonnement : oui, mais à quoi ?

La première fois que j’en ai entendu parler, c’était pour des chaussettes :

Exemple d’abonnement pour des chaussettes, sur le site Machaussette

L’idée de recevoir directement chez soi des chaussettes : l’idée est intéressante : ça vous amuse, vous, d’aller acheter vos chaussettes ?

Récemment, j’ai entendu parler de ce deuxième exemple :

Autre exemple d’abonnement, sur BrosseADomicile

Pourquoi pas ? Et pour quels autres produits peut-on s’abonner ? Tout ce qu’on consomme régulièrement…
Mais tout cela amène à se poser plusieurs questions :

Oui, des services qui font gagner du temps, c’est intéressant.

Oui, il y a des marchés de niche, où des spécialistes peuvent développer leur business, parce qu’ils sont spécialistes justement, et qu’ils comprennent mieux le produit qu’un autre, et donc, s’ils sont bien conseillés ou qu’ils ont la fibre marketing (et les moyens pour la mettre en oeuvre), ils peuvent le vendre mieux.

Mais d’un autre côté, les utilisateurs sont ils prêt à avoir comme ça des dizaines, des centaines d’abonnements, dispersés sur autant d’entreprises ?

Je pense que ce marché va se développer et qu’à terme ce marché des abonnements va se consolider, permettant :

  • Un service plus simple pour l’utilisateur
  • La possibilité de mutualiser pas mal de choses, et donc d’offrir un service très bien fait
  • Un bilan écologique meilleur, car les livraisons pourront être mutualisées

On nous cache tout…

Trouvé sur le site de CircuitCity, ce matin :

Le site nous propose donc de mettre dans notre panier un article sans qu’on en connaisse le prix !

Pourquoi ?

Je pense que l’idée est de pousser l’utilisateur à remplir son panier, à aller plus loin dans le processus achat.
On peut imaginer aller plus loin, et n’afficher le prix qu’au dernier moment : par exemple au moment de rentrer son numéro de carte bleue…

C’est un pari : l’utilisateur peut effectivement être tenté d’aller plus loin dans le processus. A contrario, il peut être tenté d’aller voir ailleurs, sur d’autres sites qui donnent directement le prix.

D’ailleurs, en général, c’est presque la stratégie opposée qui est choisie : on affiche un super prix, qui ne contient pas les frais de ports, de garantie, des options… On cherche donc à mettre “un pied dans la porte” avec un prix très accrocheur, puis quand le processus achat est enclenché, on “charge la mule”…

Y a-t-il un pilote dans la boutique ?

Vous ne vous êtes jamais senti seul, vous, quand vous flânez dans les méandres d’un site marchand ?

Vous n’avez jamais eu le spleen de l’utilisateur perdu, qui ne sait pas trop ce qu’il doit faire, quel produit acheter, où le trouver…

Dans la plupart des sites marchands, il “n’y a personne à bord”, ou plutôt, on est en mode “pilote automatique”.

Certains sites tentent de répondre à ce problème, par différentes solutions.

La solution classique : le call center

L’utilisateur peut appeler une hot line, avec un numéro surtaxé ou pas.

Exemple trouvé sur le site US de Vanns

C’est une solution éprouvée… Ne peut on rien faire de mieux ?

Un peu plus innovant : le système de chat intégré dans le site

Exemple : sur le site Nugadgets on trouve le bouton suivant :

Quand on clique dessus, ça ouvre un popup, du genre :

Bon, en l’occurrence, sur Nugadgets, j’ai attendu quelques dizaines de minutes et j’ai finalement eu ce message :

Mais ça ne devait pas être le bon moment… Un autre jour, j’avais un peu discuté avec un télé-conseiller sur le site bhphotovideo, qui offre la même fonction, et l’échange avait été intéressant, le gars connaissait bien son rayon, et m’avait donc donné de vrais conseils de pro.

En plus de donner des conseils sur le fond (quel produit, pourquoi est-il meilleur…), le gars peut également guider l’utilisateur dans le site, le conseiller sur ce qu’il doit faire.

Enfin, le télé-conseiller a également la possibilité de passer la commande pour vous.

Au bout du compte, il me semble que ces fonctions sont encore un peu “brut de fonderie” :

  • On ne sait pas combien de temps on doit attendre avant d’avoir l’aide d’un télé-conseiller
  • Mettre cette fonction dans un popup n’est peut être pas le plus facile pour l’utilisateur (voir ce billet)

Mais il me semble que ce sont des initiatives intéressantes, qui cherchent à apporter à l’utilisateur un service avec plus de valeur ajoutée.

e-commerce 2.0 : ça va chauffer !

Vendre 2.0 : un vrai sujet pour les mois, les années à venir. Je suis convaincu que ce qu’on appelle le Web 2.0 (le marketing, les technos) va avoir un impact très fort sur le e-commerce. On est au tout début de cette révolution, beaucoup de choses restent à inventer !

Un exemple significatif : Zlio.

Zlio permet à chacun de créer sa propre boutique “en 3 clics”. Tout le monde est marchand ! Le modèle me semble très intéressant car tout le monde est gagnant :

  • Pour les utilisateurs, c’est la possibilité de “jouer au marchand” très facilement, et pour certains, de gagner de l’argent de manière significative.
  • Pour les marchands partenaires de Zlio, c’est une démultiplication très puissante des canaux de distributions. Et ces nouveaux canaux ont une grande force : celle du “conseil d’amis”. En effet, dans la plupart des cas, un marchand Zlio va pousser des produits qu’il aime.
  • Pour Zlio, c’est simple : une petite commission au passage.

Un autre exemple proposé par Amazon que nous connaissons bien : la possibilité d’ajouter dans son blog un lien vers des produits que l’on aime bien et que l’on souhaite ainsi recommander à ses lecteurs.

C’est un peu la même idée : l’auteur du blog devient vendeur, pour ’son réseau’, et la force de persuasion est très grande, parce que, si on lit un blog, c’est qu’on a plutôt confiance en l’auteur, et qu’on est donc plutôt enclin à écouter ces conseils.


exemple de conseils de lectures, issu du très bon blog de Francis Lelong

Dans ces exemples, ce qui me semble tout à fait important, c’est le côté viral. Sur le deuxième exemple : un lecteur lit un blog, trouve une recommandation sympa : il peut alors très simplement mettre cette recommandation sur son propre blog, et ainsi de suite… Chacune de ces recommandations fera sans doute un faible nombre de vente, mais comme on dit, les petits ruisseaux font les grandes rivières.

On peut également développer ce côté viral avec Zlio, en mettant des recommandations dans des blogs, qui pointent sur des boutiques Zlio.

Il y a naturellement pleins d’autres voies à explorer…

Pub interactives : on va en voir de toutes les couleurs !

Je ne sais plus ou j’ai lu ça : les pubs interactives sur Internet ont un impact beaucoup plus fort que les simples images ou animations.

Par exemple :

En glissant le curseur sur les boutons dans la zone de l’animation, on peut customiser complètement la chaussure. Sympa, non ?

Des bugs dans les sites marchands

Régulièrement, les sites marchands sont victimes de bugs.

Il y a eu par exemple le cas de la Fnac, avec le champ “TOTAL” modifiable. Toute la journée, les clients ont pu acheter sur le site de la Fnac, et mettre le prix qu’ils souhaitaient !

Autre exemple, dans l’autre sens, theinquirer.net parle du PC le plus cher du monde… 100 000 $ pour un simple PC sur le site CDW !

Et oui, régulièrement, les sites marchands sont victimes de bugs, comme tout système informatique.

Tous les systèmes informatiques sont buggés. C’est comme ça. Les programmes informatiques sont écrits par des hommes, qui peuvent faire des erreurs (on en fait tous !).

Bien sur, il y a des outils, et surtout des méthodes qui permettent de minimiser les erreurs. Mais il ne faut pas se tromper : le risque zéro n’existe pas.

Enfin, comme un site marchand est un système informatique très complexe, le risque de bug est plus grand !
Des bugs, sur les sites marchands, il y en a donc très régulièrement… et de tous genres :

  • Prix délirants, en dessus ou en dessous du vrai prix
  • Articles qui disparaissent

Parfois, celà permet aux consommateur de faire de bonnes affaires… Au détriment des marchands.

Le plus souvent, les conséquences sont très négatives pour les sites, avec des articles vendues à perte ou des clients mécontents, qui risquent fort de retirer leur confiance des sites marchands.
Comme je l’ai dit plus haut, avec des outils et de la méthode, on peut minimiser au maximum de telles mésaventures.

Popup ou pas ?

C’est a mon sens une question fondamentale d’ergonomie pour un site marchand : doit on tout afficher dans la fenêtre du navigateur, ou doit on afficher certaines infos dans des fenêtres “filles”, dite popups ?

Dans l’exemple classique ci-dessus (extrait du site BuyDig) , l’utilisateur peut voir l’article, en l’occurence un appareil photo, plus en détail.

Les popups peuvent être utilisés pour plusieurs fonctions :

  • Voir un produit en détail (exemple ci-dessus)
  • Finaliser une commande, voir son panier
  • Afficher de l’aide, plus ou moins contextuelle

Bon, autant le dire tout de suite : je ne suis pas convaincu par cette ergonomie.

  1. Les utilisateurs ont encore bien souvent des écrans de taille moyenne (17 pouces), et sur de tels écrans, on n’a pas beaucoup de place pour afficher plusieurs fenêtres. Les fenêtres sont donc nécessairement superposées.
  2. (j’hésite à le dire mais…) Pour les utilisateurs pas trop expérimentés, pas trop à l’aise, la gestion de plusieurs fenêtres est plus difficile : certains sont rapidement perdus.
  3. Même pour les utilisateurs expérimentés, c’est pas le plus simple, ni le plus convivial, parce que, quand on veut acheter, on veut voir le produit et regarder en même temps les caractéristiques, les réactions d’autres clients, …

Tous les sites n’utilisent pas les popups et les alternatives sont possibles. Ajax ou Flash sont naturellement de la partie
Exemple : endless, la nouvelle boutique d’Amazon pour vendre des sacs à mains et des chaussures :

(merci Fred pour l’info, trouvée ici)

L’image du sac à main de gauche est l’image classique du produit vendu. Quand on balade sa souris dessus, la zone de droite permet de voir un zoom autour de la souris (plus facile de regarder directement ce que ça donne sur le site…).

On est donc bien dans une interface parfaitement “plate”, sans popup.

Naturellement, c’est plus cher à développer… On n’a rien sans rien !

Mashup pour e-commerce ?

Le e-commerce peut (et va) bénéficier des avancées de ce qu’on appelle le Web 2.0.

La notion de mashup est l’un des éléments technique de ce Web 2.0.

Le Mashup, c’est quoi ?

C’est la combinaisons de services Web. Le plus simple est de l’expliquer à partir d’un exemple.

Ainsi, sur le site de carte-immobilier-france, on peut directement voir sur une carte les annonces immobilières :

C’est donc la combinaison d’un service de carte, délivré en l’occurence par Google Maps, et d’un service de petites annonces immobilières.

Celà ne se fait pas tout seul. Il faut écrire des programmes informatiques, permettant de brancher les différents services entre eux.

Les Mashup, pour faire quoi ?

A mon avis, c’est une révolution majeure pour le e-commerce, et cela ne fait que commencer…

Les usages peuvent être très variés :

  • Un site marchand peut utiliser des services tiers, fournis par d’autres entreprises (c’est le cas de l’exemple ci-dessus)
  • Un site marchand peut offrir une interface d’accès à ses services (la vente de produits donc), de manière à ce que ses produits soient vendus via d’autres sites. C’est ce que propose Amazon par exemple : chacun peut vendre des produits d’Amazon, soit dans sa propre boutique, soit depuis son site Web, son blog, …

Je pense que l’exemple d’Amazon est à suivre de très près, car cela donne un côté viral à la vente très “Web 2.0″, très puissant :

  • Pour Amazon, le bilan est très positif : celà permet de vendre plus, via de très nombreux relais.
  • Pour les “relais”, que ce soit des pros ou de simples bloggeurs, c’est le moyen d’enrichir son site, de proposer des articles que l’on apprécié, et c’est évidement le moyen de gagner de l’argent, grâce à une rétribution payée par Amazon pour chaque vente indirecte.

Je suis convaincu qu’on est au tout début du développement des Mashups, et que celà va se développer énormément dans les années à venir.

Comparateur de prix… Intégré dans un site marchand !

Sur le site Buy.com, quand on sélectionne un article, on peut directement comparer le prix de l’article avec un comparateur de prix, intégré directement dans la page de l’article :

Pourquoi Buy.com insère-t-il directement un moteur de comparaison dans son site ?

Buy.com n’a pas les meilleurs prix. L’utilisateur peut donc voir les prix des concurrents, et voir des offres moins chères. Pire, en un clic, l’utilisateur peut ainsi sauter directement sur le site concurrent.

Voici mon analyse de cette stratégie :

  • De toute façon, les utilisateurs connaissent les comparateurs de prix. Ceux qui cherchent à acheter le produit le moins cher possible le feront, avec cette fonction ou autrement.
  • Mettre le comparateur de prix directement dans la page, c’est permettre aux utilisateurs de connaître les prix du marché, sans quitter la page produit Buy.com. Sans cette fonction, les utilisateurs risquent de chercher cette info en quittant le site Buy.com. Buy.com préfère donc afficher cette info dans la page.
  • Buy.com affiche ainsi ces prix par rapport aux concurrents. Comme je l’ai déjà dit, Buy.com n’affiche pas les meilleurs prix, mais pas les plus mauvais non-plus. L’hypothèse de Buy.com, c’est ce dire que la plupart des utilisateurs seront sans doute fidèles au site marchand, quitte à payer quelques dollars de plus.

Le dernier point me semble tout à fait fondamental : je pense qu’effectivement, les clients (nous !) sont en général assez fidèles, parce-que l’acte d’achat sur Internet exige un haut niveau de confiance, et qu’un client ne donne pas sa confiance aussi facilement que ça. Bref, même sur Internet, le prix n’est pas le seul critère de choix. C’est sans doute le pari de Buy.com, et je suis prêt à parier qu’ils ont raison.
Peut on imaginer pareille stratégie en France ?